SLAPP HAPPY au Festival Rock in Opposition, Cap Découverte, septembre 2017

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SLAPP HAPPY

au Festival Rock in Opposition
à la Maison de la Musique de Cap Découverte
septembre 2017

Il faut savoir finir un festival. Le Rock In Opposition a pu, au cours de ses dix années d’existence, proposer des clôtures déroutantes, pour ne pas dire périlleuses… Celle de cette dixième édition n’a pas failli à la règle, même si, d’un point de vue historique et généalogique, le groupe de clôture avait toute légitimité à se produire ici. Connu pour avoir fréquenté faUSt et HENRY COW, SLAPP HAPPY est cette parenthèse pop british égarée dans l’histoire du Rock In Opposition et qui n’en contient pas vraiment les présupposés stylistiques. On ne voudrait pas avoir l’air de ranimer le débat sur la question de la légitimité à considérer le R.I.O. comme un style musical pur et propre ou, pire, comme un sous-genre du rock progressif (fut-il avant-gardiste), et on peut comprendre que la présence de SLAPP HAPPY a pu susciter chez certains ahurissement et incompréhension. Mais il y a un moment où il faut savoir fendre l’armure et déposer les armes face à ce qui tient indubitablement lieu de décalage miraculeux.

45 ans après leurs débuts, Dagmar KRAUSE, Peter BLEGVAD et Anthony MOORE ont retrouvé Werner Zappi DIERMAIER et Jean-Hervé PÉRON (de faUSt) pour ressusciter leur univers pop rousseauiste à base de tango, de valse, d’aubade et « some rockier numbers ». Puisant en grande partie dans l’album Casablanca Moon (normal, vu la formation), mais aussi – et c’était plus étonnant – dans l’album de la fin des années 1990, Ça va, avec deux pincées de Sort of et une lichette (passée presque inaperçue) de Desperate Straights, SLAPP HAPPY a revisité plusieurs de ses petits joyaux où il est question de petites mains de pierre, de grands secrets, de rois de paille, d’embryons de Byron, de corps retrouvé dans un ventilateur sous la lune de Casablanca, de lumière voyageuse, de Charlie qui voit double, de casquette de moire, de quéquette d’ivoire et de ces empreintes qui nous laissent scarifiés pour la vie… Lovely Stuff Indeed !

L’ambiance sur scène était bon enfant, décontractée (malgré les petites angoisses d’une Dagmar pour un micro qu’elle n’arrive pas à retirer de son socle, ou les trous de mémoire d’un BLEGVAD), les artistes communiquant avec le public comme si on était à une répétition générale, ce qui contrastait agréablement avec l’aspect carré-hyper-pro-hi-tech de certains concerts précédents.

SLAPP HAPPY, c’était l’« instant norvégien » et « chill out » du festival R.I.O. Et il fut au moins émouvant, voire attendrissant. (Je sais, ce n’est pas très zeuhl, mais on a dit : pied à terre, bordel !)
« Was it prog’ enough for you ? » a demandé narquoisement BLEGVAD. Manquerait plus que ça !

Pendant la conférence de presse qui a suivi, le groupe a refait son histoire, exhumé des souvenirs, avec de bonnes tranches de rigolade ! Quelle belle façon de tirer le rideau…

Texte et Photos : Stéphane Fougère

Diaporama photos :

 

Site : https://www.facebook.com/slapphappyofficial/

Site du Festival : http://www.rocktime.org/rio/

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