Gilles SERVAT – C’est ça qu’on aime vivre avec

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Gilles SERVAT – C’est ça qu’on aime vivre avec
(Coop Breizh)

gilles-servat-c-est-ca-qu-on-aime-vivre-avecMême après plus de quarante ans, chaque nouvelle production de Gilles SERVAT reste un événement, c’est dire si l’attente est grande. Alors qu’il avait fallu attendre plus de six ans entre les deux précédents albums studios, ce nouvel opus n’a mis que deux ans avant de voir le jour.

L’album marque une évolution au regard des précédents. Gilles y délaisse en effet les influences traditionnelles et la musique se fait moins celtique. Le CD a par ailleurs été enregistré à Brest et marque des retrouvailles avec des musiciens amis de longue date, dont certains membres des GORISTES, Patrick AUDOUIN (guitares), Jacky BOUILLIOL (claviers, accordéon), Jacky THOMAS (basse) et Henry GIROU (chœurs), ainsi que David RUSAOUEN (batterie).

L’enregistrement s’articule entre nouvelles chansons, reprises et traditionnels.

Le premier titre qui est aussi celui de l’album, C’est ça qu’on aime vivre avec, est un clin d’œil à ce qu’on appelle les « bretonnismes », ces mots ou tournures issus de la langue bretonne et littéralement traduits en français, dont Hervé LOSSEC a fait, avec ses deux recueils, un succès de librairies. Un lexique est inclus dans le livret afin de bien comprendre les propos.

On a souvent, à juste titre, associé Gilles SERVAT à des chansons engagées. C’est oublié qu’il est également l’auteur de très jolis titres dans lesquelles les sentiments ont la part belle. C’est le cas ici avec Quand je reverrai ma belle, En 62 quand elle est née, dédié à sa compagne, ou encore Loin des neiges de la Némétie directement inspiré de son roman Arcturus.

Parmi les reprises, on notera une réinterprétation de La forêt sur la rade, chanson écrite à l’occasion des Fêtes Maritimes de Brest 92 et figurant sur le CD Les albums de la jeunesse. Mais, ce qui retiendra les esprits, ce sont les nouvelles versions de Désertion dont la dureté des paroles se trouve ici nuancée par le côté jazzy de la musique, loin de la martialité de la version originale, et Les prolétaires, qui figurait sur le tout premier album, et qui, même quelque peu réactualisé, trouve toujours un écho très actuel, quarante ans après sa création.

Peuple des dunes, seule chanson originale dont les paroles ne sont pas de Gilles mais de Brigitte GRESY, relate le combat du collectif du même nom qui a lutté durant quatre ans contre le projet d’extraction de sable entre Etel et Quiberon dans le Morbihan.

Deux titres en breton sont présents sur l’opus, Gouleier en noz, une composition plutôt rock ainsi qu’un traditionnel Tad er martelod. Un classique écossais Black is the color tout en douceur, complète un programme riche et varié.

Gilles renoue dans cet album avec une couleur musicale qui rappellera aux plus anciens les albums des années 1970. Il prouve s’il en était encore besoin qu’il est un artiste toujours bien présent dans le paysage culturel.

Site : www.gillesservat.fr

Didier Le Goff

 

 

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