S'enregistrer| Se connecter
Recherche
 
 
Connexion
Identifiant :

Mot de passe :

Se souvenir de moi



Mot de passe perdu ?

Inscrivez-vous !
Menu principal
Participez
Newsletter

Partenaires
Qui est en ligne
8 Personne(s) en ligne (6 Personne(s) connectée(s) sur ARTICLES et PHOTOS)

Utilisateur(s): 0
Invité(s): 8

Plus ...
Thèmes

(4 thèmes)
Stats Compteur
Bienvenue
cher visiteur

Il y a déjà :



visiteurs qui ont visité ce site
Membres
 
 
ARTICLES et PHOTOS > ARTICLES > GARGOUILLES - De petelleries en vilaineries

GARGOUILLES - De petelleries en vilaineries

Publié par ethnotempos le 18-Oct-2007 12:00 (2351 lectures)




Gargouilles



GARGOUILLES



De petelleries en vilaineries




    Créatures nantaises hantant le répertoire du pays gallo depuis quelques années, les GARGOUILLES font grimacer de plaisir tous ceux qui veulent bien avoir la curiosité d’entrer dans leur univers multiforme mêlant «pételleries» instrumentales, chants de la Terre comme de la mer, bretonnes avant tout, et matière musicale extensible. Même si la connotation médiévale du nom de groupe n’est plus qu’un souvenir, le côté «saltimbanque» n’en reste pas moins cultivé par un sens très visuel de leurs prestations scéniques qui fait écho à l’inspiration chavirée de leur répertoire, dans lequel se réfléchissent les stances de Théodore BOTREL, Gabriel YACOUB, Jacques BREL et Roger GICQUEL. Dans leur second album, les GARGOUILLES brossent le portrait d’une Vilaine chère à leur coeur. Nous les avons rencontrées afin d’en savoir plus sur ces «pételleries» et ces «vilaineries» pleines de grisants mystères...



Entretien avec trois Gargouilles


D’abord, que signifie le nom du groupe, les «GARGOUILLES» ?


Rémi Le RAY :«Gargouilles» en vieux français ça veut dire «gorge et gueule», «grandes gueules».


Racontez-nous comment tout a commencé...


Rémi : Les GARGOUILLES sont la réunion de quatre musiciens. Je suis guitariste, Christian est chanteur, Georges joue des sax, de tous les instruments à vent et du triangle et Thierry fait les basses, sur des basses qu’il a inventés lui-même.


Christian GATTEPAILLE :Il y a une dizaine d’années, à la grande époque du rock alternatif, Thierry PETEL était batteur d’un groupe de rock qui s’appelait HAPPY DRIVERS. J’étais éclairagiste de cette formation. A la suite de notre rencontre et des quelques centaines de concerts qu’on a fait ensemble, on a monté les GARGOUILLES ; au départ, c’était dans un esprit plutôt éphémère, pour un été ; et ça fait déjà dix ans ! L’été dure un peu longtemps...


Thierry a inventé ses basses parce que je ne voulais pas de batterie. On est sur du chant traditionnel, les rythmiques ne sont pas forcément aussi simples que celles du rock n’roll et ça me faisait peur qu’une batterie de rock alourdisse le son, ce qui est souvent le cas dans le rock celtique. Donc Thierry est rentré chez lui et a inventé un instrument. Il est revenu nous voir deux jours après en disant «voilà, je ne suis plus batteur, je suis bassiste». Devant une telle conviction, on ne pouvait rien faire d’autre que de jouer ensemble ! Aujourd’hui, toutes ses «petelleries» font vraiment une identité au groupe.


Dans quel esprit a-t-il conçu ses instruments ?


Christian : Le premier instrument qu’il a créé, il appelle ça la sauterelle, c’était une seule corde de contrebasse sur un profil aluminium, sur laquelle il frappe avec une baguette. Il a vraiment une sonorité particulière, et aujourd’hui ça fait vraiment partie du son GARGOUILLES ; il a créé un vrai univers, vraiment différent de ce qu’on peut entendre ailleurs.


Votre répertoire comprend maintenant une majorité de compositions...


Georges PATOUT : Sur le dernier album, oui. Je ne fais partie de la formation que depuis quatre ans. Au début, quand ils étaient trois, ils ont fait des cassettes. Ensuite on a fait un premier CD, Sur le bord du côté, chez Coop Breizh, où on avait un peu repris le répertoire existant en le réarrangeant avec les nouveaux musiciens. La base du premier CD, c’est plus du chant traditionnel de Haute-Bretagne, du pays entre la Vilaine et la Loire, réarrangé avec deux compositions.


Le nouveau CD, qui s’appelle Vilaine, est plus orienté vers la composition. Il y a eu notamment la participation d'invités assez prestigieux, dont Gabriel YACOUB qui a fourni plusieurs textes et aussi des musiques, et qui a participé à tous les arrangements vocaux.


Comment avez-vous rencontré Gabriel YACOUB ?


Christian : C’était il y a un peu plus de cinq ans. Nous étions en trio à ce moment-là, et nous faisions partie de l'équipe Boucherie Productions, qui avait à cette époque dans son catalogue les disques de MALICORNE et de Gabriel. On faisait un concert à Paris et on avait invité tous les gens de chez Boucherie. Gabriel est le seul qui est venu et nous avons chantés ensemble ce soir-là, puisque dans notre répertoire se trouvaient des reprises de MALICORNE, notamment Le Prince d’Orange et La Mule. Ensuite, j’ai fait la lumière pour lui pendant quelques années pour plusieurs créations, et en échange ils nous donnait un coup de main sur l’arrangement des voix. Sur le premier disque des GARGOUILLES, il a fait une belle participation, et pour le deuxième on lui a demandé d’être très présent et de produire l’album artistiquement. Il a passé quatre semaines avec nous.


Ce qui vous a permis pour cet album de vous ouvrir à un répertoire plus large aussi.


Rémi : Pas forcément sur l’inspiration traditionnelle, mais davantage vers la chanson française, tout en gardant toujours les pieds dans notre terroir, mais avec une ouverture. On a écrit des textes aussi. Ce qui fait qu’on y trouve du Théodore BOTREL, du Gabriel YACOUB, du Bernard DIMEY et du Jacques BREL.


Du reste, ce n’est pas un morceau très connu de Jacques BREL. Pourquoi ce choix ?


Christian : En fait, nous sommes un peu des marins de la Terre, des marins d’eau douce. On était partis sur cette idée de rivière, de fleuve, d’écluse, donc L’Eclusier rentrait bien dans cet esprit-là. Elle nous ressemble cette chanson, et C'est simple de se l’approprier.


Et celle de Bernard DIMEY ?


Christian : Bernard DIMEY, c’est une rencontre avec des gens VAGUEMENT LA JUNGLE, dont un personnage qui s’appelle Pierrot des Roulottes. Je ne connaissait pas ce texte, et eux l’interprètent d’une manière beaucoup plus festive, avec un côté très drôle de l’ivresse. Nous avons voulu donner un côté un peu grave, plus dramatique de cette chanson.


Ceux de Gabriel ont été écris pour vous ?


Christian : Il a écrit Patatrac en pensant à nous. Il y a d’autres textes qu’il avait déjà et qu’il nous a donnés parce que ça nous correspondait bien.


Rémi : Il avait écrit la chanson En attendant pour son album, mais finalement il ne l’a pas mise. Il nous l’a donc donnée.


Pour ce qui est des textes que vous avez écrits, vous avez été inspiré par des thèmes traditionnels ?


Remi : C’est moi qui ai écrit les trois autres textes, avec ce que j’avais dans la tête. La chanson Face à l’océan est un pont entre la musique traditionnelle et ce qu’on fait maintenant ; elle est sur un formatage un peu traditionnel.


Tu ne penses pas forcément au texte en fonction d’une musique composée avant ?


Rémi : Souvent c’est la première phrase qui vient et la musique doit venir après, sinon la deuxième phrase n’arrive pas. Il faut que j’ai une musique pour que les mots chantent.


Christian : Et tout ça passe dans la moulinette des quatre GARGOUILLES. Dès fois c’est un peu lent, parce qu’il y a les quatre avis à mettre en accord, mais le résultat c’est cette ligne, ce son et cette ambiance GARGOUILLES qui reste homogène.


Pourquoi chantez-vous en français et non pas en breton ?


Rémi : On n’est pas du pays bretonnant, mais entre la Vilaine et la Loire. Ce pays-là, c’est le pays du milieu, entre la Bretagne et la France ; sans oublier la Vendée. On ne chante pas du tout en breton puisqu’on ne connaît pas cette langue-là. D’ailleurs, on n’avait jamais vu de Bretons avant de venir à Lorient. (rires)


Comment avez-vous choisi les autres invités de Vilaine  ?


Rémi : Avec ARZ NEVEZ on était chez le même tourneur et on s’est rencontrés comme ça. Ça nous intéressait d'avoir un quatuor à cordes sur deux morceaux. On leur a proposé l’idée et ça leur a plu. Yves RIBIS, qui est l’arrangeur d'ARZ NEVEZ, a écrit les partitions pour l’ensemble, et en deux jours c’était dans la boîte.


Christian : Il y a aussi Christophe ROSSINI, le batteur des EV. Là c’est la famille.


Rémi : C’est bien parce que ce n’était pas Thierry qui jouait de la batterie. (rires)


Christian : Christophe est un batteur hors pair, qui n’alourdit pas les choses ; il joue très en finesse et en même temps rock sur les trois morceaux qu’il a enregistrés. Notre rêve aujourd’hui est de faire une création où on pourrait mettre tous ces invités qui ont participé à l’album sur une scène, au moins pour un jour.


Rémi : Sur l’album, on a un autre invité de marque : Roger GICQUEL. C’est une rencontre extraordinaire qu’on a faite un jour dans un café. On s’est attablés et on a discuté, on était en accord sur plein de choses.


Christian : C’est un bonhomme d’une grande sagesse. On est partis sur le projet de La Vilaine, avec ce texte de Théodore BOTREL qu’on voulait actualiser un peu. C’est vrai qu’on l’a vue changer cette rivière qu’on appelle un fleuve, au fur et à mesure de notre vie. Roger a écrit ce texte superbe qui n’est pas entièrement sur le disque, puisque ça aurait été difficile d’intégrer un morceau parlé d’une minute trente. Le texte intégral est dans le livret, et si les gens veulent l’écouter, dit par Roger GICQUEL lui-même, ils peuvent le faire sur le site internet : http://gargouilles.free.fr


Rémi : Il chante en plus. Roger écrit des chansons et a pour projet de faire un album. Il aimerait bien concrétiser ça aussi.


La seule présence féminine sur l’album est la voix de LA BERGÈRE, alias Sylvie BERGER. Pourquoi n’en avoir pas plus profité ?


Christian et Rémi : LA BERGÈRE, quand elle est là, prend une telle place ! Donc on ne l’a invitée que pour deux heures. On s’est dit que si on la faisait chanter trop, on n’allait plus entendre qu’elle. (rires) C’est un amour et une vraie chanteuse. Sur le premier album, il y avait une copine africaine qui avait chanté. C’est super d’avoir une voix féminine, ça fait un peu de fraîcheur dans ce monde de brutes.


Et Patrice CLEMENTIN ?


Rémi : Patrice s’occupe du son, sur l’album et dans les tournées. Il a travaillé notamment avec MALICORNE, avec STIVELL, avec ANGUNN, il a joué partout, il a fait de la variété aussi.


Christian : On peut dire que c’est la cinquième GARGOUILLE, Gabriel étant la sixième. D’ailleurs sur le disque c’est marqué comme ça : on ne les a pas classés parmi les invités, ils font partie intégrante de notre équipe.


Le fait qu’il y ait toutes ces «pételleries» vous a obligés à repenser l’utilisation des autres instruments ?


Rémi : Il y a de la guitare synthé, ça amène aussi d’autres couleurs. On vient d’horizons musicaux très différents aussi.


Quels horizons musicaux ?


Christian : Georges vient du ska, du reggae. Ça nous force à inventer des trucs pour ne pas faire du reggae, on est obligés de le freiner. (rires) Rémi vient du jazz et des musiques traditionnelles. Thierry PETEL, on ne sait pas d’où il vient, de Mars ou Vénus peut-être ! Il a un peu des grandes oreilles comme le Dr. Spock. On peut dire qu’il vient du rockabilly. Il a gardé ce côté quand il joue de la buchetière, sa contrebasse à trois cordes, avec beaucoup de slap. Il donne une grosse dynamique.


Moi je viens d’un peu partout. J’amène le côté chant répété, puisqu’on chante comme ça chez moi depuis que je suis tout petit. Sur l’écoute de la musique, je me situe aussi bien chez les punk que dans le rock des années 70. Je suis assez ouvert, j’ai été DJ pendant quelques années, donc je connais toutes sortes de musiques.


Quelle est votre conception d’un concert ?


Rémi : Elle est visuelle ! L’important pour nous est que Christian était éclairagiste au départ et il continue à officier au sein des GARGOUILLES en tant qu’éclairagiste. En même temps qu’il chante, il pilote les lumières de son pied de micro. Donc on a un spectacle clés en main qu’on peut livrer avec la lumière, le son et tout, dirigé depuis la scène.


Christian : Je ne remplace pas un éclairagiste, puisqu’un éclairagiste regarde ce qu’il fait. C’est important pour nous que l’image ne soit pas trop moche, d’arriver à créer une ambiance qui fasse que les gens soient à l’intérieur du spectacle et non pas devant un écran comme d’habitude, devant une scène où ils seraient passifs. C’est pour que le public participe qu’on utilise beaucoup le chant à répéter et que le visuel les met à l’intérieur du spectacle.


Jusqu’à présent, où avez-vous tourné ?


Christian : En France, en Suisse, en Belgique et même en Lithuanie, dont on entend beaucoup parler en ce moment. On a connu des nuits assez difficiles en Lithuanie : on a tourné là-bas une semaine, sept dates en huit jours, sans voir le jour, à moins 35 degrés, sans eau, puisqu’en Lithuanie il n’y a que de la vodka. C’était vraiment très déstabilisant. Les publics suisse et belge sont assez friands de notre culture et de chant répété, ils chantent assez facilement, et on adore tourner dans ces pays. On tourne pas mal aussi dans l’Est de la France, en Alsace, dans les Vosges, et évidemment en Bretagne. Mais dans le Sud, sous Bordeaux, on n’a jamais joué.


Rémi : Il faut qu’on vous parle aussi de la «Gargouille mobile», une scène qu’on a montés : c’est une remorque qui nous permet d’offrir un spectacle «clés en main» : on amène une scène, de l’éclairage, du son, qui marche seulement sur deux petites prises de courant et ça fait un spectacle pour 500 personnes. La scène est couverte, bâchée, et on n’a qu’une heure et demie d’installation, après on peut commencer à jouer.


C’est inspiré par la roulotte de KOF A KOF ? (rires)


Rémi : C’est possible. On est des saltimbanques, puisqu’on commence à vouloir nous ramener à ce statut malheureusement. On prend les devants !


Vous avez des textes assez imagés, mais sur scène comment se fait-il qu’il n’y ait pas de costumes ?


Rémi :Ça veut dire que tu regrettes qu’on ne soit plus en peaux de biques ! Au départ c’était comme ça, très médiéval, c’est tout juste s’il n’y avait pas l’ours sur scène. Fini ce temps-là ! On a du mal à trouver un costume, car il ne faut pas que ce soit un déguisement. Mais on n’a plus cette image médiévale qui collait bien parce qu’il y avait un luth, une mandoline. Maintenant, ça aurait moins de sens. La formation a évolué aussi.


On vous a collés l’étiquette de rock celtique. Comment vous situez-vous exactement ?


Rémi : C’est difficile de coller des étiquettes. On n’a jamais su vraiment comment se définir. On dit «nouvelle chanson française d’inspiration traditionnelle». Yvon ETIENNE nous avait dit un jour «finalement les GARGOUILLES, c’est à voir pour entendre». Donc il faut venir nous voir.


Rémi, tu fais aussi partie d’un autre groupe ?


Rémi : Je suis guitariste de DOCTEUR NOZ, qui existe depuis 5 ou 6 ans. On a sorti juste un CD 5 titres il y a 3 ans, en même temps que l’album des GARGOUILLES. C’est une formation à 7 maintenant, constituée de musiciens jouant dans beaucoup de formations, notamment Ronan LE GOURIEREC, qui joue aussi dans LES TROMPETTES DU MOZAMBIQUE, L’OCCIDENTALE DE FANFARE, le BAGAD MEN HA TAN, etc. Pour moi, les GARGOUILLES sont ma formation principale aussi. Donc on fait très peu de dates avec DOCTEUR NOZ. C’est un choix.


Musicalement, quelle en est la démarche ?


Rémi : C’est du fest-noz avec une couleur vraiment moderne, de la dérision aussi, un peu dans l’esprit des TROMPETTES DU MOZAMBIQUE, avec une connotation jazz. Ce sont en majorité des compositions avec des arrangements maison. Nous venons d’intégrer le flûtiste de TAYFA, qui est pris beaucoup avec Alan STIVELL, mais on a des remplaçants.


Y a-t-il eu un concert en commun de DOCTEUR NOZ avec les GARGOUILLES ?


Rémi : Oui, au Cabaret du festival interceltique de Lorient ; c’était en 2001. La même année, nous avons joués aussi ensemble au festival médiéval de Château-Thierry. Ça fait une grosse journée, mais c’est sympa.


Propos recueillis par : Stéphane Fougère, Sylvie Hamon et Didier LeGoff


Site Web : http://gargouilles.free.fr (CDs en vente)

E-mail :
gargouilles@free.fr  – Contact scène : franck@abakab.net


  Téléchargez maintenant 

Ethnotempos n° 15 de septembre 2004

_________________________________________________________
@ Association Rythmes Croisés. Il est interdit de reproduire cet article sans autorisation.

Naviguer à travers les articles
Article précédent La tribu des frères MOLARD GJALLARHORN - L’envoutement scandinave Article suivant
Notation 0.00/5
Notation: 0.0/5 (0 votes)
 
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
 
 
NEWS
Archives
Liens récents
Télécharger
 
 
 
  © Sylvie Hamon - 1997-2012 XOOPS