IN CAHOOTS – All That

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IN CAHOOTS – All That
(Cuneiform / Orkhêstra)

Sans vouloir rappeler aux lecteurs probablement déjà avertis (mais il y en a d’autres), IN CAHOOTS est la formation de Phil MILLER, grand parmi les grands guitaristes de ce que l’on appelle l’École de Canterbury. Dans les années soixante-dix (ça fait déjà un bail, je sais) il était leader ou âme indispensable des plus importantes formations de l’Ecole, telles que HATFIELD AND THE NORTH, NATIONAL HEALTH ou même MATCHING MOLE, entre autres. Que cela soit dans son jeu précis, clair et inventif ou dans ses compositions complexes, riches, toutes en harmonies et sans brusquerie, Phil MILLER est un créateur, un vrai.

Des débuts rock assez expérimental et novateur aux accents jazzy, de par la complexité et les structures harmoniques des compositions, il reste à IN CAHOOTS surtout les accents jazzy. L’ambiance est donc résolument jazz dans All That, mais de même les instrumentations (guitare, basse, claviers, cuivres et batterie), les sonorités, les fameuses structures thème/développements/soli/thème, la tempérance générale : tout nous pousse vers l’idiome jazz.

Bien sûr, certaines suites d’accords, certains passages mélodiques nous renvoient à la grande époque de l’École de Canterbury, mais cela reste rare ; trop, probablement, pour un amateur fou des groupes précédemment cités. Bien sûr, dès que l’on s’attend à du jazz, le ravissement du jazzeux est à son comble.

7 morceaux entre 6 et 13 minutes, une production (son/mixage, etc) pro et nickel (Cuneiform oblige), des méandres mélodiques à ravir nous rappellent qu’IN CAHOOTS est une valeur sure, comme d’habitude. Pour les côtés canterburyens (je fais allusion à une certaine sonorité) on notera Elton DEAN aux saxophones (ancien sax de SOFT MACHINE) qui paraît aux anges et nous renvoie à la deuxième époque de SOFT MACHINE dans son solo de Sleight of Hand ou alors les claviers de Pete LEMER, les soli de Phil MILLER, aussi alambiqués, mélodiques et aventureux qu’on puisse l’imaginer.

La tempérance, qui donne un côté british flegmatique, est là, mais ici peut-être trop accentuée, il manquerait la folie et l’humour de la grande époque. Mais ne boudons pas notre plaisir, cet album est un excellent disque de JAZZ.

Romain Rioboo
(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°15 – juin 2004)

Site : www.philmiller-incahoots.co.uk

Label : www.cuneiformrecords.com

Distribution : www.orkhestra.fr

 

 

 

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