D’EN HAUT-D’en Haut

D’EN HAUT (Pagans)

C’est un digisleeve portant juste au recto la mention D’EN HAUT, avec pour toute illustration un Alien décharné. Au verso, c’est une sorte de Goldorak sans ses cornes qui est griffonné. L’intérieur nous plonge dans un cosmos sans frontières ni profondeur, à moins qu’il ne s’agisse d’un gros plan sur des gouttes tombées sur une vitre par temps nocturne. D’EN HAUT… Kezaco ? (Kezac-HAUT ?) Qu’y a-t-il donc, la-haut ? Des soucoupes volantes ? David Vincent avait-il raison ? Sont-ils parmi nous ?

« Nous nous faisons l’écho d’une Gascogne que peu connaissent, mais que la plupart ont déjà pu ressentir. Nous portons les nouvelles de ceux d’en haut. » (sic) C’est une bonne idée. On nous avait déjà parlé, dans des sphères tout aussi ésotériques, de ceux du dehors, de ceux d’en bas, alors pourquoi pas de ceux d’en haut ?

Mais ceux D’EN HAUT, qui sont-ils donc exactement ? Il s’agit de PAIRBON (Roman COLAUTTI) et Tomàs BAUDOIN, deux échappés de la FAMILHA ARTUS. Ça y est, les « alter-localistes » ont encore frappé ! Il fallait bien se douter qu’ils allaient récidiver dans leurs expériences chimiques à base d’art brut psychédélique.

Après KAT ÇA-I, c’est donc une autre hydre à deux têtes qui se dégage du giron de la FAMILHA pour nous conter des chroniques qui ont la langue et le goût du local, mais qui se placent indubitablement sur orbite.

Les voix, en expression soliste ou duelle, strictement déclinées en occitan, déroulent un phrasé, un rythme, un climat déjà singuliers, limite perturbants, à l’effet secondaire capiteux. Et il y a ces bruits, ces sons, ces touchés, ces doigtés, ces frappes sur des instruments vernaculaires strictement acoustiques qui atterrissent ou décollent, ça et là, comme on les aurait trouvés dans le coffre à jouets d’un grenier ou dans la cave d’une mémoire qui resterait à écrire.

Contrebasse, tambourins à cordes, flûte à trois trous, tabara, boha, bols tibétains, shruti box, hurgy toy, solive, rototom et plaques métalliques investissent l’espace sonore comme des ondes radio surfant sur les couches atmosphériques ou des comètes en plein raid, ou des météorites lovées dans les abysses… Tous ces instruments respirent bien la Gascogne d’ici bas, mais paraissent projetés… D’EN HAUT, justement, comme des protubérances d’un autre macrocosme en provenance du cosmos ! D’EN HAUT, c’est la voix d’un paganisme extra-terrestre inter-localisé et alter-actif.

Vous croyiez tout connaître de la culture gasconne ? À l’écoute de ce CD vous aurez l’impression de ne l’avoir jamais connue et vous tomberez… D’EN HAUT (mais pas bien bas) ! Et en vous perdant dans les contours déambulatoires musicaux de ces deux loyaux messagers artusiens, vous soupirerez, à l’instar de l’agent Mulder, à l’idée de vouloir « y croire ».

D’EN HAUT ne se trouve pas partout, mais le plus sûr moyen d’y avoir accès, c’est en passant par :

Site : www.pagansmusica.net

Stéphane Fougère

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