Babel Med Music 2014 à Marseille

Babel Med Music 2014
à Marseille

babel-med-music-2014Du 20 au 22 mars 2014 s’est déroulée la 10e édition de Babel Med à Marseille qui est devenue la capitale universelle de musiques du monde. Un rendez-vous pour les professionnels et le public pour voir des groupes émergents et confirmés. Les concerts sont d’excellente qualité car les groupes doivent convaincre de leurs talents sur scène. Une trentaine de concerts en trois soirées.

J’ai participé à une dizaine de concerts et vous décris l’ambiance de trois groupes de styles différents.

Bassekou KOUYATE & NGONI

La musique malienne propulsée dans le futur. Des morceaux amplifiés intégrant des techniques actuelles. Un concert énergique tout en respectant les traditions millénaires maliennes.

Au début du concert, la chanteuse Ami SACKO électrifie le public par sa puissante voix qui survole le public et nous fait vibrer jusqu’au fonds des triples.

La qualité du jeu des musiciens dont un joueur de calebasse permet de faire patienter le public durant une dizaine de minutes. Vient ensuite Bassekou KOUYATE, le virtuose du ngoni, le luth des griots. Les trois joueurs de ngonis qui l’accompagnent jouent des harmonies dans des tons graves et aigus qui se superposent, tandis que Bassekou KOUYATE nous délivre des solos hallucinants.

Les harmonies du blues du désert, l’héritage mandingue plein d’espoir et de souffrances sont le reflet du Mali actuel et en général d’une grosse partie de l’Afrique qui, après des décennies de décolonisation cherche à se reconstruire. Plusieurs morceaux ont été enregistrés durant les événements qui ont secoué le Mali en mars 2012.

Ma première participation à un concert de Bassekou KOUYATE me fait découvrir un artiste créatif portant la musique malienne à travers le monde. Il dévoile au monde la modernité du ngoni, un instrument qui possède autant de possibilités qu’une guitare acoustique ou électrique.

RITA

La chanteuse israélienne de musique ethnique nous chante en persan

RITA, israélienne d’origine iranienne nous offre un concert avec les meilleurs des musiciens.

Le concert débute avec l’invité de la soirée, Mark ELIYAHU, un virtuose du kamânche, vièle à pique rustique d’origine iranienne qui retient l’intérêt du public par la rythmique parsemée par des solos. Ceux-ci sont brefs permettant a l’audience de s’accoutumer à des sonorités musicales dérivant des maqâms, intervalles musicaux dans la musique orientale et présents dans les racines culturelles ancestrales de juifs des montagnes du Daghestan. Il a déjà été invité comme soliste par l’ORCHESTRE MEDITERRANEEN ANDALOUSIE.

Durant le concert de RITA, Mark ELIYAHU accompagne l’orchestre en alternant entre le kamanche et le saz, un luth à longue manche.

Les projecteurs colorés éclairent la scène. Ils diffusent une lumière dorée comme le soleil qui nous apporte des lueurs d’espoir dans toutes les régions du monde au-delà des frontières.

Dans la seconde partie du spectacle, les chansons deviennent plus cadencées. RITA telle une princesse des Mille et une Nuits accompagne avec des pas de danse orientale. RITA entre difficilement dans une catégorie musicale. C’est simplement le renouveau de la musique traditionnelle et populaire du Moyen-Orient qu’elle partage avec les musiciens et le public durant son show-case à Babel Med.

Maya KAMATY

nous emporte sur les vagues musicales de l’Océan Indien.

Une grosse partie du concert, Maya KAMATY chante accompagnée d’un kayamb. Cet instrument incarne l’âme du Maloya et du Séga, les deux courants musicaux principaux de l’Ile de la Réunion, situé dans l’Océan Indien. Il fait référence à l’héritage des esclaves des plantations de cannes à sucre. En effet il est construit à partir de bois, tiges de canne et graines de safran.

J’ai été quelque peu déconcerté au début du concert.

Un musicien aux claviers joue des airs planants me faisant penser aux groupes allemands des années septante.

Après deux chansons, l’ambiance change, les harmonies avec l’apport des instruments ethniques prennent une forme plus recherchée dans les compositions et agréable à écouter et durant tout le concert nous sommes bercés sur les rythmes créoles de l’Ile de la Réunion située dans l’Océan Indien.

Maya KAMATY et ses musiciens retiennent l’attention du public avec son style particulier. Les compositions sont un mélange de musique réunionnaise et de blues mettant en valeur sa langue maternelle.

Après avoir poursuivi des études en France, elle retourne à L’Ile de la Réunion. Durant son séjour en métropole, elle prend pleinement conscience de sa culture et trouve des repères dans la musique créole.

Maya, fille de Gilbert POUNIA leader du groupe ZISKAKAN reconnu internationalement, décide de prendre une démarche artistique différente que celle de son père.

Sur scène, Maya KAMATY possède cette force et cette grandeur d’âme réussissant à communiquer la musique et culture réunionnaise à un large public.

L’année prochaine, rendez-vous à Babel Med pour la musique, l’ambiance et le soleil.

Charles Eloy

Site : http://www.babelmedmusic.com/

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