Allan HOLDSWORTH est retourné dans l’obscurité de velours

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Le guitariste et compositeur anglais Allan HOLDSWORTH est mort le 15 avril dernier dans sa maison de Vista, en Californie, à l’âge de 70 ans seulement.

Célèbre pour avoir développé une technique de jeu personnelle dite « legato » (technique qui consiste à lier les notes successives sans détachement ni silence) et une approche « mathématique », son doigté acrobatique, son phrasé fluide et véloce, ses notes étirées et mordantes, ses gammes peu communes, son talent pour l’improvisation et ses compositions complexes, Allan HOLDSWORTH était considéré comme l’un des plus tout meilleurs guitaristes dans le domaine du jazz-fusion, mais son influence s’est étendu bien au-delà de cette sphère musicale.

Allan HOLDSWORTH a commencé par jouer du saxophone avant d’apprendre la guitare en autodidacte. Il a enregistré son premier disque en 1969 avec le groupe Igginbottom, avant de s’impliquer dans plusieurs formations de rock progressif et de jazz-fusion des 70’s : Tempest, Nucleus (Belladonna), Pierre Moerlen’s Gong (albums Gazeuse, Expresso II, Time is the Key), Soft Machine (Bundles), Tony Wiliam’s Lifetime (albums Believe it et Million Dollar Legs), et le quartette de « stars du prog’ » UK. (le premier LP éponyme, avec In the Dead of Night). HOLDSWORTH quitte le groupe après ce disque en compagnie du batteur Bill Bruford, et on le retrouve sur deux disques de ce dernier, Feels Good to me et One of a Kind (lequel contient la composition bipartite The Sahara of Snow, qui avait fait partie du répertoire live de UK).

Dans la seconde moitié des années 1970 la première moitié des années 1980, les collaborations les plus notables d’HOLDSWORTH se sont faites avec Jean-Luc Ponty, John Stevens, Jon St-James, mais c’est aussi l’époque où il a commencé sa carrière solo, marquée par les albums Velvet Darkness, The Things You See et Conversation Piece (les deux derniers avec Gordon Beck), puis IOU, Road Game et Metal Fatigue.

Attiré par les évolutions technologiques, Allan HOLDSWORTH est également connu pour avoir mis au point un type de guitare-synthétiseur, la « SynthAxe », au son sans doute aujourd’hui daté, mais qui a fait son effet sur des albums comme Atavachron, Hard Hat Area ou encore FLATtire.

Si sa carrière solo et la plupart de ses collaborations s’inscrivent dans un domaine musical – le jazz-rock – qui a connu un temps les engouements des médias et du public pour après subir leurs foudres, sa réputation a dépassé ce genre musical. Allan a même un temps flirté avec la pop à l’occasion d’une collaboration avec Level 42 (album Guaranteed). Mais son influence s’est surtout étendue jusque dans le heavy metal, ayant marqué nombre de guitaristes, à commencer par Eddie Van Halen.

Bien que n’ayant pas cherché à devenir un musicien « professionnel », Allan HOLDSWORTH est devenu un des guitaristes les plus appréciés et révérés, y compris par d’autres pointures comme John McLaughlin et Pat Metheny. Cela ne l’a pas empêché de déclarer qu’il préférait en fait le son du saxophone à celui de la guitare…

Le jazz fusion perd l’un de ses piliers, et la guitare électrique l’un de ses praticiens les plus éclairés.

R.I.P. l’artiste.

 

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