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ARTICLES et PHOTOS > ARTICLES > YEKE YEKE - 22 avril 2011 au Printemps de Bourges

YEKE YEKE - 22 avril 2011 au Printemps de Bourges

Publié par ethnotempos le 27-Jun-2011 15:40 (658 lectures)

YEKE YEKE


22 avril 2011 – Printemps de Bourges

Pour sa création 2011, le Printemps de Bourges a eu la bonne idée de demander à quelques grandes voix africaines d’interpréter quelques tubes hexagonaux et à de jeunes artistes occidentaux d’adapter des chansons venues de l’autre continent.

Un hommage à double sens et un choix suggéré indirectement au programmateur du festival Thierry LANGLOIS par Salif KEITA. Le chanteur malien racontant dans une émission musicale à la télévision combien il avait été marqué par la chanson française… au point de réaliser un album (Sosie) en 1997 entièrement dédié à ce répertoire.

Le concert intitulé ainsi en référence à la célèbre chanson de Mory KANTÉ aura demandé un an de gestation et un important effort financier.

Étrangement, il n’y a eu qu’une seule représentation et dans une salle d’une capacité minime de 500 places. Pour cette raison sans doute, le concert affichait complet presque un mois à l’avance.

Réunis par la SACEM et le printemps de Bourges, les guitaristes Seb MARTEL et Nicolas REPAC avaient invités autour d’eux quelques pointures comme le Malien Lansiné KOUYATÉ (balafon), le réunionnais Johann BERBY (basse), le français Patrick GOAGER (batterie, percussions) et le génial Aly WAGUÉ à la flûte peul.

En toute logique, c’est Mory KANTÉ qui ouvrait le bal avec Pars, une chanson de son ami HIGELIN. (On oublie souvent que le grand Jacques fut dans les années 1980/90 un passeur des musiques du continent africain en invitant régulièrement des artistes de ces pays à participer à ces spectacles.)

Ce fut ensuite au tour du Burkinabe Victor DÉMÉ de nous jouer Aline de Christophe (puis plus tard Des laids des laids, de Serge GAINSBOURG) avant de laisser la place à la Malienne Mamani KEITA (Andy des RITA MITSOUKO) puis à Vieux Farka TOURE (Comme un avion sans aile de Charlélie COUTURE).

Premier chanteur européen à entrer dans l’arène, Piers FACCINI avait choisi d’interpréter seul avec sa guitare Santa Marya, du malien Boubacar TRAORÉ.

La jeune Capverdienne francophone Mayra ANDRADE nous servira un très réussi Comme un boomerang (Serge GAINSBOURG) avant d’être rejointe par Yaêl NAIM et David DONATIEN pour un Petit pays de son aînée Cesaria EVORA. La chanteuse israélienne se promènera seule sur le Folon de Salif KEITA avant que le chanteur/percussionniste Cheikh LÔ arrive sur scène pour reprendre le tube Comme d’habitude.

Toute les artistes reviendront ensemble pour un Yeke Yeke final autour de Mory KANTÉ à la kora.

Si le choix des chansons peut en étonner plus d’un, c’est oublier que la chanson française a eu une immense influence sur de nombreux artistes du continent noir, mais que seuls les tubes étaient entendus jusqu’aux villages les plus éloignés. Pour Cheikh LÔ : «Dans les années 60, on commençait à nous balancer ces musiques françaises. Il y avait des journaux comme Salut les copains et donc on était un petit peu « branché ».

Ceci expliquant cela, chaque artiste avait aussi ses propres raisons de choisir tel ou tel titre. Tous s’en expliquaient d’ailleurs pendant la conférence de presse précédant le concert :

«J’ai choisi d’interpréter Aline de Christophe » rigole Victor DÉMÉ « parce que j'ai le même problème que lui ; une fois qu'on a perdu son amour, on a envie qu'il revienne ! ».

« J’aime beaucoup Comme un avion sans aile de Charlélie COUTURE explique Vieux Farka TOURE « La composition est proche de ma musique...et le titre me fait rire » !

Pour Piers FACCINI, interpréter un titre de Boubacar TRAORE ne relève pas du hasard : « Sa musique m’a profondément influencée. A 18 ans, c’était pour moi comme une porte qui s’ouvrait. J’ai pour son œuvre beaucoup d’amour, de la même façon que lorsque j’écoute les vieux bluesmen du Mississippi ».

Et les musiciens dans tout ça ? Sébastien MARTEL : « Jouer un morceau comme Comme d'habitude au balafon ce n'est pas instinctif. Cela a demandé énormément de travail au musicien pour mémoriser les mouvements ».

Au bout du compte, on aura eu un concert imparfait certes (seulement quelques jours de répétitions !) mais une sacrée équipe, une ambiance bon enfant et l’envie de voir la création évoluer et voyager, pourquoi pas jusqu’en Afrique !

Frantz-Minh Raimbourg





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