faUSt au Festival Rock in Opposition, Cap Découverte, septembre 2017

faUSt

au Festival Rock in Opposition
à la Maison de la Musique de Cap Découverte
septembre 2017

Comptant parmi les têtes d’affiche (de par son statut et sa longévité) de cette dixième édition du festival Rock In Opposition, faUSt est lui aussi un habitué des lieux. C’était en effet sa troisième participation au « France Event   carmausien, et il a appris au public à s’attendre à tout, c’est-à-dire à… « rien ». Mais maintenant que le public du RIO connaît mieux cette figure tutélaire d’un certain krautrock, il sait qu’il doit s’attendre à une musique « armée » d’instruments non conventionnels. Après la bétonneuse, la scie à métaux, la tronçonneuse, quelle arme art-erroriste massive faUSt allait-il donc sortir de son chapeau ? On a eu beau scruter la scène, on a vu que des instruments quasiment normaux ! Voilà qui était déjà louche…

Plus louche encore l’annonce de Jean-Hervé PÉRON nous certifiant que, ce soir, le groupe était désireux de nous montrer sa face plus… poétique ! Fatigués de s’opposer, les enfants de l’anarchie ? Non point. Avec faUSt, on pouvait se douter que ladite poésie se déclinerait en plusieurs facettes.

Poésie des mots, des notes, des rythmes, des sons, des cordes, des fûts, des touches, poésie métallique, poésie groovy, poésie industrielle, poésie ambient, poésie de l’accident, de l’impromptu, de l’improvisation, de la composition, tout y est passé !

Comptant plusieurs pièces consignées dans son dernier album, Fresh Air, le répertoire de faUSt a aussi compté deux pièces cultes du passé (l’enchaînement Mamie is blue / Krautrock), des constructions spontanées et des happenings. Allongée par terre, Géraldine SWAYNE a lu du James JOYCE à une « observatrice » désignée volontaire ; la même SWAYNE a plus tard écrit sur un panneau un manifeste philosophique traitant de la résistance, de la lutte et du sacrifice avec un pinceau bien baveux ; Maxime MANAC’H s’est échiné à faire fonctionner sa vielle à roue qui ne voulait pas tourner, malgré les encouragements déphasés de PÉRON au sujet de La Poulie ; Amaury CAMBUSAT a arrosé et irradié le set de jets guitaristiques bien rugueux ou visqueux ; et Werner « ZAPPI » DIERMAIER était comme un poisson dans l’eau, assénant ses rythmiques « motorik » avec un enthousiasme, une puissance et une constance à toute épreuve.

Le public a été appelé à participer et à réagir à une performance d’onomatopées rythmiques, alors que ZAPPI illustrait musicalement une partition de dessins projetés sur écran. Mais à cette heure tardive, l’auditoire était quelque peu… las, hélas ! Heureusement que Thymme JONES (CHEER-ACCIDENT) et quelques autres ont joué le jeu.

Tout n’a peut-être pas fonctionné au mieux dans les happenings et les improvisations participatives instigués par faUSt, et son refus d’avoir recours aux « gimmicks » bruitistes qu’on lui connaît a pu paradoxalement décontenancer les attentes d’une partie du public. Mais c’est précisément parce que faUSt a une fois de plus pris le public à revers qu’il a fait du faUSt ! Et tout de même, faUSt a su nous faire respirer une bonne bouffée de « fresh air » comme lui seul sait le faire.

Texte et Photos : Stéphane Fougère

Diaporama photos :

 

Site : http://faust-news.blogspot.fr/

Site du Festival : http://www.rocktime.org/rio/

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