Compagnie NUSA CORDON & Jean-Pierre GOUDARD – Une autre île pour le gamelan

Compagnie NUSA CORDON
& Jean-Pierre GOUDARD

Une autre île pour le gamelan

compagnie-nusa-cordon-association-kotekanComposée d’une vingtaine de musiciens, la Compagnie NUSA CORDON (gérée par l’association KOTEKAN) passe pour être la seule compagnie permanente dans l’Hexagone qui utilise un Gamelan de Bali dans une double perspective d’éducation et de création, et dont le répertoire s’inscrit dans l’ici et le maintenant.

Son directeur artistique, Jean-Pierre GOUDARD, a fait le pari de la composition contemporaine et innovante sur ce qui est davantage un instrument collectif qu’un orchestre proprement dit, compte tenu de son mode de fonctionnement traditionnel. RYTHMES CROISÉS a cherché à en savoir plus sur ce compositeur audacieux et son « big band » métallique et défricheur.

NUSA CORDON : histoire d’un gamelan délocalisé

Depuis une douzaine d’années, la Compagnie NUSA CORDON et son directeur artistique Jean-Pierre GOUDARD mènent de front des activités éducatives et créatrices relatives à la pratique du gamelan. Cet ensemble percussif, constitué de métallophones , de gongs et de tambours (et parfois de flûtes « Suling » et de vièle « Rebab ») est représentatif d’une bonne partie de l’art musical indonésien, que ce soit à Java-Centre, à Sunda (Java-Ouest), à Bali (où on l’appelle plus volontiers « Gong »), ou encore à Cirebon, à Madura, à Lombok ou en Malaisie. Riche d’une histoire qui se décline en plusieurs traditions rien que sur l’archipel indonésien, le gamelan a séduit également plusieurs compositeurs occidentaux contemporains qui n’ont pas hésité à expatrier cet « instrument fragmenté » pour ouvrir de nouvelles voies musicales distinctes des traditions javanaise et balinaise. C’est ainsi à Bali, au village de Blahbatuh et auprès de I Made GABELERAN, que Jean-Pierre GOUDARD a fait construire un gamelan en bronze de type Kebyar.

Ce dernier est assurément le plus populaire des gamelans, et aussi le plus récent dans la tradition balinaise. Le Gong Kebyar est en effet apparu au début du XXe siècle, combinant les gongs rituels du Gong Gedé aux métallophones du Gamelan Pélégongan, plus destiné au théâtre et à la danse, offrant des adaptations plus populaires et flamboyantes des compositions séculaires pour gamelan.

Du reste, le terme « Kebyar » désigne un style à la fois fleuri et explosif, aussi éclatant que véloce, privilégiant les superpositions de brefs motifs mélodiques, les interludes non mesurés, les contrepoints acrobatiques, les « tutti » frénétiques, les résonances pulsatives, les rebonds polyrythmiques et les grands écarts sonores, du grave sépulcral à l’aigu perçant. C’est le gamelan contemporain par excellence, celui qui autorise les plus grandes distances avec les règles classiques et aussi le plus à même de séduire les oreilles occidentales, généralement peu familières des gammes heptatoniques (pelog) et pentatoniques (slendro) prisées en Indonésie.

Le gamelan commandé par Jean-Pierre GOUDARD a ainsi pris le nom du site qui l’héberge, l’île Cordon (« Nusa Cordon ») à Brégnier-Cordon, dans l’Ain. Cette décontextualisation géographique s’accompagne donc d’une réorientation musicale puisque les compositions de Jean-Pierre GOUDARD dessinent clairement de nouveaux espaces sonores et intègrent des instruments et des voix exogènes.

Les gongs Ageng ou Kempur, les métallophones Jegog ou Calung, les carillons Réong ou Kantilan, les tambours Kendang, les cymbales Tepyak et la flûte Suling tissent ainsi des textures mélodiques, harmoniques et rythmiques dans lesquelles s’immiscent d’autres couleurs et énergies (clarinette, violon, contrebasse, trombone, accordéon, derbouka, saxophones et voix diverses), embarquant l’auditeur dans un scénario de tradition imaginaire qui défie les étiquetages et bouscule les codes culturels.

Ce faisant, ce « big band » insolite et bariolé donne une autre vision du jeu collectif, puisqu’il est fondé sur les bases d’orchestration des gamelans balinais (dans lesquels chaque musicien et chaque instrument a une fonction très déterminée), mais il s’appuie aussi sur d’autres approches de jeu et tâche malgré tout de mettre en valeur les personnalités des musiciens, selon l’usage courant en Occident.

C’est dans ce grand écart culturel que le Gamelan NUSA CORDON trace sa différence. A l’instar des GAMELAN SON OF LION, GAMELAN PACIFICA ou GAMELAN GALAK TIKA sur le continent américain, le gamelan NUSA CORDON investit les climats, les sonorités et les modes spécifiques à la musique de gamelan mais les transpose dans un contexte inédit, à travers des spectacles innovants comme Les Diseurs, Gong, La Lune de Penjeng, Sungay Nyanyi et Nusa Nusa, ce dernier ayant fait l’objet d’une publication en CD (voir notre chronique).

Avec Jean-Pierre GOUDARD et la Cie NUSA CORDON, le gamelan s’est non seulement trouvé une autre île d’attache, mais aussi une nouvelle aire d’épanouissement musical.

Entretien avec Jean-Pierre GOUDARD

D’abord, pouvez-vous nous parler de votre parcours musical avant votre rencontre avec les musiques de gamelan ?

Jean-Pierre GOUDARD : Je viens du jazz et des musiques improvisées et aussi des musiques contemporaines.

Je suis tromboniste, contrebassiste et chanteur de formation classique au départ (conservatoire), mais j’ai été très vite confronté à de nombreuses rencontres qui ont participé à ma formation (Guy REIBEL, Annick NOZATI, Jean Louis CHAUTEMPS, l’ARFI, Claire RENARD, Beñat ACHIARY, Gérard AUTHELAIN, le journaliste Jean-Paul MARTIN, Tom JOHNSON, les PERCUSSIONS DE STRASBOURG…).

Je suis aussi compositeur et chef d’orchestre depuis 1975, fasciné par les grands ensembles de jazz (« historiques » et contemporains). C’est autant la palette sonore dont ils disposent que la richesse des diverses personnalités rassemblées qui m’intéressent.

J’aime les sons et les gens qui les font. Les projets qui sous-tendent ces ensembles sont non seulement artistiques, mais souvent aussi politique au sens global du terme, et ça m’intéresse. Mais faire vivre de tels ensembles est aussi très prenant et fatigant.

Indissociable de ma pratique artistique est ma pratique pédagogique, chacune se nourrissant en permanence l’une de l’autre. Je suis DUMISTE de formation, je suis aussi titulaire d’un DUMUSIS spécialité adolescence, d’un DE de Jazz et d’un CA de professeur/coordinateur des musiques actuelles.

La pratique collective est donc au centre de ma musique. La rencontre avec le gamelan était inévitable, mais elle a pris du temps.

Quelles ont été les étapes de cette rencontre ?

JPG : Une première rencontre par vinyle interposé s‘est faite vers 1980 autour des gamelans de palais à Java (Yogyakarta), disque que j’ai toujours et qui m’avait fasciné.

Ma curiosité vers de nouvelles formes d’écritures musicales contemporaines ou d’autres qui cherchaient des manières de transcrire des musiques extra-européennes, m’a fait m’intéresser à diverses monographies, certaines traitant du Gamelan.

Une création avec le sculpteur-plasticien Michel VOGEL, en 1995 (Les 24 rêves de Dakinis au festival Les 38e Rugissants à Grenoble), qui construisait à cette époque des espèces de gongs, commence à orienter mon intérêt pour ce type de sonorités. Cette année-là, c’est aussi la sortie du livre/disque Musiques de Bali à Java de Kati BASSET (éditions Cité de la Musique/Actes Sud) que je dévore avec joie.

Ensuite, un ensemble de concours de circonstances va précipiter les choses. En résumé, le désir d’aller voir de plus près la musique en Indonésie se conjugue dans une rencontre avec les ateliers organisés à la Cité de la Musique, d’un spectacle accueilli à l’Auditorium de Lyon (1998) avec la troupe d’Abianbasé de Bali, et de la rencontre forte avec Kati BASSET. Une remise à plat de mes activités professionnelles, un apport financier important grâce à une commande d’œuvre, tous ces éléments me propulsent avec Lætitia PAUGET à Abianbasé (Bali) à l’été 1999, où nous nous initions au Gamelan sous la houlette de Pak Dewa Nyoman LOKO et Agung Gdé Raka PAYADNYA, les pères adoptifs de Kati et, avec leur appui, nous lançons la construction d’un gamelan de type Gong Kebyar.

De retour en France, nous fondons l’association KOTEKAN, et accueillons le gamelan sur l’île Cordon (commune de Brégnier-Cordon, dans l’Ain) le 6 avril 2000 et lui donnons alors son nom : NUSA CORDON (« île Cordon »).

Le Gamelan NUSA CORDON a été créé sur le modèle du gamelan Gong Kebyar. Pourquoi ce choix ? En quoi le style kebyar vous a marqué plus que d’autres styles, comme le gong Gedé, le gamelan Semar Pegulingan, le Jegog, etc. ?

JPG : Effectivement le gamelan NUSA CORDON est de type Gong Kebyar. J’avais été séduit par la brillance de ce type de gamelan, la polyvalence de ces possibilités sonores et le mode pelog. J’ai choisi l’accord dans la perspective de l’associer à des instruments occidentaux. Enfin, c’est sur ce type de gamelan que j’avais été initié et, très prosaïquement, son coût rentrait dans le cadre de mon budget.

Avez-vous constitué la Compagnie NUSA CORDON en fonction des nécessités du gamelan, ou avez-vous adapté le gamelan à la Compagnie ?

JPG : Pour fonctionner pleinement et révéler tout son potentiel, le Gamelan NUSA CORDON a besoin d’au moins seize musiciens. Ensuite, les pièces mixtes, qui mobilisent un ou plusieurs postes sur des instruments exogènes au gamelan, ajoutent donc des instrumentistes. Enfin, il faut composer avec les contraintes économiques car le nombre de musiciens élève bien sûr, le budget des prestations scéniques.

Au-delà de ces considérations, il s’agit pour moi d’explorer l’alliance du collectif (le gamelan) et de l’individuel (voix, corps et instruments additionnels). Cette exploration est renouvelée en permanence, au gré des pièces, puisque personne n’est titulaire d’un poste fixe et que tous changent de poste et de responsabilité au fil du déroulement du spectacle.

Il s’agit pour moi de favoriser l’alchimie des imbrications du jeu propre au gamelan (beaucoup de collaborations à deux ou à quatre, où nous avons coutume de dire « il faut être dans le souffle et la sueur de l’autre ») et la personnalité de chacun des individus. Cela n’est pas la manière de faire des Balinais, qui sont centrés uniquement sur le collectif et la négation des personnalités. C’est d’une certaine manière une rencontre de l’Orient et de l’Occident. Je cherche à réconcilier ces deux tenants.

Vous avez créé l’association KOTEKAN afin de « promouvoir l’action artistique et la formation musicale collective sous toutes ces formes » (sic), donc à la fois sous l’angle de la création et de l’éducation. Quelles formes revêt la part éducative et quel est son but ? Faut-il être obligatoirement musicien pour suivre cet enseignement ?

JPG : Le Gamelan NUSA CORDON peut accueillir 27 personnes simultanément. Il est particulièrement adapté à la rencontre avec des groupes du cadre scolaire (primaire ou secondaire) qui ont à peu près cet effectif. Cependant, il s’adapte parfaitement à toute forme de groupe, constitué ou non pour l’occasion, à partir de 8 ans et sans limite d’âge, si ce n’est la capacité à s’asseoir sur des sièges bas et peu confortable.

Aucune connaissance musicale préalable n’est nécessaire (mais elles ne sont pas interdites !!!). En fait, le gamelan est un fantastique espace d’éducation et il propose une authentique pratique musicale.

Structurant, il nécessite écoute de soi et des autres, mémoire, coordination, il laisse une place à chacun, dans des propositions qui vont du plus simple au plus complexe.

De plus, en Indonésie même, le gamelan est traditionnellement associé au mouvement, au chant, au théâtre, que je développe dans des démarches contemporaines d’improvisations qui là encore, explorent les rapports individuel/collectif.

KOTEKAN propose donc des résidences artistiques où le gamelan est installé dans un lieu défini (au moins 90 m²) et sur plusieurs jours consécutifs (3 au minimum).

Il est en général invité par des villes et leur structures culturelles (théâtre, scène nationale, conservatoire, smac, université…) mais aussi des écoles de milieu rural, des collèges, des chorales, des lycées, des entreprises…

Sa présence temporaire sur un territoire permet de croiser des publics, de développer des ateliers découvertes et des temps forts (ateliers suivis sur plusieurs jours) qui débouchent souvent sur une prestation publique, en ouverture d’un spectacle de la Compagnie NUSA CORDON.

Sachant que la pratique du gamelan à Bali est liée la structure sociale de l’île, avez-vous rencontré des difficultés à adapter la pratique et l’enseignement du gamelan au contexte occidental ?

JPG : Pas du tout, au contraire, d’autant que ma démarche n’est pas celle d’une imitation de la tradition balinaise. La seule difficulté est la méconnaissance du gamelan en France et la nécessité de faire connaître mon travail. Ma formation de DUMISTE m’avait préparé à l’adaptabilité nécessaire aux multiples contextes d’accueil. Par ailleurs, la pratique du gamelan répond à un enjeu majeur de l’éducation (pas seulement musicale) d’aujourd’hui : le faire, apprendre et réussir ensemble, dans le respect des uns et des autres, à l’opposé d’un monde de plus en plus individualiste ou l’on doit écraser les autres pour exister.

Depuis la naissance de la Compagnie NUSA CORDON, vous avez conçu plusieurs créations scéniques qui se démarquent des traditions indonésiennes. Avez-vous été influencé d’une quelconque manière par les travaux de compositeurs contemporains occidentaux (les Minimalistes notamment), ou même par des gamelans occidentaux ?

JPG : Je porte depuis longtemps un grand intérêt aux musiques minimalistes (Steve REICH, Philip GLASS, Tom JOHNSON, Phillip CORNER…) et certaines de mes pièces doivent beaucoup à ces influences (Satu Tiga, Nusa Nusa, Sungay Nyanyi…). Dès le départ, je ne voulais pas jouer de musiques traditionnelles balinaises car, en dehors de leur contexte global socioculturel, cela n’avait pour moi pas de sens. En revanche, je souhaitais garder les principes d’orchestration et le partage des tâches qui me semble être au cœur de la pratique du Gamelan.

Les propositions d’autres gamelans occidentaux comme GIRI KEDATON à Montréal, Gamelan X à Oakland, ou encore NAGA MAS à Glasgow, m’ont encouragé à persévérer dans ma démarche. Le travail du groupe SAMBASUNDA (de Sunda, la partie Ouest de l’île de Java) m’intéresse aussi beaucoup.

Votre dernière création en date s’intitule Nusa Nusa. Est-ce la première dans laquelle interviennent autant d’influences et instruments exogènes à la tradition balinaise ? De même, aviez-vous auparavant intégré des voix humaines dans vos créations ?

JPG : En fait, Nusa Nusa n’est pas ma dernière création. Elle date de fin 2008, mais elle a trouvé sa maturité de jeu depuis le printemps 2011 avec une équipe en partie renouvelée et constituée de musiciens et musiciennes professionnels.

Jusque-là, la Compagnie accueillait aussi de bons amateurs, mais leur disponibilité et les exigences musicales des compositions m’ont fait faire d’autres choix. A part David BRULEY, qui est percussionniste de formation (également spécialisé dans les musiques d’Iran), les autres membres de la compagnie amènent des compétences variées (flûtes, violon, cor anglais, clarinettes, chant, sax, trombone, basse, accordéon…) qui me permettent d’élaborer des pièces mixtes. Cependant, tous et toutes pratiquent le gamelan.

En 2010 a été créé un spectacle jeune public, la Lune de Penjeng, qui fait appel à 6 musiciens utilisant le gamelan et la voix, associé à la vidéo de Yoann COTRON (images naturelles et de synthèse diffusées sur des écrans mobiles) et un travail de lumière de Florent ROCHET. Le tout a été mis en scène par Carole GENTIL.

Et puis 2012 a vu la création d’un grand spectacle, Sungay Nyanyi, le Chant du Fleuve, dédié au fleuve Rhône et aux territoires du Haut-Rhône où le Gamelan NUSA CORDON a son port d’attache (Nusa Cordon, l’île Cordon) et qui jouent un rôle important dans mes processus de création.

Ce dernier spectacle rassemble 19 musiciens à bord du gamelan (3 chanteuses, un accordéon, cor anglais, trombone, tuba, sax, violon, contrebasse, flûtes, rébolo), 2 comédiens, 1 vidéaste, le plasticien Pierre THORELLE et une importante régie technique. Les images sont à nouveau de Yoann COTRON et Carole GENTIL m’a assisté sur la mise en scène.

Pour en revenir à Nusa Nusa et à l’intervention d’instruments exogènes à Bali, j’avais cette intention dès la construction du gamelan.

Ma première création pour le gamelan date de 2002, dans le cadre du festival Rhône-Alpin Musique en Scène, où nous partagions la scène avec le gamelan de la Cité de la Musique au théâtre de Bourg-en-Bresse. L’une des pièces que j’avais composée alors faisait appel à deux chanteuses dont les voix s’imbriquaient en Kotekan, à la manière des kantilans (lamellophones) du gamelan. Cette même pièce (Les Oiseaux), constitue aujourd’hui l’ouverture de Nusa Nusa et j’ai enfin trouvé avec les chanteuses Angéline MÈRE et Katia VICHARD la couleur et la virtuosité que je souhaitais lui donner.

Le spectacle Les Diseurs, en 2004, était plus tourné vers la danse, avec la chorégraphe Annabelle BONNÉRY et ne faisait appel qu’au gamelan et aux voix. C’est à partir de Gong (2006) et surtout Nusa Nusa (2008) que j’ai développé les pièces mixtes.

Nusa Nusa est donc une suite logique à vos précédentes créations et compositions, ou une création complètement différente ?

JPG : Si l’on reprend mes propos antécédents, c’est bien sûr une suite logique et même anticipée dès la construction du Gamelan NUSA CORDON.

Compte-tenu de l’importance de la formation de la Compagnie NUSA CORDON, j’imagine que les représentations scéniques ne sont pas courantes. Avez-vous donné des représentations uniquement dans votre région, ou vous-est il arrivé de vous expatrier davantage ?

JPG : Promouvoir nos prestations n’est évidemment pas simple, cependant les trois spectacles que propose actuellement la Compagnie ont été joués assez fréquemment depuis un an, en Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté.

Et l’année scolaire 2012/2013 n’accueille pas moins de 17 résidences en Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté.

Vous avez réalisé un CD du spectacle Nusa Nusa qui est entièrement autoproduit et disponible uniquement sur votre site. Pourquoi?

JPG : C’est ce qui nous a paru le plus simple et le plus réaliste. J’ai financé ce CD sur mes économies, KOTEKAN ne pouvant faire cet investissement. Si nous rencontrons un grand enthousiasme et un accueil très chaleureux de la part du public lors de nos prestations, les programmations culturelles restent très frileuses à notre égard. Nous n’appartenons à aucun cadre musical et nous sommes nombreux sur scène. Même si cela semble un peu changer en ce moment, il nous faut déjà déployer beaucoup d’énergie pour faire vivre la Compagnie et faire connaître nos spectacles. Il nous a paru peu vraisemblable d’intéresser un producteur et un distributeur.

Avez-vous envisagé de réaliser également un DVD?

JPG : Nous avons sorti un DVD en décembre 2011 en collaboration avec l’ADDIM de l’Ain. Il présente la Compagnie et plus particulièrement le travail pédagogique en résidence artistique.

Un autre DVD a été réalisé par Platane Mobile, il présente entre autres le temps de ré-accordage du Gamelan NUSA CORDON (en avril 2011) et il est accompagné d’un livret présentant un article de Kati BASSET et un autre de l’anthropologue Sarah Anaïs ANDRIEU. Évidemment, nous souhaiterions beaucoup réaliser un DVD qui témoigne de nos différentes productions, d’autant que le public exprime souvent son enthousiasme tant sur l’aspect visuel que musical de nos spectacles.

Seriez-vous tenté par une création commune avec des musiciens balinais ? Ou d’autres ?

JPG : En fait, c’est à l’ordre du jour. Le spectacle Sungay Nyanyi devrait être présenté en Indonésie à l’automne 2013. Il sera le prélude à une nouvelle création, Nyanyian Citarum (Le Chant du Citarum), autour du fleuve du même nom, en collaboration avec le célèbre groupe SAMBASUNDA de Bandung. Pak Ismet RUCHIMAT, le compositeur sundanais qui dirige SAMBASUNDA, et moi-même mêleront le potentiel des deux compagnies pour un spectacle visant à sensibiliser la population autour de ce fleuve, le plus pollué du monde.

Site : http://kotekan.fr

Article et entretien réalisés par Stéphane Fougère

Lire la chronique du CD Nusa Nusa

 

 

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