DUO BERTRAND – Toujours en bonne compagnie

DUO BERTRAND

Toujours en bonne compagnie

A l’origine duo formé par Thierry BERTRAND (veuze et hautbois) et son neveu Sébastien BERTRAND (accordéon diatonique) avec pour vocation de participer au renouveau des musiques traditionnelles de leur région, le marais breton vendéen, le DUO BERTRAND se montre depuis plusieurs années en groupe, notamment dans le cadre de la création réalisée pour le festival de St-Chartier avec 9 musiciens invités, Carte Blanche, qui a fait l’objet d’un CD, et plus récemment en trio étonnant avec le percussionniste Sylvain FABRE en août 2003 au Festival De Bouche à Oreille de Parthenay. Le DUO BERTRAND se produit actuellement en sextet pour présenter sa nouvelle création, Couleurs Racines, qui fut jouée durant une semaine à Paris à l’Auditorium de St-Germain des Prés, début mars 2004. Sous le nom de DUO BERTRAND EN COMPAGNIE, ils ont invité Thierry MOREAU au violon et au violoncelle, Youen LANDREAU au Chapman stick, Sylvain FABRE aux percussions et Stéphane ATROUS aux saxophones. 

Les racines évoquées dans Couleurs Racines sont celles des musiques traditionnelles du marais breton vendéen, mêlées aux couleurs d’autres musiques. Si le saxophone donne un ton plutôt jazz, l’apport des autres instruments se révèle assez «multicolore» et les percussions nombreuses et diversifiées amènent des teintes tantôt jazz, tantôt rock, parfois «world» ou même classiques. Les arrangements sont superbes et le spectacle transporte l’auditeur dans les univers tour à tour du rêve, de la joie et de la danse. Les morceaux, tous instrumentaux, s’enchaînent avec grâce et sont parfois ponctués d’interventions succinctes et indispensables de Thierry et Sébastien BERTRAND, avec pour fond sonore des extraits de bandes tirées de collectages chantés par des anciens, qui permettent de relier la tradition à la modernité. Ce projet montre, et on ne le rappellera jamais assez, à quel point les musiques dites «traditionnelles» sont en constante évolution et largement aussi modernes que d’autres.

Entretien avec le DUO BERTRAND

A quelle époque DUO BERTRAND a-t-il démarré ?

Sébastien BERTRAND : Officiellement en 1993, avec le premier disque, Musique d’hier pour aujourd’hui.

Le DUO BERTRAND est-il vraiment un duo ?

Thierry BERTRAND : Oui, ce qui ne nous empêche pas de travailler avec d’autres musiciens mais, à la base, c’est bien un duo. Quand on fait des arrangements, on les pense très souvent en duo. 

Les autres musiciens viennent donc se greffer après ?

Sébastien : Pas toujours, ça dépend des projets. On joue très souvent à deux dans tout un circuit, puis il y a des concerts et des aventures, comme Carte Blanche, où nous étions à l’origine des arrangements, puisque c’étaient des morceaux qu’on avait déjà travaillés avant. Notre nouveau projet, Couleurs Racines, est une vraie mise en commun à partir d’un répertoire brut avec les autres ; nous avons essayé de profiter des influences de chacun.

  

Carte blanche pour racines en couleurs

Le projet Carte Blanche en 2001 était-il une commande ?

Sébastien : C’était effectivement une demande du festival de St-Chartier. Philippe KRUMM, son directeur, avait rencontré Thierry à l’édition précédente et lui avait lancé cette idée. Au départ, nous avons un peu hésité en nous disant que c’était un vrai pari et qu’on n’avait pas le droit à l’erreur. On a réfléchi avec qui on pouvait partager cette aventure et on s’est dits que ça valait le coup de la tenter.

Vous connaissiez déjà les musiciens avec lesquels vous avez joué ?

Thierry : Oui. De toute façon, chaque fois que nous partons dans une aventure, on fonctionne à peu près de la même façon tous les deux, il faut qu’il y ait un certain type de feeling qui passe entre nous et les autres musiciens. Sinon, on ne le fait pas, quelles que soient les compétences de la personne en face. Le côté humain est très important pour nous. 

Quand est venue l’idée de la nouvelle création, Couleurs Racines ?

Sébastien : A l’issue de la création de St-Chartier, il y a eu le CD live Carte Blanche, que tu connais. La DRAC des Pays-de-la-Loire et son conseiller «Musiques et danses», en voyant ce disque et le travail qui avait été fait au festival, ont trouvé que c’était dommage que nous soyons partis faire une résidence et une création sur des musiques du marais breton vendéen ailleurs et nous ont dit que ce serait bien de porter ce même genre de travail chez nous. Après, d’autres organismes officiels sont venus se greffer, ce qui nous a permis de travailler cet hiver avec toute l’équipe et de proposer la première de ce concert en janvier chez nous. Maintenant, le spectacle commence à se déplacer. Toute la semaine à Paris, c’est une super-aventure, une bonne aubaine.

Comment se prépare ce type de spectacle ? Vous avez eu une commande précise ?

Thierry : Non, on ne nous a rien imposés. Il y avait juste quelques contraintes techniques conseillées. Par exemple, il aurait été mal venu d’annoncer un projet avec 25 musiciens, parce que ce sont des concerts faits pour être entendus le plus possible et il faut qu’ils soient accessibles à des salles permettant des prix d’entrées relativement raisonnables. Si on se retrouve à 25 sur un plateau, c’est inabordable !

Sébastien : Le but est de pouvoir ensuite le jouer le maximum possible en festival et en salle, donc il faut qu’il y ait un «prix de vente» cohérent. 

Pour Carte Blanche, j’imagine que c’était plus difficile de trouver des dates avec onze musiciens sur scène ?

Thierry : On l’a bien jouée pour une création qui ne devait être présentée qu’une seule fois. On l’a rejouée au minimum deux ou trois fois par an pour l’instant.

Sébastien : Nous sommes onze dans Carte Blanche plus la technique, avec des gens qui sont investis dans d’autres formations. C’est difficile en plus de trouver des dates qui conviennent à tout le monde.

Un nouveau son de tradition

L’ensemble de votre travail sur Couleurs Racines est plus axé sur des traditionnels ou sur des compositions ?

Sébastien : Il y a très peu de compositions dans le nouveau répertoire, juste deux ou trois. Elles sont liées à des danses traditionnelles de chez nous, dans la lignée de ce qui pouvait se faire avant. Notre but n’est pas forcément de faire une composition contemporaine pour dire que c’est nouveau, mais plutôt d’exploiter un aspect technique de l’instrument, ou le fait qu’un morceau complète bien un traditionnel qu’on avait en tête. Ensuite, ce sont surtout les arrangements et la manière de jouer dessus qui vont faire que c’est nouveau dans le son.

Thierry : Et puis il y a un défi là-dedans. Il est beaucoup plus difficile techniquement de prendre un morceau ancien et de l’arranger d’une façon contemporaine. Si on recompose tout, on le fait en fonction d’un ensemble des musiciens, ce qui est différent. Il y a là un message à faire passer, c’est que des musiques de 200 ou 300 ans d’existence peuvent toujours faire vibrer les gens d’aujourd’hui. C’est bien aussi de composer, tout le monde le fait. En l’occurrence, dans ce projet, ce n’était pas forcément une nécessité.

Comment avez-vous choisi les musiciens ?

Thierry : Au hasard des rencontres. Par exemple, Stéphane ATROUS, qui vient du jazz, travaille dans la même école de musique que Sébastien. Tango (Sylvain FABRE) a une formation classique. Il joue des percussions entre autres dans un ensemble de musique ancienne des 16e-17e siècles, dont je fais aussi partie. Quand on rencontre rencontre quelqu’un comme Tango, on se dit qu’il y a quelque chose à faire musicalement et humainement. Voilà comment ça se passe. Thierry MOREAU, je le connais depuis 1976, donc c’est une longue aventure. Youenn, je connaissais ses parents qui sont dans le milieu
musical nantais ; son père a fait de la musique baroque et du jazz-swing. 

Il faut du feeling entre les musiciens, avant la technique. Lorsqu’il y a du feeling, on arrive toujours à faire quelque chose. Ce n’est pas la technique qui décide d’un projet comme ça.

Comment s’est fait le choix des morceaux, des arrangements ?

Thierry : Nous ne sommes pas arrivés avec tous les arrangements écrits. Dans ce projet, nous avons travaillé sur la matière brute. En fait, nous nous sommes basés essentiellement sur des enregistrements de personnes âgées de notre région, qui sont des chanteurs, des chanteuses ou des musiciens. Nous avons fait toute la transcription, parce qu’il y a quand même un certain traitement des bandes sonores, il faut comprendre un peu les rythmes par exemple. Nous avons également amené des morceaux que nous avions déjà travaillés. Cela dit, c’était volontairement un travail collectif puisque nous travaillons avec des musiciens qui viennent d’horizons musicaux différents, classique, jazz, rock, jazz-rock et trad, et c’était intéressant justement que chacun amène sa culture musicale.

Concrètement, on pioche dans des heures d’archives, on écoute des grands-mères et des grands-pères. Beaucoup ne sont plus là, car ces enregistrements ont été fait il y a au moins une vingtaine d’années. On les écoute et puis sur un morceau, il y a un «tilt» qui arrive sur une mélodie, alors on la joue sur un instrument. Tout le charme d’une version chantée par une grand-mère peut être perdu sur l’instrument, ou inversement, il y a des morceaux qui ne sont pas forcément extraordinaires lorsqu’ils sont chantés, mais joués ils sont très bien.

Travailler la matière maraîchine

Ces enregistrements anciens, c’est vous qui les avez faits ?

Sébastien : Pas toujours. Nous avons des médiathèques qui engrangent ce genre d’enregistrements dans notre région. Ce travail a été fait plus par Thierry que par moi qui suis plus jeune. Il y a aussi des gens qui ne sont pas musiciens mais qui ont passé des heures à faire du collectage. Du coup, il existe une manne d’informations très riche et très
intéressante pour des musiciens comme nous.

Thierry : A une époque, j’ai fait beaucoup de collectage. J’en fais beaucoup moins maintenant parce que les personnes sont parties et que j’ai moins le temps. Il existe des échanges entre informateurs, un peu comme le font les collectionneurs. Ce n’est donc pas rare d’échanger des morceaux. Dans le programme, un morceau nous a été communiqué par des amis musiciens, qui eux aussi font un peu ce genre de travail.

Pour le spectacle, il y a donc un éventail des différentes musiques traditionnelles de la région ?

Thierry : C’est un panorama de tout ce qu’on peut trouver en matière de musique traditionnelle, c’est-à-dire qu’il y a deux familles de répertoires : tout le répertoire qui est à écouter, ce sont essentiellement ce qu’on appelle des complaintes, c’est-à-dire c’est un peu l’image des gwerz, ce sont des histoires d’amours ratées, des histoires un peu moins gaies, infanticides, des faits divers, des chansons qui touchent aussi à des aspects du travail, etc. Il y a des textes très beaux qui sont des sortes d’héritages médiévaux. C’est très clair, il y a des images avec beaucoup de métaphores. C’est toute une partie du répertoire qui autrefois étaient vraiment à écouter dans une ambiance intime.

Il y a tout un autre répertoire également à écouter, mais plutôt de circonstances plus gaies, des mariages par exemple, et puis il y a tout le répertoire de la danse. Donc nous utilisons tout. Par exemple, concrètement, on peut très bien associer un air de complainte assez langoureux qui va être suivi par une danse beaucoup plus gaie. Et éventuellement suivie d’une composition. Voilà comment ça se passe. C’est un alliage de toute sorte de type mélodique ou rythmique qu’on peut trouver chez nous. On essaie de jouer sur les différentes couleurs mélodiques.

L’art du cadrage

Cette création jouée devant un public de musiques traditionnelles pour l’instant ?

Thierry : Non. Les quelques premiers concerts joués dans notre région étaient «tous publics». Nous en avons été particulièrement heureux, parce que justement on s’attendait à y voir le public du milieu traditionnel de notre coin et ils sont venus bien sûr, mais il y a eu aussi tout un public assez varié qui ne se serait pas déplacé pour un concert «purement» traditionnel. Les gens connaissent parfaitement cette tradition mais ils n’ont pas toujours l’idée de venir voir un concert de cette musique-là. Le fait de présenter un programme avec énormément d’arrangements contemporains, plus modernes, a attiré ces gens et ils ont un regard complètement différent sur leur propre musique et ça c’est génial. On est très contents de ce résultat, parce que c’était le message.

Pour faire écouter ces musiques, ce n’est pas évident. Ce sont des musiques de spécialistes souvent. Pour les faire apprécier, il y a un côté emballage, je dis ça dans le sens noble du terme. C’est comme une toile sans cadre. Là, on a mis un cadre et ça change beaucoup de choses. 

Nous avons vraiment envie d’harmoniser cette musique pour la restituer aux gens, pour leur montrer que c’est une musique tout à fait digne d’intérêt aujourd’hui. Et ce n’est pas du commercial non plus. Nous sommes convaincus que c’est une musique qui peut intéresser les gens d’aujourd’hui.

Sylvain : Le but est de sortir un peu de ce milieu traditionnel et de faire découvrir cette musique aux autres milieux. Le choix des musiciens a été fait un peu dans ce sens-là : des musiciens avec des sonorités différentes, pour que le spectacle soit ouvert à un large public et qu’il puisse être montré dans toute la France, et plus bien évidemment. 

C’est dans cet esprit qu’ont été choisis les instruments ?

Thierry : Les instruments font beaucoup de choses, mais il y a l’état d’esprit du musicien aussi. On aurait pu prendre une clarinette, parce que la clarinette existait dans la tradition depuis le 19e siècle, mais le son aurait été différent que celui de Stéphane, qui vient du jazz avec son saxophone.

Sylvain : Ce sont vraiment tous les horizons musicaux des musiciens qui font l’arrangement. Nous avons vraiment travaillé ensemble. C’était très dur d’ailleurs, très long parce que chacun donnait ses idées et qu’il fallait choisir, mais le résultat fait que ça sonne jazz, latin, parfois un peu classique quand je pense par exemple à un choral, et tout ça fait que justement c’est ouvert à un très large public.

De l’impro au studio

Dans le concert, y a-t-il des parties d’improvisations réservées ?

Sylvain : Ceux qui en ont l’habitude ont écrit pour avoir leurs repères, mais on n’a pas travaillé par l’écriture en disant «le thème est là, on va mettre tel arrangement». Chacun a livré son «senti». Par moments il y a des petites parties d’impros.

Thierry : Ce sont des choses qui, dans la tradition ancienne, ne se faisaient pas du tout de cette façon-là. Il y avait aussi de l’improvisation. Il existe toute sorte de termes pour parler d’impro. Dans la Renaissance, on parle de diminution par exemple. Je dirais qu’en musique traditionnelle on est plus proche des diminutions de la Renaissance que de l’improvisation jazz, parce que les variations en musique traditionnelle varient autour du thème. On se ballade autour d’un thème, mais pas du tout autour d’une grille d’accords. Et dans l’impro, notamment avec des instruments à bourdon comme la cornemuse, la grille d’accords est unique : c’est le bourdon.

L’enregistrement de l’album Couleurs Racines aura-t-il lieu sur scène, comme Carte Blanche ?

Thierry : Non, il risque d’être fait en studio. Il est possible qu’il y ait des morceaux de plus et quelques «remaniements». Parce qu’on constate des choses intéressantes depuis qu’on travaille ensemble. Par exemple, Stéphane ATROUS vient du jazz ; il joue du saxophone, moi de la cornemuse. Ce sont deux instruments à vent et, bien qu’il y ait des mondes entre les deux, ils ont énormément de points communs. On découvre mutuellement des techniques complètement différentes, et petit à petit, on commence à échanger des choses, et ça s’est super. Pour ce genre de rencontres et d’échanges, il faut une certaine maturité. Il serait mal venu d’enregistrer tout de suite. Il faut apprendre à se connaître, à connaître l’instrument de l’autre. 

La veuze dans l’histoire

Qu’a donc la veuze de particulier par rapport aux autres cornemuses ?

Thierry : Chaque cornemuse a quelque chose de particulier. C’est une famille d’instruments qui regroupe plus d’une soixantaine de modèles différents. Il y a des cornemuses très puissantes, d’autres très douces, certaines très aiguës, d’autres très graves, des cornemuses pauvres, riches, il y a de tout. La veuze est d’abord la cornemuse qu’on retrouvait dans notre région et aussi dans le Sud de la Bretagne. Ce qu’elle a de particulier, je dirais, c’est qu’elle est en lien direct avec les cornemuses des 12e-13e siècles. Elle n’a pratiquement pas bougé depuis cette époque, alors que les autres cornemuses ont souvent évolué, de façon très compliquée quelquefois comme la musette de cour par exemple, la musette baroque, ou le uillean pipe irlandais. La veuze a un côté instrument ancien, à partir du 12e-13e jusqu’au 15e siècle.

Tu ne joues que de la veuze ?

Thierry : Oui, je ne joue pas d’autres cornemuses.

Malléabilité du duo

Vous faites partie également d’autres formations. L’année dernière, vous étiez en trio à Parthenay. Comment le trio s’est monté, est-ce qu’il tourne ?

Sylvain : En ce qui concerne Parthenay, je suis juste venu sur une invitation de Thierry et de Sébastien. C’est la première fois qu’on faisait un concert à trois, mais on joue aussi à quatre avec Thierry MOREAU.

Sébastien : Les organisateurs du festival de Parthenay nous avaient dit qu’ils ne pouvaient pas faire venir tout le monde, parce qu’au départ on était partis sur l’idée de Carte Blanche et c’était un peu compliqué. Ils pouvaient aller jusqu’à 3 ou 4 musiciens, et ça a été l’occasion pour nous de travailler à trois : percussions, accordéon et veuze. On avait retravaillé le programme spécialement pour ce spectacle. Depuis, nous n’avons pas eu d’autre proposition, et on n’a pas forcément cherché à faire tourner le trio.

Vous n’avez pas envie de le refaire ?

Thierry : S’il y a une occasion, pourquoi pas.

Sylvain : On le ferait bien à six !

Sébastien : Nous sommes une formation assez malléable. On s’adapte selon la demande du programmateur. On remonte un programme spécialement pour une circonstance. Ce n’est pas gênant, nous sommes contents de jouer.

Sylvain : Et puis le travail qui a été fait en répétitions à trois pour Parthenay nous sert également pour le sextet et pour le quartet. Les arrangements diffèrent un peu, mais le travail de fond reste le même. Donc ce n’est pas un travail perdu de toute manière.

Par ailleurs…

Sylvain, quel est ce groupe dont tu fais partie avec Thierry ?

Sylvain FABRE : C’est une compagnie de musiques et danses de la Renaissance française qui s’appelle la COMPAGNIE OUTRE MESURE. La compagnie comporte 22 musiciens. On travaille beaucoup sur le rapport musique-danse de cette époque. 

Vous faites donc tous les trois partie de plusieurs autres formations ?

Sylvain : Je suis issu d’un milieu classique et je joue en orchestre symphonique. J’ai le sextet avec le DUO BERTRAND, la COMPAGNIE OUTRE MESURE, et aussi un groupe de chants corses qui s’appelle SAROCCHI. C’est tout pour cette année ! Ça représente déjà beaucoup de travail, et certains problèmes de dates aussi.

Thierry : Je suis luthier aussi. Ça m’arrive de jouer dans d’autres ensembles depuis très longtemps, soit des créations ponctuelles, soit des projets moins ponctuels, principalement autour du DUO BERTRAND. Je joue aussi avec la COMPAGNIE OUTRE MESURE, où je n’interviens que sur certains programmes ; il y a des spectacles que je ne fais pas pour des raisons d’instrument, parce qu’une partie du répertoire n’est pas fait pour l’instrument que je pratique, et puis aussi pour des raisons de temps. Je ne pratique que les musiques traditionnelles et de la Renaissance. Avec une cornemuse, on ne peut pas tellement être embauché dans une section jazz par exemple.

Sébastien : Il y a encore un an j’avais un autre boulot à côté. Je travaille essentiellement autour du DUO BERTRAND. Sinon je donne des cours d’accordéon diatonique dans une école de musique.

Thierry : Nous faisons aussi tout un travail à côté dans des associations par exemple pour des développements de cours de musiques traditionnelles, pour de la recherche au niveau des instruments anciens, une autre association qui a fait beaucoup de collectage leur expo, une autre association qui s’occupe de faire connaître la veuze. Il y a également toute une palette d’activités qui tourne autour de la musique traditionnelle.

Entretien et photos : Sylvie Hamon
à Paris à l’occasion du spectacle Couleurs Racines en mars 2004
(paru dans Ethnotempos n° 15 – septembre 2004)

 

 

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