In Memoriam Alan VEGA

AlanVegaAlan VEGA : 1938-2016

L’étoile VEGA s’est éteinte ce week-end, à 78 ans. Une perte immense pour beaucoup.

Alan VEGA, né Alan BERMOWITZ en 1938 à New York, fut un personnage important de la scène alternative depuis la fin des années 1960. Alan SUICIDE, son premier pseudo, est l’un des cofondateurs en 1969 de « MUSEE, un projet d’artistes vivants », un lieu ouvert 24h/24 s’adressant à toutes les formes d’art tant visuelles que musicales et cinématographiques, et marquant aussi l’acte de naissance de SUICIDE avec Martin REV.

À la fin des années 1950, il a étudié au Brooklyn College avec Ad REINHARDT et Kurt SELIGMANN. Il s’intéresse d’abord à la peinture et au dessin puis à la lumière en créant des sculptures lumineuses, construites à partir d’objets divers, d’ampoules, de câbles, de néons… Artiste de l’éphémère (il récupère les matériaux dans la rue, pour constituer son œuvre puis les remet à la rue dès l’expo achevée), anti-esthétique et anti forme, il n’hésite pas à recycler et à remodeler ses sculptures pour le besoin des nombreuses expositions qui lui sont consacrées, entre 1969 et 1973, puis en 2002 à New York et en 2009 à Lyon présentant l’œuvre Infinite Mercy (sorte de synthèse de l’univers VEGA où l’on retrouve la lumière, les néons, les câbles, les crucifix, Jésus-Christ, la rue et son engagement politique (notamment contre la guerre en Irak).

Celui qui allait devenir Alan VEGA en 1977 est aussi un pionnier du rock électronique minimal avec SUICIDE, formé avec son acolyte et magicien sonique Martin REV. Restent aujourd’hui des albums mythiques et quelques témoignages scéniques sanguinaires mettant en avant un duo radical et sans compromis. SUICIDE, c’est une voix à la Elvis, ponctuée de cris tout aussi terrifiants que les assauts violents des boîtes à rythmes, et de nombreuses chansons intemporelles.

Dans les années 1980, VEGA entame une carrière solo assez passionnante avec au programme du rockabilly apocalyptique pour les premiers albums (Jukebox Babe, Collision Drive) et de nombreux manifestes électro-urbains avec sa femme Liz LAMERE (Power on to Zero Hour, Deuce Avenue, Dujang Prang, 2007, Station).

Notons aussi pour finir de multiples collaborations avec des artistes divers comme CHRISTOPHE, DIE HAUT, Marc HURTADO et ÉTANT DONNES, Lydia LUNCH, Stephen LIRONI (REVOLUTIONARY CORPS OF TEENAGE JESUS), Alex CHILTON et Ben VAUGHN (l’album Cubist Blues), mais aussi avec le cinéaste Philippe GRANDRIEUX pour lequel il composera la bande-son du film Sombre.

Alan VEGA va beaucoup nous manquer parce qu’il était unique.

 

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