A FULA’S CALL (Mark LOTZ Meets Omar KA) – Liingu
Publié par Ethnotempos le 2/8/2008 (187 lus) A FULA’S CALL (Mark LOTZ Meets Omar KA) – Liingu
(LopLop Productions)
On en connaît tous de ces albums où un musicien en invite un ou plusieurs autres, comme ça, pour le plaisir et pour l’amitié. C’est souvent frais et joyeux, plein d’enthousiasme et ça donne généralement des albums sympas quoique la plupart soient en définitif assez superficiels. Concernant A FULA’S CALL, le principe est a priori le même, je dis bien a priori, car le résultat audible va largement au-delà de toute espérance. Pourtant, au départ, l’affaire a l’air plutôt banale. Un musicien européen, j’ai nommé Mark LOTZ, s’associe avec un musicien africain, en l’occurrence Omar KA, et ça donne un groupe, A FULA’S CALL, peut-être très éphémère, et aussi un album, Liingu.
Comme je le disais, rien d’extraordinaire, enfin en apparence. Mais dès qu’on commence à écouter Liingu, l' histoire devient tout de suite très différente. D’abord Omar KA chante exactement comme Youssou N' DOUR, ce qui n’est pas donné à tout le monde. En plus le même Omar KA joue excellemment de la guitare et d’une sorte de violon africain. Et il y a également son complice, Mark LOTZ, qui illumine l’album de ses divers flûtes, passant avec virtuosité et nonchalance d’un style à un autre comme si la chose était des plus naturelles. Ne serait-ce que ça, on aurait déjà un opus parfaitement honorable. Mais le duo s’est lui-même entouré d’Afra MUSSAWISADE, un expert iranien des percussions, et de Raphael VANOLI, qui n’est rien moins qu’une sorte d’hybride de Robert FRIPP et de Brian ENO, excusez du peu. A ce stade, notre gentille réunion de musiciens commence à prendre des allures de petit super-groupe. Mais ce n’est pas fini ! Le quatuor a également invité Sandip BATTACHARYA aux tablas, Mustapha ZNAIDA au luth et Sebastian POTT au kalimba. Et là, à sept, ce qui est comme chacun le sait un bon chiffre, ils ont commencé à se sentir à l’aise pour créer.
Imaginez un peu, un morceau et c’est toute l’Afrique noire qu’on évoque, un autre et c’est le Maghreb qui s’étale à vos pieds, puis on passe à du jazz avant de partir pour les Indes puis pour le Brésil. C’est ça Liingu, un voyage permanent, un rêve sans limite où la voix imite la flûte et où la flûte semble rire, où les tablas se mêlent à une guitare planante et où le luth arabe se met à jouer du blues.
Littéralement assailli par tant de styles musicaux, frôle-t-on l’indigestion sonore ? Non, au contraire, tout semble couler de source et tous les morceaux sont superbes voire prenants. Bref, c’est du talent à l’état pur et à ce niveau il semble disparaître sous un tapis de modestie alors qu’il éclate à chaque instant. A FULA’S CALL durera-t-il le temps d’un deuxième album ? On peut en douter même s’il faut l’espérer. En attendant Liingu, album passionné, passionnant, nomade, mondial, universel, transporté mais sans passeport exigé, est une véritable perle discographique.
Sites : www.lotzofmusic.com
Frédéric Gerchambeau (Ethnotempos n°39)
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