Festival Interceltique de Lorient 2010
Partie 2 – Les têtes d'affiche
Tous les ans, c'est le même rituel, lorsqu'au printemps on découvre le programme du Festival Interceltique, la première impression est un sentiment de trop peu. On se demande ou se trouvent les têtes d'affiche et on se creuse la tête pour savoir ce qu'on va bien pouvoir écrire.
Puis quand le Festival est terminé, c'est exactement le contraire qui se produit. On se demande comment on va pouvoir faire pour parler de tout ce que l'on a vu et entendu durant les dix jours.
D’autant plus que l'édition 2010 a réservé quelques bonnes surprises.
Pascal LAMOUR faisait enfin partie de la programmation. Après plusieurs années où il intervenait seulement en tant qu'invité, c'est son propre spectacle qu'il a proposé sur la scène de l'Espace Bretagne.
Conviés à quelques semaines seulement du démarrage, les lorientais d'ARMENS ont effectué leur grand retour en assurant la première partie des CRANBERRIES.
Mais le choix le plus difficile a eu lieu le soir de la grande soirée de la Bretagne avec Alan STIVELL. Etaient programmés au même moment, Roland BECKER, N'DIALE (Jacky MOLARD QUARTET & la chanteuse malienne Foune DIARRA accompagnée de ses deux musiciens) ainsi que GWENDAL qui opérait également son grand retour.
C'est le problème à Lorient, on ne peut pas se multiplier.
THE CRANBERRIES
Absents des scènes et des bacs depuis plusieurs années, les CRANBERRIES se sont reformés en 2010 et ont entamé une tournée, qui après un premier passage en Bretagne à Rennes au mois de juin, s'est arrêté à Lorient pour lancer le Festival Interceltique.
Certes, on ne peut pas parler de musique celtique à propos des CRANBERRIES. Malgré tout, le groupe est irlandais et il représente également une ouverture vers d'autres genres que le FIL affectionne. De plus, pour le quarantième anniversaire, les organisateurs voulait frapper fort en conviant une grosse pointure musicale dès le premier soir.
Les musiciens se produisaient dans l'enceinte du chantier de réparations navales qui constitue un environnement industriel inédit et singulier pour un concert de ce genre. Le public était présent en nombre (neuf mille personnes) pour ce qui est un évènement car les grosses pointures du rock ne sont pas nombreuses à se produire à Lorient.
Hélas, le concert ne fut pas à la hauteur des espérances. Tout d’abord, la scène était trop petite et les spectateurs trop éloignés ne devaient pas voir grande chose. Ensuite, le groupe s'est contenté d'aligner les titres, dont les gros tubes (Just my imagination, Ode to the family, Salvation) parmi lesquels on retrouvait évidement le plus attendu, Zombies. La chanteuse Dolores O'RIORDA n’avait pas besoin de forcer, le public était de toutes façons conquis d’avance. Puis au bout d'une heure et demie de spectacle, le rideau est tombé.
C'est souvent le risque avec ce genre de concerts, les musiciens ne s'adaptent pas au lieu dans lequel ils jouent, ni aux raisons pour lesquels ils ont été invités. Les CRANBERRIES ne se sont sans doute pas rendu compte qu'ils jouaient dans un festival celtique. C'est bien dommage !
CD : Live 2010
Site : www.cranberries.com
HIKS
Nous les avions découverts en 2007 alors qu’ils se produisaient dans le cadre du Off. L’année suivante paraissait leur premier album qui allait faire sursauter nombres de talibans traditionnalistes, mais qui allait assoir la réputation du groupe et le faire entrer dans la programmation officielle du Festival. En prélude à la sortie du second opus, HIKS est revenu cette année. Seul changement dans la composition du combo, l’arrivée de Stéphane DE VITO à la basse. Ce dernier n’est pas un inconnu car il fut, durant les années 90, membre des mythiques AR RE YAOUANK.
Là encore, il était difficile de classer la musique de HIKS dans une catégorie bien précise. Si l’essence était bien bretonne, l’habillage était lui plus proche de l’électro-rock, voire par moments du métal (mais sans chercher à faire exploser les tympans). La bombarde et le violon restaient audibles face à la guitare électrique et aux programmations. Si le fest-noz demeure le domaine de prédilection des musiciens, avec l’ambition de faire danser, il fallait malgré tout reconnaitre que l’évolution de la musique se rapprochait quand même d’une formule de concerts.
HIKS appartient à cette famille de groupes qui, avec PLANTEC ou DIGRESK, puise dans les sonorités d’aujourd’hui pour faire avancer la tradition.
CD : Fig.2
Site : www.myspace.com/hiksdrumnbreizh
GILLES SERVAT
On n'avait pas vu Gilles SERVAT en concert en tant que tête d'affiche au Festival depuis 2004. L'artiste fait cependant parti des piliers qui était déjà présent dès la première édition et qui s'y sont régulièrement produit ensuite. Cette année, en l'honneur des quarante ans, Gilles célébrait quatre décennies d'Interceltisme.
Le concert a débuté par Les joues de Lorient, une chanson méconnue, mais de circonstance, extraite de l’album produit en collaboration avec le groupe TRISKELL, l'Albatros fou. Accompagné de ses fidèles et talentueux musiciens parmi lesquels s'ajoutaient cette fois un flûtiste et un bouzoukiste, ainsi que des sonneurs du BAGAD DE LOKOAL MENDON, Gilles a ensuite enchainé avec de nombreux titres ayant jalonnés sa carrière. Le barde n’a pas omis d’évoquer que beaucoup de choses s’étaient passées pour la langue bretonne depuis ses débuts (Tregont vle zo). Il a aussi rendu hommage à Polig MONTJARRET, dans Le général des binious, en rappelant que sans lui et son travail de recherche, rien n'aura pu avoir lieu. Rianxena, une chanson reprise dans le dernier album studio, a elle apporté des couleurs galiciennes au concert
Nous avons également pu découvrir de nouvelles chansons, comme Le cul cousu d'or, adaptation du traditionnel irlandais The Wild Rover, ou encore un titre célébrant les mineurs gallois ayant aidé leurs homologues gallois durant la guerre d'Espagne. Tous deux devraient figurer sur le prochain album de l’artiste à paraitre en 2011. Un andro célébrant le Festival, avec ces paroles superbes au sujet des peuples celtes “Nous étions cousins éloignés, maintenant nous sommes devenus frères” y trouvera aussi sa place. Gilles a quelques peu raillé l'hymne celte, Amazing grace, en rappelant qu'il s'agissait d'un cantique, et a ensuite enchainé avec un autre hymne, Auld lang syne (plus connu sous le titre Ce n'est qu'un au revoir) en demandant au public de l'interpréter dans la langue qu'il voulait.
Gilles a tenu à interpréter l'hymne breton, Bro gozh ma Zadou, aussitôt suivi de l'Internationale en version instrumentale repris en chœur par l'assistance. Un peu de provocation saine, voire d'engagement, n'a jamais fait de mal.
Du haut de ses quarante ans de carrière, Gilles SERVAT a toujours le verbe haut et était en très grande forme pour ce concert qui restera comme l’un des grands moments de cette édition.
CD : 40 ans de succès
Sites : http://gilleservat.unblog.fr
www.myspace.com/fanclubdegillesservat
ALAN STIVELL
Neuf ans après sa dernière participation au FIL, Alan STIVELL célébrait son retour en tant que tête d'affiche de la grande soirée de la Bretagne. Quoi de plus logique que d'inviter celui sans qui ni la musique bretonne, ni le Festival Interceltique ne seraient ce qu'ils sont aujourd'hui. Dès la première édition en 1971, le harpiste était de la partie.
Les deux derniers albums ayant laissé de nombreux fans sceptiques, on pouvait se demander ce qu'Alan allait nous réserver. Il faut reconnaitre qu'une fois de plus, il a réussi à nous bluffer.
Accompagné par des musiciens de haut niveau (guitares, basse, batterie, claviers et l'ex-TRI YANN Loumi SEVENO au violon), Alan a livré un show d'une grande qualité.
Les titres du dernier CD, Emerald, ont pris une autre envergure (Marivonig). Même un morceau comme Brittany's, dont les paroles laissent à désirer, passait très bien sur scène. Il en est de même pour Miz tu et Te, de l'album électro Explore, qui laissaient dubitatifs au départ et qui là étaient d'une autre ampleur. Aux titres rock (Brezhoneg raok, Goadeg rock, Tamm ha Tamm) succédaient des morceaux plus calmes comme Brian Boru ou Mc Crimon, avec l'ENSEMBLE CHORAL DU BOUT DU MONDE. Les incontournables Suite Sudarmoricaine et Tri Martolod (avec un final en version rap) n'ont bien évidemment pas été oubliés.
Pour terminer, Alan a été rejoint par le Bagad de Lorient, SONERIEN AN ORIANT, et l'ENSEMBLE CHORAL DU BOUT DU MONDE pour une interprétation de l'hymne breton, Bro gozh ma Zadou, qui donnait carrément le frisson. Espérons qu'un DVD ou un CD de ce concert puissent voir le jour,
A soixante-six ans passés, Alan STIVELL a prouvé au public et aux critiques qu'il était toujours capable de surprendre et qu'il faudra encore compter avec lui.
CD : Emerald
Sites : www.alan-stivell.com
www.myspace.com/alanstivell
DAN AR BRAZ
Voici le genre même de concert qui a manqué sa cible initiale et qui au final a enchanté le public présent. Se tenant dans l’après midi, au Palais des congrès, le spectacle était annoncé “Concert pour les Celtes en devenir”. Mais le public a surtout retenu le nom de Dan AR BRAZ et beaucoup s'attendaient à une sorte de mini-Héritage des Celtes. Quelle ne fut pas leur surprise quand au côté du guitariste est apparue Clarisse LAVANANT entonnant les paroles de Frère Jacques. L'essentiel du concert tournait du reste autour du dernier album en commun du duo, Comptines Celtiques et d'ailleurs.
Ce sont donc des chansons à la base enfantines (A la claire fontaine, Bonne nuit les petits, Il était un petit homme, Le chant du meunier, Jean petit qui danse) qui étaient au programme. L'Héritage des Celtes n'était cependant pas absent puisqu'on a pu entendre, chantée par Clarisse, une reprise de Diwanit Bugale, une des chansons emblématiques qui s’adressaient aux enfants
On ne retrouvait par contre pas d’instruments traditionnels. Outre Dan à la guitare et Clarisse au chant, l'orchestration était basique (basse, batterie, claviers et saxophone, en l’occurrence Bernard LE DREAU qui officie habituellement avec SKOLVAN).
S'il y avait plus de cheveux gris que de têtes blondes dans l'assemblée, les spectateurs ont énormément apprécié et le duo d'interprètes a été couvert de louanges après le concert alors qu'ils se prêtaient volontiers au jeu des dédicaces.
CD : Comptines celtiques et d’ailleurs
Site : www.myspace.com/danarbraz
LLAN DE CUBEL
Depuis plus d'un quart de siècle, LLAN DE CUBEL est un des groupes emblématiques du folk en Asturies et il a grandement participé à sa reconnaissance. A l'époque, le renouveau de la musique celtique en était à ses balbutiements et LLAN DE CUBEL a effectué un travail de collectage d’airs traditionnels et s'est également mis à composer. Sa première participation au FIL remonte à 1987, l’année de l’arrivée des Asturies dans la grande famille interceltique. Depuis, le groupe s’est produit à plusieurs reprises, et n’était pas venu depuis 2005. LLAN DE CUBEL peut être décrit comme les CHIEFTAINS asturiens. L’instrumentation est quasi essentiellement acoustique (guitare, bouzouki, violon, flûte, gaïta et percussions auxquels s’ajoute le chant). Seules quelques nappes de claviers peuvent venir troubler l’ensemble.
Pour leur retour à Lorient, LLAN DE CUBEL n’a pas failli à sa réputation. Les musiciens envoyaient comme on dit familièrement.
Par contre, du point de vue des enregistrements, les asturiens sont nettement plus discrets. Seulement cinq albums sont parus en vingt-cinq ans et le dernier en date est sorti en 1999. Fort heureusement, un nouveau est annoncé pour 2011.
CD : Un tiempu meyor
Site : www.llandecubel.com
SPONTUS
SPONTUS signifie effrayant, mais ces korrigans-là n’ont rien de méchant. Originaire de la région d’Auray (56), les membres du groupe se sont rencontrés durant leur scolarité. Depuis 1996, avec les cinq même musiciens, SPONTUS a écumé les festou-noz en Bretagne, et s’est exporté au-delà des frontières de sa région (France, mais aussi plusieurs pays européens).
Depuis peu, le combo se retrouve sous la forme d‘un quatuor (violon, contrebasse, guitare, accordéon), suite au départ du joueur de biniou qui ne sera finalement pas remplacé.
Cela a obligé les musiciens à réarranger les morceaux pour les adapter à la nouvelle physionomie du groupe. Leur répertoire est exclusivement consacré à la danse (plinn, rond de Saint-Vincent, rond de Loudéac, pilé menu, riqueniée) en évitant les gavottes ou andro.
SPONTUS peut aussi se traduire pas terrible et quand on les voit jouer, on peut constater qu’ils le sont clairement.
CD : Spontus
Sites : www.spontus.fr
www.myspace.com/spontus
CORQUIEU
CORQUIEU existe depuis treize ans et fait partie de cette génération de groupes apparus dans les années 90 pour lesquels étaient fondé énormément d’espoirs. Le moins que l’on puisse dire est que CORQUIEU n’a cessé de prouvé depuis que ces attentes étaient parfaitement construites. Fort de trois albums qu’il a pris le temps de construire (2001, 2005 et 2010), le groupe a une nouvelle fois prouvé qu’il fallait compter avec eux.
Les sept membres (chant, bouzouki, guitare acoustique, flûte, gaïta, violon, percussions) ont ravi un public venu les découvrir ou les revoir. Entre titres entraînants (les fameuses muneires) ou plus mélancoliques, les musiciens faisaient preuve de talent sans chercher à tomber dans la démonstration. Les cordes s’accordaient aux instruments à vent. La voix de Gema GARCIA était magnifique et donnait par moments, lorsque qu’elle était seulement accompagnée par la guitare, la chair de poule.
Il n’y avait pas d’effets tapageurs dans la musique de CORQUIEU, mais simplement la volonté de faire découvrir le folk asturien qu’il soit traditionnel ou de composition récente. CORQUIEU fait vraiment partie de ces groupes qui mériteraient une plus grande médiatisation.
CD : Suaña
Sites : www.corquieu.com
www.myspace.com/corquieu
PAVILLON ACADIEN
En 2009, en raison de la crise financière, du congrès mondial acadien qui ce déroulait en même temps que le FIL, et d'un changement géographique qui l'avait propulsé près des jardins Jules FERRY à proximité du Off, le Pavillon acadien n’avait pas connu la même affluence que les années précédentes. Cette fois, il occupait la place dévolue auparavant au pavillon du pays invité, qui était un lieu de passage incontournable entre le marché celtique et le palais des congrès. Tout cela expliquait la forte fréquentation dont a bénéficié à nouveau cette année le Pavillon. S’y ajoutait également, une programmation riche et variée On a ainsi pu retrouver, après un an d’absence, la petite fiancée du Festival, Dominique DUPUIS, dont le charme et le talent captivaient toujours autant.
Le groupe LA VIREE est venu présenter son nouveau CD, un mini-album enregistré spécialement pour le Festival, dont le titre, Levons nos verres, est déjà tout un programme. Ce disque contient une reprise du traditionnel irlandais, Mna Na Heireann, déclinée en version chantée d’après l’adaptation que RENAUD en avait faite, et ensuite en version instrumentale. La musique de LA VIREE s’est également électrifiée, proposant désormais un folk-rock de bonne facture.
CD : Levons nos verres
Site : www.laviree.com
Mais 2010 aura surtout vu le retour à Lorient des québeco-acadiens de SUROIT que l’on n’avait pas vus depuis quatre ans. Le quatuor venait défendre son nouvel album paru l’an dernier, Mi-carême. SUROIT avait littéralement cassé la baraque en 2004 lors de l’année de l’Acadie. Le public qui le retrouvait et celui qui le découvrait lui ont à nouveau réservé un accueil triomphal. Le Pavillon affichait complet à chaque représentation. SUROIT pouvait distiller son folk-rock d’influence québécoises et acadiennes matinées de sonorités celtiques devant un parterre conquis.
CD : Mi-carême
Site : www.suroit.mu
SKOLVAN
En avril 2010 est paru le nouveau CD de SKOLVAN. Si on excepte l’album enregistré en public, Live in Italia, sorti en 2004, cela faisait exactement dix ans que le groupe n’avait pas proposé de nouvel enregistrement. Il faut dire que les musiciens ont d’autres activités en parallèle.
Depuis sa création en 1984, SKOLVAN a connu plusieurs changements de personnel et avec le départ de son percussionniste, Dominique MOLARD en 2007, il se retrouve désormais sous la forme d’un quatuor. Youenn LE BIHAN (piston) et Gilles LE BIGOT (guitare) assurent la continuité et sont complétés par Bernard LE DREAU (saxophone) et Régis HUIBAN (accordéon chromatique).
SKOLVAN s’est produit à deux reprises durant le FIL. Sa première prestation a eu lieu au sein de l’Espace Bretagne et était dédiée au fest-noz, dont la formation est devenue un des piliers. Les danses se succédaient (ronds de Loudéac, gavottes, ronds de St Vincent) pour le plus grand plaisir des oreilles et des pieds. La deuxième fois, le groupe s’est produit, durant la Nuit du port de pêche, sous la forme du SKOLVAN BIG BAND avec une section cuivre (saxophone, trombone, trompette). S’il était toujours question de danses, la formule était ici plus proche du concert et la musique pouvait tout aussi bien s’apprécier simplement à l’écoute.
Grace à la qualité de ses membres, qui plus est dialoguaient volontiers avec le public, et des interprétations sans failles, SKOLVAN n’a, une de fois plus, pas failli à sa réputation.
CD : C’hoari pevar
Site : www.myspace.com/skolvan
THE MOLLAG BAND
Les groupes de l'Ile de Man ne sont pas nombreux à faire le déplacement jusque Lorient. Ce petit bout de terre située ente la Grande Bretagne et l’Irlande possède néanmoins quelques artistes que l’on a pu découvrir grâce au FIL. Les membres de THE MOLLAG BAND sont de ceux-là. Le groupe existe depuis vingt et un ans et participait à son troisième Festival, après être venu pour le vingt-cinquième et le trentième. Avec humour, les musiciens envisageaient de revenir pour le quarante-cinquième.
La formation comprend sept membres, quatre hommes et trois femmes (deux flûtes, violon, guitare, basse, percussions et harpe). Leurs chansons, en anglais ou en gaélique mannois, traitent particulièrement de thème de sociétés (politique, écologie) mais aussi d’amour et sont en grande partie des compositions.
THE MOLLAG BAND est un groupe discret. Il ne dispose pas d’un site internet ou d’un myspace et il ne vampirise pas non plus les bacs des disquaires. Un mini-album est cependant paru cette année en prélude au passage du groupe à Lorient.
CD : An Oriant 2010
Contact : gregjoughi@manx.net
MILLADOIRO
MILLADOIRO fait partie des dinosaures de la musique galicienne et a activement participé au renouveau de cette dernière depuis plus de trente ans. En 2009, il était surprenant que le groupe ne soit pas venu alors que la Galice était l'invité d'honneur du Festival. Un an plus tard, l'injustice est donc réparée.
MILLADOIRO est à la Galice ce que les CHIEFTAINS sont à l'Irlande. Ils ont inspiré une large part de la scène folk actuelle de Galice. Ils ont connus plusieurs changements de membres durant leurs trois décennies de carrière. Cela faisait longtemps que le groupe n'était pas venu à Lorient. Il s'agissait donc de retrouvailles pour ceux qui les avaient connus au début des années 80, mais aussi d'une découverte pour une grande part du public.
Les sept musiciens dont plusieurs sont multi-instrumentistes (guitare, mandoline, bouzouki, claviers, gaïta, uillean pipes, flûtes, accordéon, percussions) n’ont pas failli à leur renommée et ont livré un spectacle de grande qualité. On pouvait peut être leur reprocher d'être trop appliqués et de ne pas suffisamment se lâcher par trop de retenue. Mais il ne fallait surtout pas bouder son plaisir de réentendre enfin un des groupes majeurs de la scène celtique tout court.
CD : A quinta das lagrimas
Site : www.milladoiro.com
PLANETE CELTIQUE
Le Festival Interceltique a toujours mis un point d'honneur à proposer chaque année des créations. Cette année, pour célébrer de belle manière la quarantième édition, c'est au chef d'orchestre du Lorient Big Band, l'orchestre de jazz de la cité morbihannaise, Didier ROPERS qu'a été commandée une œuvre symphonique.
Le spectacle était divisé en deux temps. Durant la première partie, l'orchestre a interprété les grandes lignes d'une autre création, The Pilgrim de Shaun DAVEY. Ce reste un plaisir de réentendre ces titres à Lorient, d’autant plus que le final, A Ghrian, donnait toujours autant le frisson.
Après l’entracte, place à la création proprement dite. Le but de Didier ROPERS était de mettre à l’honneur la musique celtique en s’inspirant d’autres sources (Brésil, Cuba, jazz).
Le pari n’était qu’à moitié réussi. Certains spectateurs ont trouvé que la musique tirait trop vers le jazz, et n’était par conséquent pas assez traditionnelle. Certains titres étaient parfois un peu longs avec des mélodies pas toujours accrocheuses. Le tout manquait quelque peu de consistance tant sur le plan artistique que sur le plan de la durée. Interpréter trois fois La Gavotte Samba était bien sympathique, mais un peu lassant à la longue.
A la décharge du compositeur, il faut reconnaitre qu’il s’agissait d’une première et qu’aucun CD n’est encore paru. L’œuvre est donc encore en rodage. La présence d’un Bagad apporterait peut-être plus d’ampleur et contrebalancerait la trop grande présence des cuivres. Il ne fallait donc pas être trop sévère avec Didier ROPERS, d’autant plus que l’interprétation, elle, ne souffrait d’aucune contestation. Les musiciens étaient irréprochables.
Reprogrammer le spectacle Planète Celtique remanié serait donc une bonne initiative.
IWAN B
On avait découvert IWAN B en 2008 alors que le jeune musicien commençait à se faire connaitre en Bretagne. Il avait à l’époque pour seule carte de visite une simple démo, mais il avait réussi à se faire remarquer par l’originalité de son concept, faire du rap chanté en langue bretonne.
Depuis, les choses ont évolué. IWAN s’est construit un répertoire dont la sortie du premier album La Quête/Ar C’hlask au printemps 2010 a marqué l’aboutissement. Ce CD a été dans l’ensemble bien accueilli, même si beaucoup lui ont reproché de partir un peu dans tous les sens. Il est vrai que le rap n’est plus dominant et le breton n’est plus désormais la seule langue utilisée. Mais IWAN ne prétend pas être un rappeur et il définie plutôt sa musique comme de la musique contemporaine d’essence bretonne et celtique. Son album n’est pas si éparpillé que cela et si l’on veut bien faire l’effort de l’écouter entièrement, on se rend compte qu’il contient plusieurs tubes potentiels, si les radios voulaient bien jouer leur rôle de découvreurs.
Lors de son concert donné durant la nuit du Port, on a justement pu en avoir un aperçu. Avec son groupe (guitare, basse, batterie, violon, piano), IWAN est passé du rock (Bagad à Bagdad avec ses intonations rappelant Kashmir de LED ZEPPELIN) au rap (Ma douare) en passant par la chanson (Je reviens vers toi). Le message est parfois naïf, mais l’ensemble se tient parfaitement.
Les médias bretons rappellent régulièrement qu’il n’y a pas de relève. La relève est pourtant bien là. IWAN B pourrait bien (avec Cécile CORBEL) prendre la tête de cette nouvelle génération de musiciens bretons qui apparait. Le Festival Interceltique, au lieu de critiquer sans retenue, a su programmer le jeune homme. Espérons qu’on le retrouvera dans les prochaines années.
CD : La quête
Site : www.iwanb.com
www.myspace.com/iwanb
CECILE CORBEL
Avec IWAN B, Cécile CORBEL représente l’avenir de la musique bretonne et celtique. Après avoir participé au Off et au vu de sa notoriété grandissante, il paraissait logique que la jeune harpiste soit enfin conviée à entrer dans la grande famille du FIL.
Son concert en tant que tête d’affiche de la soirée de la harpe fut un des moments forts de cette édition. Simplement accompagnée de son guitariste et de son bassiste, telle une fée, Cécile nous a, de sa voix susurrante, fait entrer dans son univers. Les titres extraits de ses deux albums Songbook 1 & 2 nous ont fait voyager dans un monde mythologique dans lequel on entre sans manifester d’oppositions. Cerise sur le gâteau, la jeune femme, nous a proposé un extrait de son futur album, Arrietty’s Song. Ce titre n’est autre que la chanson du prochain dessin animé des célèbres studios japonais GHIBLI dont Cécile a composé la bande originale. A défaut d'être vraiment reconnue en France, la harpiste bénéficie déjà d’une certaine notoriété au Japon.
On peut parier sans risque qu’on entendra de plus en plus parler de Cécile CORBEL dans les années qui viennent.
CD : Le Coffret
Sites : www.cecile-corbel.com
www.myspace.com/cecilecorbel
LOENED FALL
Depuis ses débuts en 1996, LOENED FALL (les mauvaises bêtes) est devenu un des fleurons des festou-noz. La formule n’a surtout pas bougé et les cinq membres de départ sont toujours là aujourd’hui. En fait, le groupe est constitué de deux entités, un couple de chanteurs de kan ha diskan (chant à répondre), Marthe VASSALO et Ronan GUEBLEZ, auxquels se joignent trois musiciens, Marc THOUENON à la guitare, Hervé BERTHO au violon et Sabine LE COADOU à la bombarde.
Aucune de ces deux entités ne cherchent à prendre le dessus sur l’autre, et l’ensemble fonctionne en toute harmonie. Les voix sont bien mises en avant, mais elles savent passer le relai aux instruments (car il faut savoir reprendre son souffle). La danse (gavottes, suite plinn, fisel) est la fonction première de LOENED FALL, les titres à danser sont donc nombreux. Cependant, on peut rencontrer de temps en temps une gwerz (complainte), ce qui fait que le répertoire du groupe peut tout aussi bien s’écouter.
CD : Diwar logodenn' vez ket razh
Site : www.an-naer.com/content/loened-fall
SOLDAT LOUIS
La dernière fois que nous avions vu SOLDAT LOUIS, c’était en 2008 à l’occasion de la célébration de ses 20 ans. Ce concert fut si exceptionnel qu’on se demande encore pourquoi ce n’est pas lui qui a été gravé sur CD et DVD en lieu et place du concert du Festival de Poupet, en Vendée.
Pour cette année de la Bretagne, il paraissait logique de convier une nouvelle fois la formation lorientaise. En premier lieu déjà, elle jouait à domicile et ensuite, elle fut une des rares à être médiatisées dans les années 80, au point d’être devenu aujourd’hui également une sorte de dinosaure de la musique bretonne. Qui plus est, SOLDAT LOUIS était la dernière grosse tête d’affiche à se produire dans cette 40e édition.
Hélas, le spectacle ne fut pas à la hauteur des espérances et il a inspiré un sentiment de déjà vu.
Certes, les musiciens étaient en grande forme et ils ont livré un show tout ce qu’il y a de plus correct. Seulement, ils se sont contentés de reproduire en (très) grande partie le concert de 2008 (il ne manquait que les danseurs du cercle celtique de Quimperlé) et le CD de la tournée paru fin 2009.
Cela a bien sur permis de réentendre les principaux succès du groupe et il y en a (Tirer des caisses, Savannah, Martiniquaises, Femmes de légendes, Survivre en Ennemis, Pavillon noir, Tonton Louis ainsi que les 2 instrumentaux, Bow Lane et Soldat Louis), mais on aurait aimé découvrir quelques inédits, sachant qu’un nouvel album est attendu pour le printemps prochain.
Le BAGAD DE LANN-BIHOUE était de la partie, ainsi que, et ce fut (quand même) une des surprises de la soirée, Clarisse LAVANANT. Cette dernière est intervenue au chant sur Bobby Sands, et sur ce qui est le clou de la soirée auquel on ne s’attendait pas, l’interprétation de l’hymne breton, Bro gozh ma Zadou. C’était la première fois que SOLDAT LOUIS chantais en breton.
Cela ne suffisait cependant pas à masquer un manque de renouvellement dont SOLDAT LOUIS est coutumier car ce n’était pas la première fois que cela se produisait.
CD : Happy…bordée 20 ans
Sites : www.soldatlouis.org
www.myspace.com/soldatlouisenvrai
Didier le Goff