Festival Interceltique de Lorient 2016 (1) – Année de l’Australie

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Festival Interceltique de Lorient 2016 (1)

Année de l’Australie

festival-interceltique-lorient-2016-australieDix ans après avoir été mise à l’honneur pour la première fois au Festival Interceltique de Lorient (FIL), l’Australie a été à nouveau célébrée pour cette quarante-sixième édition. Le pays était pour l’occasion accompagné par une délégation venue de la nation voisine, la Nouvelle Zélande.

Après l’attentat de Nice du quatorze juillet, de nombreuses festivités et manifestations ont été annulées. Le Festival Interceltique a lui bien été maintenu. Comme l’a fort justement déclaré le Directeur Lisardo LOMBARDIA : « Toujours la liberté, la musique et la culture, pas la peur ! ». La ville de Lorient a néanmoins bénéficié de renforts policiers et militaires importants.

On a pu constater une légère baisse de la fréquentation générale. Les chiffres ne sont que provisoires, cependant, les premières estimations indiquaient qu’environ 700 000 festivaliers avaient côtoyés les différents lieux, ce qui reste une belle fréquentation compte tenu du climat actuel. La vente de billets a par contre connu une hausse, permettant à 2016 d’être la deuxième billetterie de l’histoire du FIL, après celle des quarante ans en 2010. La vente du badge de soutient a, comme en 2015, atteint les 50 000 unités, sachant qu’il est encore possible de s’en procurer.

De nombreux spectacles ont affiché complet : la Cotriade au Port de Pêche, la soirée d’ouverture, la création Melezour du BAGAD KEMPER célébrant les soixante-dix ans de Sonerion, la grande soirée de la harpe celtique, les concerts de Joan BAEZ, d’Alan STIVELL, de Cécile CORBEL et de Dan AR BRAZ. D’autres spectacles ont également connu un bon taux de fréquentation comme le concert de clôture au Slipway, le chantier de réparation navale, qui a attiré 8 000 spectateurs.

Le Grande Parade des Nations Celtes a conservé le parcours initié l’an dernier. Le défilé partait de l’Avenue de la Perrière, dans le secteur du Port de Pêche, pour rejoindre le Stade du Moustoir et a en tout attiré 70 000 spectateurs.

Le Championnat des Bagadou a connu quelques mouvements importants. Arrivé en tête lors que la première manche du championnat l’hiver dernier, le BAGAD KEMPER a finalement cédé sa place au BAGAD CAP CAVAL de Plomeur qui conserve ainsi le titre acquis en 2015. Après sa médiatisation liée à sa victoire au concours La France a un incroyable talent, le Bagad de Vannes a progressé et a obtenu une belle quatrième place. Enfin, les bagadou de Saint Malo et de Lorient retrouveront la première catégorie la saison prochaine.

La ville de Lorient célébrait en cette année 2016 les trois cent cinquante ans de sa création Sa naissance étant liée à la Compagnie des Indes, le FIL a créé pour l’occasion, sous le nom de KEVRENN DES INDES, un ensemble regroupant des musiciens et des danseurs bretons, réunionnais et indiens. Le groupe a d’abord défilé lors de la grand Parade et s’est ensuite produit durant les Nuits Interceltiques au Stade du Moustoir. Tel un symbole, un éléphant a rejoint la KEVRENN DES INDES lors de l’arrivée de cette dernière au stade le jour de la Grand Parade.

En 2017, Le Festival Interceltique reviendra vers un pays historique est mettant l’Ecosse en lumière.

Le poète mexicain Octavio PAZ avait dit : «Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations ». La flamme du Festival Interceltique n’est donc pas prête de s’éteindre.

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COMPTE-RENDU

* GURVAN LIARD

Chaque année, la première soirée du FIL est dédiée au Prix Musical Produit en Bretagne. Gurvan LIARD figurant parmi les lauréats 2016 pour son album Dounia, le musicien redonnais s’est donc retrouvé projeté sur la scène du Quai de la Bretagne. Même s’il a déjà navigué dans les eaux de la musique bretonne avec GANNEDEL TRIO ou en collaborant avec Roland BECKER, Gurvan LIARD signe, pour son premier enregistrement sous son nom, un album très personnel mettant en avant un instrument finalement assez discret en Bretagne, la vielle à roue. Son œuvre s’éloigne de la musique celtique mais elle n’en demeure pas moins intrigante et séduisante.

Accompagné par un percussionniste et un joueur de saz (luth turque), Gurvan s’est attelé à défendre sur scène ses compositions. La vieille était utilisée de façon classique mais également de manière détournée, assistée par ordinateur, et imitant parfois le jeu d’une basse. Gurvan frappait aussi par moments sur son instrument comme s’il s’agissait de percussions.

La musique était métissée, s’inspirant de différents pays (Roumanie, Bulgarie, Inde, Orient). Comme le musicien l’a déclaré, cette musique est d’ici et d’ailleurs, de là-bas et d’autre part. Pour preuve, la chanteuse du groupe nantais ORANGE BLOSSOM, Nanih VITARD a rejoint les musiciens afin d’interpréter, en bambara, une langue du mali, la chanson qui donne son nom à l’album de Gurvan, Dounia.

D’abord surpris, parfois interloqué, le public s’est laissé envoûter et a chaleureusement applaudi les artistes à la fin du concert.

Entretien avec Gurvan LIARD

Gurvan, peux-tu te présenter ?

Je suis un joueur de vielle à roue électro-acoustique et je viens de sortir un album qui s’appelle Dounia, qui signifie le monde, la vie, l’existence en bambara. Je fais une musique métissée, avec beaucoup d’influences, pour laquelle j’utilise la vielle d’une façon détournée avec de nouveaux sons, de nouveaux effets.

La vielle à roue est ton instrument de prédilection. Comment est venue ta vocation ?

J’ai découvert la vielle en 1998 quand j’ai vu quelqu’un en jouer. J’ai pratiqué pas mal d’instruments et j’aime beaucoup ce qui est percussif, tout ce qui est musique à bourdon, la musique modale et le jeu avec un clavier. La vielle correspondait à tout ça. En plus, c‘est un bel instrument. Tout coïncidait pour que j’arrête tout le reste et que je me consacre uniquement à la vielle.

Comment pratiques-tu l’instrument ?

Comme je l’ai dit, je le pratique de manière détournée. Évidemment, j’ai commencé la vielle en tournant la manivelle et en jouant des musiques à danser. Mais j’avais envie de jouer autrement parce que j’aime bien faire de la basse avec mes bourdons, gratter mes cordes, jouer sans tourner la roue, jouer de plein de façons différentes, optimiser la palette de sons de l’instrument pour me faire plaisir et imiter parfois d’autres instruments comme le duduk arménien ou le n’goni malien.

Tu fais de la musique assistée par ordinateur. Comment procèdes-tu ?

C’est un peu technique. J’utilise un logiciel qui me permet d’égaliser le son, de mettre des effets. Ensuite je contrôle tout ça avec un pédalier midi. Je fais des boucles, des loops comme on dit, j’enregistre des sons en direct, qui continuent, que j’arrête à ma guise. Je procède comme ça. C’est tout un univers aussi la MAO, la musique assistée par ordinateur.

Il y a des joueurs de vielle qui t’ont influencé, Gilles CHABENAT ou Valentin CLASTRIER par exemple ?

Surtout Valentin CLASTRIER chez qui je d’ailleurs suis allé il y a quelques années ! Je suis allé chez lui pour qu’il me montre son savoir, son savoir-faire. Gilles CHABENAT, je l’ai aussi beaucoup écouté quand j’ai commencé la vielle. Mais celui qui m’a le plus ébloui, c’est Valentin CLASTRIER.

Tu as sorti un album sous ton nom, mais avec des invités. Peux-tu nous les présenter ?

J’ai invité Nanih VITARD qui est une chanteuse que j’ai découverte avec ORANGE BLOSSOM qui est un groupe avec qui j’ai enregistré le dernier album. Nanih chante en bambara et en espagnol. J’aimais bien sa voix et ça correspondait bien à l’esprit de l’album.

Il y a aussi Fabien GILLE qui est un collègue de longue date et qui joue du saz, un instrument qui se mélange très bien avec la vielle. Pierre-Yves PROTAIS joue de la batterie sur un morceau plutôt africain. Anne-Laure BOURGET, la percussionniste, fait des tablas indiens, du daf et du derbuka.

Tu tournes beaucoup pour présenter cet album ? Dans d’autres régions, d’autres pays ?

Oui pas mal, mais beaucoup en solo. C’est plus maniable, c’est plus facile pour jouer un peu partout.

J’ai déjà joué dans d’autres pays, mais pas pour ce projet–là. Il est assez récent donc il faut le temps qu’il se fasse connaitre. Pour ce projet, j’ai joué surtout en Bretagne ou dans le Grand Ouest pour l’instant.

Comment réagit le public ?

Les gens sont généralement très agréablement surpris, heureusement pour moi. Ils sont émerveillés par ce que je peux faire ressortir de cet instrument. Je fais même aimer la vielle à des gens qui ne l’aimaient pas. C’est bien (rires) !

Le Grand Prix du disque a changé quelque chose ?

Il changera peut-être quelque chose ! C’est une superbe opportunité. Déjà, il y a une visibilité au Festival de Lorient. Le prix permet d’avoir une vidéo. On connait l’importance de la vidéo maintenant pour la promotion ou la communication. Ils mettent à disposition un photographe. Tous ces éléments de communication sont très importants pour démarrer.

Ton répertoire est composé de titres originaux ou tu reprends des traditionnels ?

J’ai des compositions qui sont influencées par la musique indienne ou la musique orientale. Je reprends aussi des morceaux traditionnels. Ce n’est pas l’essentiel mais il y a un morceau traditionnel bulgare, une composition d’un accordéoniste roumain, Marcel BUDALA, qui est une musique à danser pas forcément traditionnelle et puis un traditionnel turc. Ce sont des pays dans lesquels la vielle n’est pas présente mais elle trouve finalement bien sa place dans ses musiques-là.

La Kreiz Breizh Akademi d’Erik MARCHAND s’intéresse à ces pays. As-tu déjà postulé ?

J’y ai pensé, mais j’étais trop pris par le temps pour le faire. J’ai préféré m’orienter vers autre chose.

Tu as aussi joué de la musique bretonne.

J’ai fait du fest noz avec un groupe qui s’appelait GANNEDEL TRIO. On avait même joué au FIL sur l’Espace Bretagne il y a quelques années.

Tu comptes développer ton répertoire actuel ou partir vers autre chose ?

Pour l’instant je ne sais pas. Chaque chose en son temps. J’en suis au début de cet album. On verra. J’ai toujours des projets avec ORANGE BLOSSOM. J’ai des projets avec des compagnies de danses. Je fais aussi de la musique baroque à la vielle. J’aime beaucoup ça.

CD : Dounia

Site : http://gurvanliard.com

* Joan BAEZ

En 1978, Joan BAEZ faisait déjà partie des têtes d’affiche du FIL. Elle avait à l’époque enflammé le Stade du Moustoir. Une photo la montrant en train de danser ensuite l’an dro en compagnie d’Alan STIVELL, sur la place de la mairie, est restée célèbre. Presque quatre décennies plus tard, l’icône du folk était de retour à Lorient.

Joan BAEZ célébrait cette année ses soixante-quinze ans et à cette occasion, elle a donné un superbe concert au Beacon Theater de New York, décliné ensuite en CD et DVD. On pouvait légitimement s’attendre à ce que le spectacle lorientais s’inspire de ce concert. Or il n’en fut rien.

Dans un Espace Marine bondé, Joan BAEZ n’a pas failli à sa réputation d’artiste engagée. S’accompagnant de sa guitare et sobrement assisté par des percussions (tenues par son fils) et au fil des morceaux par un banjo, une mandoline, un piano et bénéficiant parfois du soutien vocal d’une chanteuse, Grace STUMBERG, elle a livré un concert remarquable.

Joan a évidemment interprété plusieurs classiques à commencer par Farewell Angelina de Bob Dylan, Diamonds and rust, House of the rising sun ou encore The boxer de SIMON AND GARFUNKEL et Here’s to you. Mais la grande artiste a également su se faire témoin de l’actualité en reprenant des titres qui, s’ils ne l’évoquaient pas directement, n’en étaient pas éloignés (Chanson pour l’Auvergnat de Georges BRASSENS, Deportee de Woody GUTHRIE sur les migrants mexicains aux États-Unis). Il fallait également avoir de l’audace pour oser chanter Le déserteur de Boris VIAN et le public ne s’y est pas trompé en reprenant volontiers les paroles.

Le concert n’était cependant pas empreint de gravité et ne se voulait en aucun cas négatif. Imagine de John LENNON ou Blowin’ in the wind Bob DYLAN en apportaient le témoignage.

En invité d’honneur et pour sceller les retrouvailles après trente-huit ans, Alain STIVELL est venu rejoindre Joan et les deux artistes nous ont gratifiés, en breton, d’une interprétation de Tri Martolod.

Enfin, après un énième rappel Joan BAEZ est reparue et à entonné We shall Overcome (nous vaincrons) qui clôturait, sur un nouveau message d’espoir, une soirée mémorable.

CD : 75th Birthday Celebration

Site : http://www.joanbaez.com

* Alan STIVELL

Après la parution à l’automne 2015 de son nouvel album, Amzer, Alan STIVELL a entamé une tournée qui marquait ses cinquante ans de carrière. Six ans après sa dernière prestation au FIL, le barde faisait donc à nouveau halte à Lorient pour ce qui était la dernière date bretonne de cette tournée.

Le dernier CD aux atmosphères plus méditatives, plus posées, est assez éloigné des influences rock auxquelles Alan nous avait habitués. On pouvait légitimement se demander quelles couleurs allait alors prendre ce concert, sachant qu’aucune tournée ne ressemble à la précédente. Les craintes se sont vite estompées et Alan et ses musiciens (guitares acoustiques et électriques, basse et contrebasse, batterie, flûtes) n’ont pas mis longtemps à séduire les spectateurs.

Les extraits d’Amzer (New Amzer et les Haikus de printemps) n’ont constitué qu’une légère partie du répertoire proposé. Alan a ensuite interprété des morceaux issus d’albums plus ou moins récents (Eibhlin, La Hargne au cœur ou le classique Brian Boru).

Mais le public venait surtout pour entendre les anciens morceaux et le harpiste en a profité pour revisiter de nombreux titres issus de la période faste de la première moitié des années 70. Il n’y avait alors plus qu’à dérouler (Son ar Chistr, Ian Morrisson Reel, Brezhoneg Raok et un magnifique Pop Plinn). La Suite des montagnes, qui n’était plus jouée depuis longtemps, nous a replongés avec délice dans l’album Reflets. L’année 2016 marquant le centième anniversaire de la révolte irlandaise, The Foggy Dew semblait immanquable. Les tubes immuables Suite sudarmoricaine et Tri Martolod fonctionnaient toujours aussi bien et étaient repris par le public

A la fin du concert, le BAGAD DE LANN BIHOUE, avec qui Alan avait partagé l’affiche lors de la Tournée de la Saint Patrick 2016, est venu rejoindre le harpiste et ses musiciens pour interpréter Gouel Hollvedel, le final de la Symphonie Celtique et surtout l’hymne national breton, Bro Gozh ma Zadou, qui donnait là encore le grand frisson.

Après cinquante ans, Alan STIVELL qui est l’initiateur du renouveau de la musique bretonne, a démontré une nouvelle fois qu’il tenait encore le haut de l’affiche.

CD : Amzer

Site : http://www.alanstivell.bzh

* Grande Nuit de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande

En 2006, le public lorientais avait déjà pu découvrir une large palette de la scène celtique australienne. Cette fois encore, le pays a été à la hauteur et a confirmé sa place de nation celte grâce à une représentation riche et variée. La grande nuit du pays invité est un des temps fort de chaque édition. Pour cette soirée, l’Australie n’était pas seule puisqu’une délégation venue de Nouvelle Zélande était également présente.

La soirée a débuté par le QUEENSLAND IRISH PIPE BAND, qui a interprété des airs traditionnels tout en s’autorisant parfois des apports extérieurs (When the saints go marching in), et s’est terminée par THE CITY OF AUCKLAND PIPE BAND qui lui s’est illustré en reprenant, entre autres, l’hymne breton et gallois.

Eric BOGLE est né en Écosse mais il vit en Australie depuis la fin des années 60 et a depuis obtenu la nationalité australienne. Alors qu’il est une personnalité respectée dans son pays, il reste peu médiatisé dans l’hexagone où il est encore très peu connu. Le public ne le sait pas toujours mais il est le créateur de deux chansons très célèbres et régulièrement reprises, And the band played Waltzing Matilda et The Green Fields of France. Le Festival Interceltique permettait donc de combler une lacune. Accompagné de John MUNRO, Eric BOGLE nous a offert une session sobre, certes un peu courte, dans laquelle sa belle voix chaude associée seulement aux cordes des guitares a conquis l’auditoire.

Siobhan OWEN a été l’une des belles révélations. Elle est née au Pays de Galles mais sa famille s’est installée très tôt en Australie. De formation classique, elle s’intéresse néanmoins à la musique celtique. Cela n’a pas échappé au nantais Alan SIMON qui l’a faite découvrir au public dans ses créations Tristan & Iseult et Cap’tain Kid. Durant le Festival, elle fut donc l’ambassadrice des deux pays, et, outre la Grande Nuit de l’Australie, elle s’est également produite durant les Nuits Interceltiques aux côtés des chœurs gallois. Siobhan faisait l’effort de communiquer en français avec le public. S’accompagnant simplement de sa harpe, elle chantait en gallois, en gaélique en français et même en breton (An hini a garan qu’elle a également reprise en compagnie de Nolwenn ARZEL lors de la Grande Soirée de la Harpe). Son interprétation proche du chant lyrique a impressionné et troublé les spectateurs et les a dans le même temps fortement émus.

Les danseurs néo-zélandais de THE HIGHLAND DANCE COMPANY ont proposé de raconter, à travers différents ballets, l’histoire de l’émigration des écossais vers la Nouvelle Zélande. Il n’y avait pas de musiciens présents sur la scène, seule une bande enregistrée diffusait la musique. Les spectateurs pouvaient se concentrer sur les danseurs et leurs différentes chorégraphies. La démarche était intéressante mais elle aurait nécessité davantage d’explications afin d’en saisir toute la force ainsi que les tenants et les aboutissants.

On ne présente plus CLAYMORE. Le groupe est en effet un habitué du FIL et il était déjà présent en 2006 où il avait déjà pu enflammer les différentes scènes sur lesquelles il s’était produit. Le chanteur et guitariste William HUTTON était d’ailleurs très impliqué dans l’élaboration de cette année de l’Australie. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, CLAYMORE a pu réitérer ses hauts faits. Si la grande majorité des artistes australiens officiaient dans une formule acoustique, CLAYMORE proposait un rock celtique bien brut, sans tomber toutefois dans le déluge de décibels. Le groupe était renforcé par moments par les CLAYMORE DANSERS. Fidèles à la tradition, les musiciens ont terminé leur concert par une reprise ébouriffante de leur compatriotes d’AC/DC, It’s a long way to the top (if you wanna rock’n roll).

QUEENSLAND IRISH PIPE BAND :

CD : One for the road

Site : http://www.qldirish.com/

THE CITY OF AUCKLAND PIPE BAND :

Site : http://www.cityofaucklandpipeband.org.nz/

ERIC BOGLE :

CD : Voices

Site : http://ericbogle.net/

SIOBHAN OWEN :

CD : Entwined

Site : http://www.siobhanowen.com/

CLAYMORE :

CD : Firkin Live Across Australia

Site : http://www.claymore.org/

* Cécile CORBEL

Le concept du Concert pour Celtes en devenir avait été délaissé en 2015. Pour son retour, c’est à nouveau à Cécile CORBEL que le FIL a fait appel, comme cela avait déjà été le cas en 2011 et 2014.

La notoriété de Cécile depuis une décennie et la qualité de sa musique font qu’elle bénéficie d’une juste reconnaissance du public et, cette fois encore, la salle du Palais des Congrès affichait complet.

Le concert était l’occasion pour la harpiste de venir présenter son nouveau spectacle, La Lanterne magique, mêlant musique et images.

C’est d’abord sur un écran que Cécile CORBEL est apparue, une lanterne à la main, s’avançant vers le public puis disparaissant pour entrer, comme par magie, sur la scène et venir ainsi rejoindre ses musiciens (guitare, violoncelle, violon et percussions).

Au fil des ans, la harpiste a su se créer un répertoire notable. Si Cécile chante souvent les amours malheureuses (Elisabetha, Jenovefa), elle s’est également construit un univers qui lui est propre mélangeant l’onirisme, le légendaire ainsi que le respect de la nature. Cet univers est aussi cinématographique puisque Cécile a participé aux bandes originales d’Arrietty le Petit Monde des Chapardeurs, des studios japonais Ghibli, et de Terre des ours. C’est donc tout naturellement que des extraits de ces films ont accompagné la musique. Des passages d’un autre film des studios Ghibli, Mon voisin Totoro, du maître Hayao MIYAZAKI, ou encore une bande annonce, Celles et ceux des cimes et cieux, d’un jeune réalisateur prometteur Gwenn GERMAIN, ont soutenu des mélodies qui ne leur étaient pas destinées à la base, mais les deux ensembles s’accordaient parfaitement.

Des documents d’archives de la Bretagne ou montrant des danseuses irlandaises des années 20 ont été projetés sur un medley musical dans lequel on a pu reconnaitre la célèbre Morrison Jig.

Puis, le concert terminé, Cécile a repris sa lampe et s’en est allé rejoindre l’écran avant de s’effacer.

CD : Vagabonde

Site : http://www.cecile-corbel.com/

* Cap sur l’Écosse

Lorsque la programmation de l’édition 2016 a été dévoilée en avril, on ne connaissait pas encore l’identité du pays qui serait mis à l’honneur en 2017. Le soir du concert, l’annonce n’avait pas encore été officialisée. L’intitulé même du spectacle, Cap sur l’Écosse, était cependant un indice probant.

La première partie était assurée par CHERRYGROVE. On avait découvert le groupe en 2013 alors que ce dernier n’avait que deux années d’existence. Le quintet (voix-guitare, claviers, violon, harpe, accordéon) avait la particularité d’être majoritairement féminin. Même si cet état des choses n’a pas varié, le groupe bénéficie depuis début 2015 du renfort d’un nouveau membre en la personne d’un batteur. Les spectateurs qui connaissaient CHERRYGROVE ont eu une autre surprise, et de taille, car la chanteuse présente sur scène n’était pas la voix d’origine du groupe, Marianne FRASER.

L’arrivée d’une batterie bien présente, a obligé les membres de CHERRYGROVE à réarranger les morceaux, ce qui ne nuisait en rien à leur intensité, bien au contraire. Au fil des ans, les musiciens ont acquis plus d’expérience et excellaient entre instrumentaux et chansons que cela soit pour des compositions ou des reprises de traditionnels, comme Ain’t no grave ou Black is the colour. La nouvelle chanteuse (pour le moment non officialisée sur le site internet du groupe) possédait une belle voix puissante. La harpe était par contre toujours un peu en retrait.

CHERRYGROVE a démontré qu’il était un jeune groupe qui peut compter dans le futur.

Duncan CHISLHOLM est connu comme étant le violoniste du groupe de rock celtique WOLFSTONE. En parallèle, le musicien poursuit également une riche carrière sous son nom et il a à ce titre déjà obtenu plusieurs récompenses au Scots Trad Music Awards. Ses compositions sont influencées par la musique traditionnelle des Highlands, sa région d’origine, et par l’histoire de sa famille. Ses albums, Farrar, Canaich et Affric parus entre 2008 et 2012, forment une trilogie dont il s’est inspiré pour le concert.

Sur scène, Duncan était accompagné d’un groupe uniquement acoustique (violons, violoncelle, guitare, uillean-pipe, piano) qui variait selon les passages. Les morceaux rythmés (jigs, reels) alternaient avec des titres plus calmes. S’éloignant quelque peu de l’Écosse, mais sans que cela ne semble incongru, le groupe a gratifié le public d’une reprise du titre emblématique de l’accordéoniste basque Kepa JUNKERA, Bok espok. Duncan CHISLHOLM a également tenu à rendre hommage à son regretté compatriote Gordon DUNCAN en reprenant Lorient Mornings.

Tout dépendait ensuite de la sensibilité de chacun. Les moments parfois trop introspectifs pouvaient paraître longs. Le fait que le concert se déroulait sous le grand chapiteau de l’Espace Marine et pas dans une salle plus petite accentuait peut-être ce sentiment.

Néanmoins, on ne pouvait pas nier le talent et la maitrise de Duncan CHISLHOLM et de ses musiciens.

CHERRYGROVE :

CD : No time like now

Site : http://cherrygrovemusic.com/

Duncan CHISLHOLM :

CD : Live at Celtic Connections

Site : http://www.duncanchisholm.com/

* Pavillon australien et délégation australienne

Que ce soit lors de la soirée d’ouverture au Grand Théâtre ou au sein du Pavillon australien, les artistes ont donné le meilleur d’eux-mêmes afin de faire découvrir leur musique aux spectateurs venus les écouter.

SÁSTA est un groupe de folk irlandais acoustique. Composé de quatre musiciens (guitare, violon, accordéon, flûtes), le combo interprétait des pièces traditionnelles chantées ou instrumentales, majoritairement rapides, dans le but de faire bouger le public. S’il n’y avait rien d’original dans la démarche ou dans le rendu, force était de constater que le quatuor savait s’y prendre. SÁSTA est un terme gaélique qui se traduit par «joyeux» ou «heureux», c’est exactement le sentiment qui prédominait après leur prestation.

Dans une veine similaire, le groupe SAOIRSE (liberté en gaélique) a lui aussi su conquérir un public amateur de folk. Le quintet (guitare, violon accordéon, flûte, bodhran), majoritairement féminin, interprétait évidemment des airs à danser, mais il savait également se poser avec des chansons plus calmes et privilégiait par moments les voix en s’accompagnant seulement de guitares.

JANE RUTTER est une virtuose de la flûte traversière très célèbre en Australie et de renommée mondiale. Elle a obtenu l’insigne de Chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres par le Ministère de la Culture français. Jane œuvre plus volontiers dans le domaine de la musique classique. Mais le monde de la musique celtique ne lui est pas étranger pour autant, ce qui expliquait sa présence à Lorient. Sa prestation oscillait entre les deux domaines musicaux. Jane RUTTER a pu bénéficier du renfort d’un éminent joueur de didgeridoo, Sylvestre SOLEIL, un martiniquais aux racines bretonnes. Tous deux ne se connaissaient pas avant le FIL et la communion s’est faite naturellement.

La grande révélation de la délégation australienne restera néanmoins MURPHY’S PIGS. Le groupe était déjà présent en 2006 mais dans une formule moindre On ne peut aujourd’hui plus véritablement parler de groupe mais de collectif car la formation comporte en tout douze membres. Le nom du combo vient d’une expression désignant une personne ou une chose typiquement irlandaise.

MURPHY’S PIGS interprétait des traditionnels irlandais mais aussi des chansons venant d’Australie et des compositions propres. L’instrumentation était ample et diversifiée (guitares acoustiques et électriques, banjo, accordéon, violon, mandoline, claviers, flûtes cornemuses, bodhran, batterie et percussions). Tous les musiciens n’intervenaient d’ailleurs pas en même temps sur scène. Le chanteur principal, également guitariste et banjoïste, John GRAHAM parlait le français et de ce fait il communiquait volontiers avec le public dans un esprit enjoué. Le groupe s’est d’ailleurs fendu d’une reprise de Santiano et l’assistance n’a pas manqué de reprendre la chanson en chœur.

SÁSTA :

CD : Pure wrecking match

Site : http://www.sastaband.com/

SAOIRSE :

CD : Music Evermore

Site : http://www.saoirse.com.au/

JANE RUTTER :

CD : Fire and Water Irish Fantasy

Site : http://www.janerutter.com/

MURPHY’S PIGS :

CD : Larrikins and knuckle boys

Site : http://www.murphyspigs.com/

* Dominique DUPUIS

La petite fiancée du Festival comme on la surnomme depuis la première année de l’Acadie en 2004 est devenue une habituée du FIL depuis sa première apparition en 2002 à l’âge de quinze ans. Elle faisait enfin son grand retour à Lorient quatre ans après son dernier passage.

Dominique DUPUIS s’est bien évidemment produite à plusieurs reprises au Pavillon de l’Acadie où sa notoriété est telle qu’il ne lui fallait pas longtemps pour s’attirer les faveurs du public. Mais la violoniste a pu bénéficier d’une exposition sur la grande scène de l’Espace Marine en assurant la première partie de Youn KAMM.

Ces prestations étaient l’occasion pour Dominique de revenir aux sources de sa musique en privilégiant une atmosphère acoustique et en étant de fait simplement accompagné de son guitariste, Steven LEBLANC, et de son bassiste Rémy ARSENAULT. Comme elle l’a expliqué, elle a laissé son batteur de mari à la maison pour s’occuper des enfants et elle le remplaçait en tapant des pieds.

Le trio enchaînait les reels et les jigs. Mais certains moments plus posés étaient également bienvenus comme Ma petite vie, en duo guitare-violon, ou Du lac dédié à son arrière-grand-mère. Dominique est même allé jusqu’à céder sa place sur le devant de la scène à son guitariste en devenant simplement accompagnatrice.

Ces retrouvailles ont permis de renouer avec Dominique DUPUIS en attendant la parution d’un nouvel album.

CD : Dominique Dupuis

Site : http://dominiquedupuis.com/

* Youn KAMM et le BAGAD DU BOUT DU MONDE

Son nom n’est peut-être pas encore très évocateur auprès du grand public et pourtant Youn KAMM s’est retrouvé, et à juste titre qui plus est, projeté en tête d’affiche sur la grande scène du FIL.

Youn KAMM fut partie prenante dans plusieurs projets musicaux de ces dernières années, d’ALAMBIG ELECTRIK à ‘NDIAZ en passant par la troisième session de la Kreiz Breizh Akademy d’Erik MARCHAND. Il est en outre un compagnon de route du célèbre trompettiste Ibrahim MAALOUF.

L’idée d’un projet sous son nom a pris forme au Festival du bout du Monde à Crozon en 2014 alors que Youn accompagnait justement Ibrahim MAALOUF. Il a d’abord fait appel à des musiciens ayant la particularité d’évoluer aussi bien dans le monde de la musique bretonne que dans un autre domaine et a sollicité un pupitre de bombarde. L’entreprise murissant, Youn a décidé d’intégrer des cornemuses, créant ainsi le BAGAD DU BOUT DU MONDE qui réunit des sonneurs issus de différentes formations. Pour le concert de Lorient, le collectif s’est vu renforcer par l’apport d’un brass band, un ensemble de cuivres, pour la première fois.

Youn KAMM avait la pression car il se retrouvait sur le devant de la scène dans sa ville. À ses côtés, on pouvait entre autres reconnaître Yvon MOLARD (batterie), Étienne CALLAC (basse) et au chant, une autre artiste originaire de la région lorientaise, Morwenn LE NORMAND.

Le répertoire associait des traditionnels réarrangés et des compositions de Youn KAMM. Ce dernier délaissait parfois sa trompette pour le chant, démontrant qu’il possédait également une voix assurée. Toutes les parties s’accordaient sans dissonances et sans que cela ne ressemble à un quelconque collage. Certains titres comme Div vinourez et Ar vosenn étaient particulièrement efficaces et percutants. Le concert s’est terminé de manière fulgurante lorsque tous les musiciens se sont retrouvés pour effectuer une reprise, en breton, de The sound of silence de SIMON AND GARFUNKEL, devenu pour l’occasion Trouz an didrouz.

L’entreprise était ambitieuse mais le spectacle, superbe et très abouti, fut à la hauteur de cette ambition.

CD : Youn Kamm & Le Bagad du Bout du Monde

Site : https://fr-fr.facebook.com/younkammmuzik/

* Dan AR BRAZ

L’année dernière, le FIL avait proposé un concert associant Carlos NUNEZ à l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE BRETAGNE. La formule avait alors suscité un large enthousiasme et les superlatifs avaient manqué pour évoquer la performance produite.

L’Orchestre Symphonique souhaitant continuer dans cette voix et s’allier à d’autres grands noms de la musique celtique, c’est à Dan AR BRAZ qu’il a cette fois proposé une collaboration. Comme ce fut le cas avec Carlos NUNEZ, Le spectacle a été donné à Rennes quelques mois plus tôt.

Dan aimait à répéter qu’il avait vécu de grandes aventures dans sa vie de musiciens (les tournées avec Alan STIVELL ou l’Héritage des Celtes), mais il n’aurait jamais imaginé entendre sa musique jouée avec un grand orchestre. Pourtant, le spectacle a prouvé qu’il n’y avait rien de dissonant dans cette initiative. Dan AR BRAZ, ses musiciens et l’Orchestre Symphonique entrait dans une parfaite symbiose.

On pouvait se dire que l’on connaissait par cœur certains titres, on se laissait à nouveau prendre au jeu. La sélection proposée privilégiait les morceaux issus des albums récents (Ar menuizar, Belong, La Trace du souvenir, Delphine in the sky) et n’oubliait pas la période de l’Héritage des Celtes pour laquelle l’orchestre remplaçait le bagad (Call to the Dance, The Broken Prayer et bien sûr Borders of Salt). Des titres plus anciens (le classique Orgies nocturnes) voire plus rares (La Véranda des jours sans soleil) n’étaient pas oubliés. Dan assurait aussi le chant (Je m’en vais demain, titre interprété initialement en duo avec Jean-Jacques GOLDMAN, ou Marie’s Dancing) et quoi qu’il dise de sa voix, elle s’arrangeait harmonieusement avec l’orchestre.

Seul inédit, mais non des moindres, la très belle Gwerz Tristan, que Dan dédiait à son fils, a ému le public. L’interprétation d’Amazing Grace qui bénéficiait de l’apport d’une cornemuse et la reprise d’Avec le temps de Léo FERRE furent également des moments riches d’une intense émotion. Bien évidemment, c’est par Green Lands que le spectacle s’est clôturé.

Le public a alors réservé une immense ovation aux protagonistes et ne voulait pas les laisser s’en aller.

CD : Cornouailles soundtrack

Site : http://www.danarbraz.com/

* Deux étoiles de la Croix du Sud : Archie ROACH & Tommy EMMANUEL

Il s’agissait là de la dernière soirée entièrement dédiée à l’Australie. Pour ce faire, le FIL avait convié deux des meilleurs guitaristes du pays officiant chacun dans un style différent mais assurant une complémentarité indéniable.

On aurait pu craindre que le public ne boude cette soirée mais il faut croire que la réputation des deux artistes les avait précédées car le chapiteau de l’Espace Marine, même s’il n’affichait pas complet, était généreusement garni.

Archie ROACH a fait partie de ces enfants aborigènes qui ont été arrachés à leurs parents afin d’être éduqués dans des familles blanches. La musique lui a permis de se reconstruire et il est devenu une icône dans son pays. Accompagné simplement de deux guitaristes, et parfois d’un joueur de didgeridoo, lui aussi aborigène, Archie ROACH a, de sa voix douce et assurée dans un style folk/country, dévoilé ses chansons. Ces dernières parlent de son peuple, de paix et de réconciliation, sans violence. Malgré la barrière de la langue, l’émotion n’était pas feinte et Archie ROACH a su toucher les spectateurs.

Tommy EMMANUEL ne connaissait pas le FIL avant d’être programmé dans la cité morbihannaise. La musique celtique fait malgré tout partie de sa vie, comme il l’a précisé en conférence de presse. Il apprécie les musiques du monde et ce qu’elles peuvent apporter, l’Australie étant déjà un creuset.

Tommy EMMANUEL est un spécialiste du picking, cette technique qui consiste à utiliser la guitare pour assurer les percussions ou la basse.

Le musicien a eu le mérite de tenir en haleine l’Espace Marine du début à la fin de sa prestation. Tommy EMMANUEL maltraitait sa guitare, la frappant comme s’il s’agissant d’une batterie, tel cet étourdissant duo avec le joueur de didgeridoo aborigène. Le risque avec un tel virtuose était que l’interprétation ne tombe dans la démonstration. Malgré un relatif manque d’émotion, cet écueil a été évité et c’est une salle débout qui a salué l’artiste et lui a réservé une exceptionnelle ovation.

ARCHIE ROACH :

CD : Let love rule

Site : http://archieroach.com.au/

TOMMY EMMANUEL :

CD : It’s never too late

Site : http://tommyemmanuel.com/

* THE CORRS

Pour le grand concert de clôture, le FIL a délaissé le Stade du Moustoir et l’Espace Marine pour regagner le Slipway. Après SIMPLE MINDS en 2015, le FIL a une fois encore vu grand en conviant le groupe irlandais THE CORRS.

La formation avait déjà été invitée il y a vingt ans lors de l’année de l’Irlande. Depuis THE CORRS s’est accordé un pause de dix ans avant de revenir dans les bacs fin 2015 et d’entamer une tournée début 2016.

La prestation a suscité de nombreuses critiques, certains s’interrogeant même sur la pertinence de la présence de THE CORRS au Festival Interceltique. Le groupe est pourtant irlandais. La tonalité celtique de leur musique n’est peut-être pas dominante, mais elle en est un des atouts. On peut qualifier cette musique de pop acidulée matinée d’influences celtique. Il est cependant indéniable qu’il y a un savoir-faire et les musiciens l’ont prouvé une nouvelle fois.

C’est par un puissant jeu de batterie que le concert a démarré. S’en sont suivis plusieurs titres issus du nouvel album (White light, Kiss of life). Mais ce que les spectateurs étaient venus entendre, ce sont les morceaux plus anciens, d’avant la mise en sommeil du groupe, et sur ce point, THE CORRS a délivré une véritable compilation (What can I do, Radio, I never loved you anyway, Only when I sleep, Dreams, So young, Breathless, Runaway) que le public reprenait volontiers. Le tout se faisait dans une ambiance alerte avec un très gros son, sans que cela ne soit trop assourdissant.

Nonobstant, des moments plus sobres (Erin shore, Joy of life, Buachaill on Eirne) s’inséraient dans cette atmosphère électrique et les instruments traditionnels pouvaient alors clairement s’exprimer Comme souvent, c’est par Toss the feathers que le concert a pris fin.

Le reproche que l’on pouvait faire était un relatif manque de communication avec le public. La barrière de la langue pouvait l’expliquer. Il était par contre dommage que les membres de THE CORRS n’aient pas donné une identité plus lorientaise à leur prestation. On pouvait aisément se dire que celle-ci devait sensiblement être la même lors des autres dates de la tournée.

CD : White light

Site : http://www.thecorrswebsite.com/

* SOLAS

Le groupe SOLAS célébrait en 2016 ses vingt années d’existence. La formation a vu passer en son sein moult musiciens, maintenant renommés, et a connu de nombreux changements, si bien qu’aujourd’hui, Seamus EGAN (banjo, flûtes, guitare) et Winifred HORAN (violon, chant) sont les seuls membres d’origine encore présents. Cela n’a cependant jamais nuit à la continuité du groupe et des enregistrements, si bien que SOLAS est actuellement considéré, à juste titre, comme un des meilleurs groupes de musique irlandaise.

Neuf après son précédent passage au FIL, SOLAS avait la lourde tâche d’assurer la première partie de THE CORR’S.

Le Slipway n’est sans doute pas le meilleur endroit pour apprécier une formation acoustique comme SOLAS. Néanmoins, les musiciens ont su relever le défi et n’ont pas failli à leur réputation en présentant un spectacle flamboyant. Les titres rapides étaient majoritaires. Seamus et Winifred étaient davantage mis en avant. La fulgurance de la violoniste avait de quoi couper le souffle.

Ce concert était aussi l’occasion de découvrir la nouvelle chanteuse Moira SMILEY qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs à ce poste. Moira laissait par moment ses compères lors des instrumentaux. Mais elle montrait qu’elle est aussi une solide instrumentiste en proposant un duo de banjo avec Seamus ou en distillant quelques nappes de claviers pour une chanson plus posée, Lay me down.

Le concert s’est hélas terminé avant trois-quarts d’heure, laissant un goût de trop peu. SOLAS signifie «lumière» en gaélique. Malgré la brièveté de leur prestation, les musiciens ont su illuminer la scène de leur présence.

CD : All these years

Site : http://www.solasmusic.com/

* SAMIFATI, Raymond LAZER et le BAGAD DE LORIENT

En 2014, le FIL avait initié, en partenariat avec une célèbre marque de boissons énergisantes, un combat musical opposant d’un côté deux disc-jockeys, Raymond LAZER et SAMIFATI, et de l’autre côté le Bagad SONERIEN AN ORIANT. Cette première confrontation s’étant soldée par un match nul, les différents protagonistes ont décidé de jouer en 2015 un nouvel acte qui n’a cette fois encore pas pu désigner de vainqueur. Un troisième affrontement, pour un baroud d’honneur, a donc été décidé pour 2016.

Après le Slipway en 2014 et le Breizh Stade en 2015, les acteurs ont investi le Quai de la Bretagne le dernier soir du Festival. La notoriété de l’événement depuis deux ans, le fait que le lendemain soit un jour férié et que le nombre de spectacles soit moindre ce soir-là ont eu pour effet de provoquer une affluence record sur le Quai de la Bretagne. Plusieurs milliers de personnes se sont en effet agglutinés tant bien que mal sur les lieux afin de profiter du spectacle, si bien qu’il y avait autant de monde devant la scène qu’à l’extérieur du site.

Le répertoire a été créé à partir de thèmes traditionnels de danses (plinn, ridées), issus du registre du bagad, sur lesquels ont été ajoutés des rythmes électros. Mais le collectif ne s’est pas arrêté là et les musiciens ont proposé des titres n’ayant rien à voir avec la tradition en les adaptant à leur manière. On a ainsi pu reconnaître Alors on danse de STROMAE, Jump around de HOUSE OF PAIN et It’s a long way to the top d’ACDC. L’osmose entre le public et les musiciens était alors totale et la température atteignait elle-aussi des sommets.

Même si aucun vainqueur n’a pu être désigné, l’acte final a largement dépassé les attentes.

Un bis repetita était envisagé dans une taverne bien connue des lorientais mais en raison de la foule et des conditions de sécurité drastiques qui ne pouvaient être assurées, il n’a pu avoir lieu.

SAMIFATI :

Site : https://fr-fr.facebook.com/samifatimusic/

Raymond LAZER :

Site : https://fr-fr.facebook.com/raymonlazer/

BAGAD SONERIEN AN ORIANT :

Site : https://www.facebook.com/bagad.lorient

CD : uniquement disponible en téléchargement à l’adresse suivante : http://www.redbull.com/fr/fr/music/stories/1331820585816/samifati-raymon-lazer-bagad-lorient-red-bull-studios-paris

LE OFF

Après des temps difficiles au début des années 2010, le OFF avait quelque peu redressé la barre l’année dernière. Ce léger mieux s’est confirmé cette année, même si ce Festival dans le Festival est encore en convalescence.

Au fil des ans, le nombre de scènes autour du parc Jules Ferry a nettement diminué et le OFF s’est éparpillé dans le centre-ville. Il y avait beaucoup de musique à écouter et à découvrir et, même si certains s’évertuaient encore et toujours à ignorer la musique celtique, le OFF a malgré tout permis de belles rencontres.

* 007LTE

Avant même de savoir de quoi il en retourne, la première chose qui attire et qui aiguise la curiosité en découvrant le groupe, c’est son nom. Il faut admettre que dans le genre, il sonne plutôt bien.

007LTE est une formation occitane, plus précisément du Tarn, qui s’est spécialisée dans les reprises de chansons francophones du répertoire celtique. Le sextet, Camille (violon), Martine (accordéon), Bastien (Basse), Jérôme (batterie), Laurent (chant) et Ludo (guitare), distillait une musique folk-rock énergique. Hormis la basse, les instruments étaient acoustiques et l’accordéon et le violon apportaient les couleurs celtiques.

On aurait au départ pu craindre un énième groupe, sans grande originalité, comme le OFF en propose régulièrement, et pourtant on avait affaire-là à de bons musiciens qui ont su s’approprier un répertoire sans le reproduire à l’identique.

On avait beau se dire que l’on connaissait par cœur certains titres traditionnels tels que Santiano ou L’harmonica, on avait l’impression de les redécouvrir.

Entretien avec 007LTE

Qu’est-ce que 007LTE ?

007LTE est un groupe du Tarn, de musique celtique cent pour cent français, qui a été créé en mars 2015 et qui été projeté au Festival Interceltique de Lorient 2015 par l’intermédiaire d’un de nos amis, Nicolas BESSE du groupe DOOLIN’. Un jour, Nicolas nous a amené vers cette musique celtique et nous a invités à faire un groupe celtique avec des reprises françaises. On a voulu prendre ce répertoire avec des reprises de Gilles SERVAT, TRI YANN et d’autres groupes de Bretagne.

Vous êtes originaires du Tarn. Naviguiez-vous déjà dans l’univers de la musique celtique avant 007LTE ?

Non ! On a eu cette influence par des groupes comme DOOLIN’ ou CARTLONEY RATS et surtout la musique irlandaise. Toutes ces musiques de Pubs festives comme «l’irish folk drink», les chansons à boire.

Vous en écoutiez quand même ?

On a été baignés un certain temps dans ce milieu-là. DOOLIN’ ou CARTLONEY RATS sont des gens de notre village. On ne s’était jamais projeté, ni même posé la question de savoir si on pouvait en faire un groupe. On aimait bien cette musique. Nicolas BESSE nous a dit qu’il y avait un créneau à rester dans le français. Il y a de très beaux morceaux qui sont de Bretagne. Il y a aussi des morceaux québécois. Il n’y a pas beaucoup de groupes qui le font de la reprise française. Beaucoup composent.

Vous connaissiez les titres que vous reprenez ?

Certains, comme La Blanche Hermine ou Pelot d’Hennebont. Après, on a fouiné sur internet.

Vous avez eu des retours des auteurs ?

Non. Mais le groupe est tout jeune. C’est la deuxième fois qu’on fait le Festival Interceltique. Chez nous, on fait beaucoup de Pubs. C’est difficile d’avoir des retours. Là, on vient d’enregistrer notre premier album qui est paru en juin. Mais on n’a pas eu de retour.

Vous chantez La Blanche Hermine de Gilles SERVAT qui est une chanson puissante et politique. Vous n’êtes pas bretons, aussi que représente-t-elle pour vous ?

Déjà, on aime l’originale. On avait vu qu’il y avait des connotations engagées. On le savait. On a pris ce morceau parce qu’il nous plaisait. Cela n’a rien à voir avec l’engagement. Il y a peut-être des paroles que l’on n’a pas comprises. Peut-être que ça choque des gens. On joue aussi L’Hirondelle de Gilles SERVAT.

On voulait rendre les morceaux un peu plus festifs. Le Sillon de Talbert de Michel TONNERRE est calme et triste et en l’écoutant il y a des idées qui passent, il y a des choses qui font que ce morceau peut être plus percutant.

Les morceaux, on les a choisis parce qu’ils nous plaisaient tout simplement. On ne s’est pas dit qu’il pouvait y avoir un truc politique, que c’était trop ancré.

Avez-vous aussi commencé à composer ?

Il y a un morceau sur l’album qui s’appelle Naufrage qui est une reprise d’un titre des POGUES, Young ned of the Hill. C’est un morceau qui nous plait énormément et on a voulu poser un texte français dessus. Ce morceau raconte l’histoire d’un naufrage, d’une personne qu’on a retrouvée sur une plage et qui en est l’unique rescapé.

C’est le seul morceau original de l’album. Mais on pense en refaire, notamment Laurent qui est auteur. Il y a des projets, peut-être pour l‘année prochaine. On y pense. C’est prévu.

Il y a une chose qui intrigue quand on voit vos affiches, c’est le nom du groupe.

On cherchait un jeu de mot avec le celtique. Il y a des groupes qui le font, LES FAUSSES CELTICS, LES DRUIDES SAUMONÉS. On cherchait et ça l’a fait avec le chiffre sept, C’est vraiment par hasard. Mais on avait déjà l’idée de l’affiche, le fait de mettre cette violoniste à la place de James BOND.

Vous êtes un groupe professionnel ?

Oui. On est tous intermittents. On fait de la musique depuis dix ans.

Vous tournez beaucoup ?

Dans le sud avec d’autres formules. On tourne pas mal avec un groupe de reprises françaises de rock festif qui s’appelle LÉ ON O RA ESSAYÉ. Il y a aussi YVETTE ET LES COLLÈGUES, avec Camille au violon, dans lequel on reprend des morceaux de BREL, Joe DASSIN, GAINSBOURG.

En Bretagne, vous avez fait d’autres lieux que Lorient ?

Pas pour le moment. On a eu un contact sur Rennes mais c’était compliqué. On n’a pas eu l’opportunité de jouer ailleurs qu’à Lorient. On aimerait bien jouer dans un des chapiteaux sur le Quai des Pays Celtes. Ce serait sympathique.

Vous avez eu l’occasion de rencontrer d’autres musiciens présents au FIL ?

On joue tous le temps. On commence à quinze heures et on finit à une heure du matin. On n’a pas trop le temps de profiter du Festival. Dès qu’on a cinq minutes, on essaie de se poser.

En rentrant dans le sud, on reprend avec d’autres groupes. Cela nous fait un été assez chargé. On va finir sur une brouette (rires).

Que pensez-vous de l’accueil du public lorientais ?

Sensationnel ! Que veux-tu qu’on te dise, c’est fabuleux ! On préfère l’après-midi parce qu’il y a des gens de tous âges. Le soir c’est plus jeune. Ils sont bien les jeunes, il n’y a pas de soucis, mais ce n’est pas pareil.

On sent que les gens présents sont là pour écouter de la musique. On sent que ça leur plait. Il y a beaucoup de respect, j’ai l’impression, pour nous les musiciens. Cela se voit dans les regards, dans les sourires qu’ils nous renvoient. Ce n’est pas pareil chez nous. On pense que c’est dans votre culture aussi. On est allé voir DOOLIN’ en Irlande et on avait retrouvé ce même état d’esprit. Il y a un respect général, pour les musiciens et pour la musique. Il n’y a pas d’embrouille et c’est parfait.

CD : …Éternel

Site : https://fr-fr.facebook.com/zerozerocelte/

* AELNOZ

AELNOZ est une formation qui a vu le jour en 2004 et qui, au gré des arrivées et départs de musiciens, a évolué de manière notable jusqu’à se stabiliser dans sa formule actuelle il y a trois ans. Un seul membre, Yvonig CARNAC (bombarde, flûtes traversière) est présent depuis le départ. Les autres membres sont Prem CHRETIEN (violon, violoncelle électrique), Audrey GUEGAN (accordéon diatonique), Régis HUCHET (guitare) et Jordan LE NORMAND (batterie).

En 2015, AELNOZ avait déjà participé au FIL en se présentant au trophée Loïc RAISON. Cette année, le groupe a eu la lourde tâche d’ouvrir le OFF le premier jour durant l’après-midi et la soirée. La connivence entre les musiciens se voyait et s’entendait. La présence d’un batteur est une chose assez rare au sein d’un groupe de fest-noz qui, en outre, privilégie les instruments traditionnels. Jordan avait une frappe puissante, sans cependant tomber dans le déluge de décibels, et impulsait un surcroît d’énergie à une musique qui ne manquait déjà pas de dynamisme. Les spectateurs pouvaient se contenter de rester simplement écouter les musiciens. Les danseurs pouvaient eux s’adonner à leur passion.

CD : Aelnoz

Site : https://www.facebook.com/groupeaelnoz/

* KOFEE MIAM MIAM

Derrière cette appellation énigmatique, qui rappelle étrangement le nom d’un ancien ministre de l’intégration et élu du Finistère, se cache une formation de rock celtique, originaire de Biard près de Poitiers dans la Vienne, qui existe depuis 2010. KOFEE MIAM MIAM est composé de quatre musiciens, Laurent (violon) qui est à l’initiative du groupe, Geoffroy (guitare), Léo (basse) et Pierre (batterie).

Vêtus d’habits d’inspirations écossaises, les quatre compères ont surpris les passants et les auditeurs qui s’étaient arrêtés pour les écouter. Le violoniste menait les débats et n’économisait pas son énergie en allant jusqu’à quitter la scène pour se balader au milieu des spectateurs. Derrière, le trio guitare-basse-batterie assurait une rythmique rock très engagée. On pouvait se dire que la formule n’était pas pleinement originale, elle ne manquait en tout cas pas de piquant.

CD : Black Flag

Site : http://www.kofee-miam-miam.com/

* THE YOUNG FENIANS

THE YOUNG FENIANS est un tout jeune groupe, originaire de Lorient, qui est apparu début 2016. Composé de trois membres, Aoife CUNNINGHAM (chant), Marianne DESPLANCHES (flûte) et Julien WESTER (guitare), la formation distille une musique celtique aux évocations irlandaises affirmées. Sa création récente n’a pas empêché le groupe de faire paraître un premier CD et de se retrouver programmé durant le FIL, d’abord sous les arcades autour des Jardins Jules FERRY et également, comme les prémices d’une consécration future, sur la scène du Pavillon Irlandais.

Francis BACON avait dit : «La jeunesse est plus apte à inventer qu’à juger, à exécuter qu’à conseiller, à lancer des projets nouveaux qu’à poursuivre des anciens». Par leur authenticité et leur fougue, les membres de THE YOUNG FENIANS ont su séduire le public.

Entretien avec THE YOUNG FENIANS

Comment est né le groupe ?

Julien : Le groupe s’est créé sur un malentendu. Je jouais des chansons traditionnelles irlandaises depuis trois ans et en aidant Aoife à corriger son CV, j’avais vu sur celui-ci qu’elle avait fait partie de la chorale nationale d’Irlande. Je lui ai dit qu’elle chantait apparemment bien et je lui ai demandé si cela lui disait de monter un groupe. On l’a fait comme ça. On a sélectionné quelques chansons irlandaises. Un ancien élève d’Aoife nous a invités pour faire un concert dans un nouveau Pub à Lorient. On s’est lancé pour un concert et on a invité Marianne qui n’avait pas compris ça.

Marianne : Je croyais qu’il voulait juste qu’on joue ensemble de temps en temps. J’ai reçu un appel me demandant si ça me disait. «Ah bon, je fais partie d’un groupe ! C’est nouveau. On a un concert dans deux semaines ! Ah bon, d’accord.». Cela s’est fait comme ça en gros pour moi. C’était un gros quiproquo mais maintenant je ne regrette pas.

Quel est votre parcours musical ?

Julien : J’ai fait sept ans de guitare classique à l’École de Musique de Guer. J’ai pris une année de cours de guitare électrique, mais ça ne m’a pas plu. Je n’ai pas accroché avec le professeur. Du coup, après, j’ai juste joué comme ça dans des soirées, sur les campings, mais à la va vite.

Aoife : A la base, je suis une chanteuse de jazz et j’ai chanté avec une chorale en Irlande. Je n’avais jamais chanté la musique irlandaise jusqu’à mon arrivée en France. Du coup, c’est un peu bizarre.

Marianne : Je n’ai vraiment appris la flûte que depuis janvier 2016. Je faisais quelques morceaux avant mais rien de spécial. Sinon, je suis pianiste à la base. J’ai fait dix ans de piano dans une école de musique. J’ai appris la cornemuse pendant un an et aussi la basse et la guitare.

Quelles sont vos influences ?

Julien : Irlandaises (rires). Pour ma part, rock et hard rock. Quand je travaille sur un morceau irlandais, j’essaie de mettre autant de rythme que ce qu’on peut avoir dans un morceau de hard rock. Cependant, le plus important dans notre style, ce n’est pas tant l’énergie que l’on va mettre dans le sens rythmique mais c’est plus l’interprétation que l’on va donner du morceau qui va primer. Donc, plutôt mélodique, plutôt calme, mais vraiment arriver à bien retranscrire ce que disent les paroles et l’esprit de la musique.

Il y a des groupes irlandais qui vous ont influencés ?

Marianne : Je connaissais THE CHIEFTAINS, Mary BLACK, PLANXTY. Je ne m’y connais pas trop en musique irlandaise en fait. Quand je joue, je n’ai pas vraiment d’influences, sauf PLANXTY ou THE CHIEFTAINS. Sinon, je suis plus tournée vers le jazz, le hard rock, le stoner et la musique classique.

Aoife, tu connaissais quand même la musique irlandaise ?

Aoife : En fait, pas trop ! Ce sont les deux autres qui connaissaient la musique plus que moi. Du coup, c’est moi qui apprends des choses sur la musique irlandaise ici. Avant je connaissais Mary BLACK, THE CHIEFTAINS ou des groupes comme cela. Mais je n’avais jamais écouté.

Tu as une voix puissante. As-tu pris des cours ?

Aoife : J’ai pris deux cours de chant. En fait, je n’aimais pas trop parce que c’était vraiment des gammes et moi je préfère juste chanter. Mon père est musicien de jazz et j’ai grandi avec cette musique à la maison.

Le groupe est jeune. Ou vous êtes-vous produits depuis sa création ?

Julien : Notre premier concert était dans un Pub à Lorient et ça a énormément accroché avec la patronne qui a bien aimé ce qu’on faisait même si ce n’était pas un concert au top. Mais on a ramené du monde. Elle a vu qu’on se faisait plaisir et qu’on faisait plaisir aux autres. Elle nous a recontactés et on a réussi à organiser des concerts environ toutes les deux semaines à partir de mars. On a aussi célébré les vingt ans d’un Pub à Vannes.

Durant le Festival Interceltique, sur deux Pubs, on a fait quatre concerts. On a pu avoir deux scènes au Pavillon de l’Irlande. On a aussi été invité par un groupe de punk celtique qui s’appelle SONS OF O’FLAHERTY’S, qui apprécie ce qu’on fait, le dernier jour du FIL et en septembre à côté de Clisson.

Avec les SONS OF O’FLAHERTY’S, le fond est commun mais l’habillage est assez différent.

Julien : L’habillage est différent mais il était assez drôle de voir qu’on peut interpréter une dizaine de morceaux d’une manière totalement distincte, avec un son qui est totalement différent, mais qui se ressemblent dans le fond. C’est une musique de culture, de tradition. Regarde les chansons que l’on prend. Il y a certains titres comme Will you go, lassie go ou The Parting glass qui sont très anciens. On arrive à reprendre des musiques et on essaye de donner une nouvelle jeunesse à ces musiques qui ont plusieurs siècles.

Le nom du groupe est intrigant. Que signifie-t-il ?

Aoife : En France quand on dit Fenians, tout le monde comprend feignants et ça peut aussi marcher pour nous (rires). Dans la mythologie irlandaise, il y a l’histoire d’une tribu qui s’appelle Fianna. Ceux qui font partie de cette tribu s’appellent les Fenians.

Tu étais aussi bénévole durant le FIL. C’était une belle expérience ?

Aoife : C’était super ! J’avais un peu peur au début à cause de mon niveau en français parce j’étais interprète. Mais tout s’est bien passé. C’était vraiment génial.

Vous restez sur la musique irlandaise ou la musique des autres pays celtes vous inspire aussi ?

Julien : Dans les musiques que l’on reprend, notamment sur l’album, il n’y a pas seulement de la musique irlandaise. Il y a de la musique d’origine écossaise, par exemple Will you go, lassie go et Ye Jacobites. On a Spanish Ladies, qui est une chanson de la marine britannique. Après, on reste vraiment sur les pays celtes, Bretagne, Irlande ou des chansons irlando-américaines.

Le groupe va-t-il évoluer ou vous restez sur la formule en trio ?

Marianne : C’est un peu compliqué pour le moment. Oui, pourquoi pas évoluer ! On est toujours ouverts à de nouvelles expériences. Actuellement, nous ne sommes que trois mais pourquoi ne pas avoir d’autres instrumentistes à l’avenir.

Julien : Il y a Ivan qui est professeur de violoncelle sur quatre conservatoires en Bretagne, notamment La Faouet, Crozon et Quimperlé, qui dans la mesure du possible nous accompagne sur chaque concert. Pedro, qui nous accompagne à la basse sur l’album, est parti aux Canaries. On a aussi Alban qui nous accompagne de temps à autre, mais c’est un peu plus dur pour nous de le voir parce qu’il est aussi professeur et qu’il est à Guémené sur Scorff. Donc à voir si on peut trouver des musiciens sur Lorient qui soient prêts à faire des concerts.

Votre CD se nomme Chapter One, y aura-t-il un Chapter Two ?

Aoife : Pas pour l’instant parce qu’on est tous occupés avec le travail. Mais dans l’avenir, on espère.

Julien : L’année prochaine ?

Marianne : Oui, pourquoi pas !

CD : Chapter One

Site : https://fr-fr.facebook.com/thefeniansbritany/

* LES MANDRINOTS

LES MANDRINOTS est un groupe originaire de Saint-Laurent-du-Pape en Ardèche qui existe depuis fin 1998 et qui a déjà quatre albums à son actif. Le nom de la formation émane du célèbre contrebandier du dix-huitième siècle, Louis MANDRIN.

Plusieurs musiciens se sont succédé au sein du groupe depuis sa création. LES MANDRINOTS est aujourd’hui composé de sept membres offrant une palette sonore variée (guitare, mandoline, bouzouki, basse, batterie, violon, flûte traversière auxquels s’ajoute le chant).

Le groupe distillait une musique folk-rock aux influences principalement bretonnes et irlandaises qui pouvaient parfois lorgner vers l’Europe de l’Est. Il reprenait aussi des titres de sa région ou bien encore s’engageait vers des morceaux n’ayant rien à voir avec le folk comme cette reprise sympathique du thème du film La soupe aux choux.

L’ambiance était enjouée et festive. Les musiciens proposaient aux gens de participer aux concerts et les conviaient à venir danser. Tout cela se faisait parfois dans un joyeux bazar mais le groupe évitait l’écueil de tomber dans le n’importe quoi.

CD : Frères de la côte

Site : http://www.lesmandrinots.com/

Dossier réalisé par Didier Le Goff

 

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