Kristo NUMPUBY – Brassens en Afrique (Autoproduction)
Brassens en Afrique, cet opus de Kristo NUMPUBY pourrait bien devenir le symbole du métissage culturel. La musique sans frontière, ni couleur. À son écoute, je redécouvre les chansons de BRASSENS avec une joie indicible. Les rythmes choisis – biguine, tango ivoirien, rythme ternaire malien… –, l’allégresse du chant et le choix des arrangements libèrent la langue. Les mots se dégagent et l’histoire nous est contée avec une saveur nouvelle et… on danse !
Kristo NUMPUBY, après deux premiers albums traditionnels Assiko City et An Sol Mé (teintés de jazz et de blues afro folk) entre de plain-pied dans cette nouvelle aventure. Chanter BRASSENS « à l’Africaine ». Le pari est de taille. Il est réussi. Mais quel travail ! Diction, phrasé, rythme… (le débit de BRASSENS est très condensé). Le « swing caché » de BRASSENS se révèle au grand jour. La richesse et le contenu des textes aussi. « BRASSENS dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas… Moi j’aime ça… Et les Africains aiment bien dire les choses sans les dire… Il dit les choses comme un sage ».
C’est avec son complice batteur et producteur, Denis TCHANGOU, qu’il réalise cet enregistrement de 10titres parmi les plus connus après un an de travail assidu. BRASSENS, Kristo le chante au Cameroun depuis l’âge de 12 ans. Avec sa guitare ou ses joues, avec texte ou sans texte.
Il se souvient de son village au bord de la forêt équatoriale où l’unique radio diffusait à longueur de journée toutes les musiques du monde, « qu’elles soient savantes, barbares ou de variété » sans aucune idée de séparation… Alors qu’à l’église, les chants en latin étaient adaptés en langue africaine. C’est là son background, là où se trace son avenir.
Il y a aussi l’Assiko, la musique des « gens de la forêt ». Une traditionnelle qui se joue rapide et saccadée avec cuillère, tôle ondulée, bouteille… Une danse avec les choses.
Une musique qui vient de la terre, une musique qui l’aide à grandir car elle n’est pas une bleuette, « elle dit toujours qu’on pourrait faire mieux ».
Alors écoutons Kristo avec ses joues nous entonner Les Copains d’abord (une très belle surprise de ce disque), et retrouvons-le aussi sur scène avec BRASSENS où là « je suis un Africain, je saute, je danse, je joue au gorille... » en attendant la sortie du volume 2 déjà en préparation.
Parler du grave avec légèreté, c’était BRASSENS. Kristo NUMPUBY ne le dément pas… Et dans mon âme il brûle encore tel un feu de joie…
Voilà un joyeux partage de l’amour de la langue française et de la musique africaine !
Sites : www.brassensenafrique.com
www.myspace.com/brassensenafrique
Brigitte Maillard
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