YOGAN – La Part des ombres (Autoproduction)
Le Bal de l’Ankou, le précédent disque de YOGAN, était une telle réussite que l’on attendait avec impatience son successeur. Le groupe arriverait-il à faire aussi bien, ou même, pourquoi pas, mieux ?
D’emblée, dès l’écoute des premiers titres du nouveau CD, La Part des ombres, on sait que la réponse est positive. YOGAN frappe à nouveau très fort.
Une fois de plus, la composition du groupe a été changée. Il ne reste aujourd’hui aucun membre d’origine. Xavier ROLLET (accordéon, percussions) est désormais le plus ancien. A ses côtés, Benjamin MIDROUET (basses, percussions diverses), Stéphane ROLLET (flûtes, bombarde, chant), Guillaume ROLLET (guitares acoustique et électrique) et Didier JARRET (batterie) font évoluer la musique en lui confortant son côté rock.
Tous ceux qui ont pu apprécier les albums antérieurs ne seront pas dépaysés. Ils noteront juste que le groupe sait innover tout en restant fidèle à la marque YOGAN.
L’ensemble est à dominante instrumentale. Des compositions originales se mêlent aux mélodies traditionnelles dans une osmose parfaite. Le premier titre, Sailing on Storm, contient par ailleurs une reprise du célèbre M.A.L. des regrettés AR RE YAOUANK, ce qui, au-delà de l’hommage, montre bien l’influence que ce groupe exerce encore aujourd’hui.
Trois chansons viennent se glisser dans ce programme. Le traditionnel Jesse James peut être considéré comme un clin d’œil aux POGUES, qui l’avaient déjà interprétée sur Rum, Sodomy and the Lash. Pique la baleine, une chanson de mer bien connue, est ici suivie, en guise de final, d’une reprise instrumentale de E Trouz ar Gêr de Denez PRIGENT. Mais la véritable bombe de l’album est cette version vitaminée de A Lorient, sur une musique quelque peu modifiée, où chaque musicien se déchaîne dans un rock celtique jouissif pur jus.
Il est à noter que, malgré le côté rock bien carré, les instruments traditionnels et les voix ne sont jamais noyés par le gros son de la batterie ou de la guitare électrique. Chacun est bien à sa place et respecte ses complices, donnant ainsi à la musique toute son ampleur.
Une fois de plus, on pourra regretter que La Part des ombres ne soit pas produit en Bretagne. On se consolerait néanmoins si cet album bénéficiait d’une distribution digne de ce nom et surtout si YOGAN pouvait trouver sa place dans les grandes festivités celtiques des étés bretons.
Site : www.yogan.net
Didier LeGoff