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Festival des Musiques et Danses Traditionnelles de Ris Orangis 2002

Publié par ethnotempos sur 18/10/2007 (730 lectures)




Festival-Ris-2002



Festival des Musiques et Danses Traditionnelles

de Ris-Orangis 2002



Le 25 mai 2002, le parc du Lac de Courcouronnes en région parisienne (Essonne), accueillait pour sa 27e édition le Festival des musiques et danses traditionnelles organisé par la MJC de Ris-Orangis. Cette dernière, également Centre des musiques traditionnelles en Ile-de-France, propose des ateliers et stages d’instruments et de danses traditionnelles, organise des concerts, des bals, et collabore aussi à de nombreuses manifestations, notamment le Festival Planètes Musiques de la FAMDT (Fédération des associations de musiques et danses traditionnelles) ou les Rencontres du violon traditionnel en Ile-de-France.


Le Festival des musiques et danses traditionnelles accueille chaque année plus d’une vingtaine d’ensembles musicaux traditionnels originaires des cinq continents, les concerts et bals étant articulés autour de quatre scènes situées dans le parc.


Les manifestations ayant lieu toute la journée (jusqu’à 1h, voire 2h du matin) en même temps sur chacun des quatre lieux, il est aisé de passer de l’un à l’autre pour découvrir ou réentendre des artistes. Mais, si l’on se laisse prendre par l’ambiance d’un concert, ce qui est souvent le cas, il faut également savoir faire des choix, dictés par le hasard des découvertes et de la promenade. Et c’est notre «ballade» du 25 mai dernier que nous allons vous faire partager ici.


C’est avec le PATRICK BOUFFARD TRANSEPT «transe à sept», que nous avons commencé. Ce groupe, originaire de Centre-France, met en valeur l’idée que les musiques traditionnelles du Centre auraient été nourries par d’autres cultures, par une instrumentation variée, allant de la vielle à roue à l’accordéon diatonique, la cornemuse, en passant par la guitare et la basse, le trombone, ainsi que le oud et les percussions. Puis nous avons fait un passage vers la musique des Balkans, avec le groupe BOUKOVO, provinciaux qui ont effectué de nombreux voyages afin de collecter sur place des airs à danser qu’ils nous ont interprétés avec Neno KOYTCHEV, accordéoniste bulgare virtuose, avant de découvrir les Irlandais du EMER MAYOCK BAND, avec, autour de la flûtiste et joueuse de uillean pipe (qui a accompagné notamment AFRO CELT SOUND SYSTEM), Donal SIGGINS à la guitare et au bouzouki et Robert HARRIS aux percussions.


Mais la surprise de cette année, comme aime à nous en proposer le Festival, fût sans aucun doute KOYI BAAT NAHI, rencontre entre deux musiciens du Poitou, Robert THEBAUT (guitare acoustique, violon) et Benoît GUERBIGNY (accordéon, sax), et le PASTORAL BALOUCHI GROUP (rubab, dhol, benjo, tempura) originaire du Balouchistan, province du Pakistan, venus accompagnés de deux danseurs traditionnels de leur région. Le spectacle fut certainement l’un des plus passionnants et intéressants qu’il nous ait été donné de voir, deux musiques traditionnelles venues chacune d’un bout du monde, prouvant que les cultures ne sont pas si éloignées qu’on voudrait bien nous le faire croire, et que leurs mariages peuvent engendrer de beaux métissages (voir article en p. 7).


Nous continons notre ballade musicale avec le QUINTET DANYEL WARO, qui a provoqué une transe incontrôlable du public avec les rythmes du maloya, musique traditionnelle de l’Ile de la Réunion, longtemps interdite par les colons, et   heureusement ressuscitée par des artistes tels que Firmin VIRY et Danyel WARO dans les années 70. Après ce «festin» de percussions, nous sommes allés goûter aux superbes mélodies de l’ENSEMBLE KABOUL, qui offrait une magnifique représentation de la diversité musicale de ce pays multi-ethnique qu’est l’Afghanistan, mêlant le rubab et la flûte tulak aux santour et  tablas (un peu à l’étroit sous un petit chapiteau mais néanmoins magique) ; avant de revenir à la danse avec le TRIO BROU-HAMON-QUIMBERT, qui fit danser le public jusqu’à l’épuisement avec des chants a capella de Haute-Bretagne, et le groupe antillais T’PEYI, dont les tambours gwo-ka ont résonné tard dans la nuit, accompagnés par des chœurs et une flûte, et bien sûr de nombreux danseurs. La soirée s’est achevée avec les Touaregs du Niger, TAFLAWIST, qui entamait à près d’une heure du matin des poésies, suivies de chants traditionnels, puis plus modernes accompagnés à la guitare acoustique, et d’impressionnantes danses qui achevèrent en beauté ce festival dont la diversité et la richesse musicales enchantent.


Le Festival accueillait aussi SVART KAFFE (Suède), le CHANGUI DE GUANTANAMO (Cuba),  les duos BERTRAND et MISS’TER (Vendée), LES COSTAUDS DE LA LUNE (Auvergne), le TRIO MAMOUCHKA (Russie), Vincent BLIN & Pierre BONJOUR («old-time»), ALLAH MAN KONO & KIAKALIA DIARRA (Burkina Faso), le TRIO ABDELATIF EL MAKHSOUMI (Gnawas de Marrakech), LE VALLEGANT-LEFEBVRE (Basse-Bretagne), Mary MAC NAMARA (Irlande), LA POINTE AU PIC (Québec), l’ENSEMBLE KE WEN (Chine), des associations, des labels, ainsi que LE SOUFFLE DES PEAUX (village de la percussion) et la «Symphonie minérale et végétale» du poète et percussionniste Emmanuel DILHAC.


Article et photos : Sylvie Hamon


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Ethnotempos n° 11 d'octobre 2002

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