Karim BAGGILI – Lea & Kash (Homerecords)
Si l’on veut un exemple incontestable de surdoué de la musique, Karim BAGGILI, né en 1976, s’impose mais cependant sans fanfare ni trompette. L’homme est discret, presque effacé, dans les groupes où il officie et même au sein de ses propres musiciens. Il suffit pourtant qu’il prenne en main une guitare ou un oud pour qu’on ressente immédiatement cette différence qui s’appelle le don, cette facilité presque surnaturelle à faire d’un instrument une partie inaliénable de soi.
Tout a commencé pour ce belge d’origine jordano-yougoslave avec un cadeau de sa sœur, un disque de DIRE STRAITS. Karim avait alors 16 ans et sa rencontre virtuelle avec Mark KNOPFLER va bouleverser sa vie. Il achète quelques mois plus tard une guitare électrique et se met à apprendre à jouer de sa six cordes en autodidacte. Puis il découvre le flamenco à 19 ans et entreprend tout seul d’en acquérir les techniques de jeu. Ensuite, c’est le oud qu’il apprend au retour d’un voyage en Jordanie. Et il donne tout de suite dans la perfection. D’ailleurs, c’est très simple, en 2000, il remporte le premier prix de l’Open String Festival d’Osnabrück, en Allemagne. Sa carrière est alors toute tracée. Il commence par composer la musique de plusieurs documentaires et court-métrages puis joue avec la pianiste de jazz Nathalie LORIERS et accompagne sur scène et en studio la chanteuse anglaise Mélanie GABRIEL. Mais sa volonté est aussi de présenter au public sa propre musique.
Il fonde alors son groupe, le KARIM BAGGILI QUARTET, dans lequel il joue des compositions inspirées du flamenco, des rythmes sud américains, de la musique orientale et du jazz. Un album sort de cette formation, Cuatro con Cuatro, parution presque simultanée à un autre album, solo, de Karim BAGGILI, Douar. La presse salue unanimement le talent du musicien et la beauté des albums. Émouvant, envoûtant et sublime sont parmi les adjectifs les plus employés. Et ce n’est pas avec ce nouvel album, Lea & Kash, qu’on va cesser de les utiliser. J’ai eu la chance d’écouter l’opus joué sur scène avant même de pouvoir l’écouter sur disque. Un bonheur total. Karim BAGGILI y fait montre d’une telle facilité qu’il semble à peine jouer. Et pourtant il joue, à la perfection, guitare et oud. Symbiose avec ses musiciens et intimité rare avec le public. Instants magiques que j’ai retrouvé sur le disque d’une musique étonnante et raffinée, novatrice et intemporelle, fraîche et profonde.
Un enchantement que je vous invite à découvrir sans tarder !
Site : www.karimbaggili.be
Label : www.homerecords.be
Frédéric Gerchambeau