Brian ENO – Reflection

Brian ENO : Reflection
(Warp Records)

Après l’impressionnant The Ship, album ambient parlé et chanté, voici Reflection, totalement instrumental. Disons-le franchement, au regard des productions passées, il n’y a pas grand-chose de nouveau. C’est un disque ambient honorable, suite logique à tout ce que Brian ENO a pu faire auparavant comme Thursday Afternoon ou Neroli.

Il propose une seule pièce d’une durée dépassant les 50 minutes… Un appel à la réflexion, des notes miroitantes suspendues dans les airs, une musique flottante, presque invisible, silencieuse. Il ne se passe rien. C’est comme si nous nous apprêtions à mourir lentement.

Une musique véritablement ennuyeuse pour certains, mais pour les habitués, Reflection est un disque ambient agréable et apaisant, sans être le chef-d’œuvre du genre bien sûr, parce que là il semble se répéter. Il est certain que Brian ENO a fait nettement mieux par le passé et en plus mélodique aussi.

En effet, l’album peut sembler difficile à priori par le côté insaisissable et plutôt hermétique de la musique, mais aussi par la longueur de la pièce qui est un facteur à ne pas prendre à la légère. The Ship, à l’inverse, était nettement plus accessible (peut être même plus intéressant et innovant), mettant en avant une approche un peu plus mélodique sur chacune des compositions (le titre éponyme, Fickle Sun et la reprise de Lou REED), dont les durées étaient quand même plus abordables. Là, il faut s’accrocher et tenir bon jusqu’au bout. La musique est lente, évanescente ; les notes s’évaporent dans les airs et semblent disparaître pour revenir subrepticement et s’éteindre de nouveau. Musique, répétition et silence avec ENO en chef d’orchestre, contrôleur du temps qui s’écoule.

Reflection est peut être un album thérapeutique, utile en ces temps troublés. À une époque où tout va vite, ce type de disque est une vraie bénédiction. Il demande à l’auditeur d’être attentif, d’être patient et de prendre son temps pour l’écouter dans son intégralité. Et au final quand la musique s’arrête, nous nous sentons comme apaisés.

Ce disque s’adresse aux admirateurs d’ENO et aux amoureux du silence.
À Sophie BAUDON, ma sœur de cœur et amazone du silence.

Cédrick Pesqué

Site : brianeno.net

Label : warp.net/records

 

 

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