HAMON MARTIN QUARTET – Allune (Coop Breizh)
Il en est passé de l’eau sous les ponts depuis que le duo HAMON-MARTIN a sorti La Violette, premier CD prometteur. Le duo Erwan HAMON (bombarde et flûte) – Janick MARTIN (accordéon diatonique) s’est peu à peu transformé en trio (avec Mathieu HAMON, le frère de Erwan), considéré comme l’un des meilleurs groupes de fest-noz, puis en quartet, avec Ronan PELLEN (ex-SKEDUZ) au cistre.
Allune est le résultat de la collaboration entre les quatre musiciens et de quelques mois de concerts. Le groupe est l’un des rares à jouer des airs du Pays Gallo (on peut citer ÔBREE ALIE), et c’est fort justement que le quatuor a tenu à réaliser un CD en tous points parfait (presque trop parfait même), et il y a réussi. Pour ce faire, il s’est assuré la collaboration de quelques «pointures» sur des morceaux choisis : Erwan VOLANT à la basse fretless acoustique, Thierry MOREAU au violoncelle, Patrice PAICHEREAU à la guitare électrique et Cécile GIRARD (du groupe ÔBREE ALIE) au violoncelle.
Après une entraînante composition des frères HAMON, c’est dans une suite de traditionnels entièrement revisités avec finesse et doigté que nous entraînent les musiciens, autour du chant en français et de la joie communicative, malgré des textes souvent sombres, du sympathique Mathieu HAMON (pour ceux qui en douteraient, allez donc les voir en concert). Les arrangements s’offrent le luxe de rappeler parfois le grand BARZAZ (ah, ces envolées de flûte dans La Belle contrariée et A la cour du palais !), ou de transformer un chant traditionnel mélancolique accompagné à la bombarde en un blues électrifié en moins de temps qu’il faut pour faire courir un bottleneck sur le manche d’une guitare (Rossignolet du Bois). Mais, comme le laissait déjà entendre le Violette Flower Rag dans La Violette, c’est dans des escapades jazzy que le HAMON MARTIN QUARTET nous emporte facilement, avec ses envolées instrumentales ainsi qu’avec une reprise de Vals an anaon & Valse de Bardamu, composition des jazzmen Louis SCLAVIS et François RAULIN (qui figurait sur le disque de SCLAVIS, Danses et autres Scènes, sorti en 1997 sur Label Bleu), sur laquelle Ronan PELLEN impose sa «patte» et fait briller ses cordes, avec l’aide de l’excellente et émouvante violoncelliste Cécile GIRARD. Après un disque aussi parfait que Allune, il va falloir faire encore mieux la prochaine fois...
Sylvie Hamon