In Memoriam Jaki LIEBEZEIT

Jaki LIEBEZEIT est mort le 22 janvier 2017 d’une pneumonie soudaine à l’âge de 78 ans. Ce musicien allemand natif de Dresde avait commencé par jouer dans un groupe de free-jazz, le Manfred Schoof Group, avant d’être sollicité par Irmin Schmidt, Holger Czukay et Michael Karoli pour devenir la pulsion rythmique du légendaire groupe Can, après avoir participé au trip psychédélique de The Inner Space (Agilok and Blubbo).

Bien décidé à devenir un homme-machine, Jaki LIEBEZEIT a littéralement ancré les improvisations hallucinées et bariolées de ces collègues de Can dans un groove aussi imperturbable que sidérant de groove. Son funk métronomique tourné en boucles « vaudou » a contribué à asseoir la réputation de Can, qui, avec quelques albums primordiaux (Tago-Mago, Ege Bamyasi, Future Days…) reste aujourd’hui une inspiration majeure pour nombre de groupes de diverses tendances.

Avec son jeu minimal et hypnotique, répétitif mais complexe, Jaki LIEBEZEIT a ouvert la voie à la « motorik muzik » d’un Neu!, par exemple (on le retrouve aussi dans les albums solo de Michael Rother), et a préfiguré une sorte de « techno soft » génératrice de transes ondoyantes.

Dans les années 1980, Jaki LIEBEZEIT est allé exercer ses talents au sein d’autres formations, comme Phantom Band, Drums off Chaos et Club off Chaos. Il a également enregistré pour Brian Eno (Before and After Science) Jah Wobble’s Solaris, le Damo Suzuki Band, Burnt Friedman (Secret Rythms) de même que pour l’album Ultra de Depeche Mode.

On le retrouve aussi copinant avec Pascal Comelade, Pierre Bastien et Jac Berrocal sur l’album Oblique Sessions. Plus récemment, il a enregistré plusieurs albums avec Robert Coyne et, pas plus tard que l’an dernier, s’était commis sur scène avec Hans-Joachim Irmler (Faust). Les projets ne lui manquaient donc pas.

C’est un pilier du krautrock qui s’éteint en même temps qu’un artiste influent. Les hypnoses rythmiques de Jaki LIEBEZEIT tourneront encore longtemps dans les corps et dans les têtes.

 

 

 

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