TANGERINE DREAM – Phaedra Farewell Tour 2014 – The Concerts

TANGERINE DREAM – Phaedra Farewell Tour 2014 –
The Concerts (Eastgate)

tangerine-dream-phaedra-farewell-tour-2014-the-concertsCe triple CD propose l’intégralité de la set-list prévue pour la Phaedra Farewell Tour, plus quelques bonus, des « stage rehearsal recordings », soit en tout 27 titres enregistrés lors de cette dernière tournée exclusivement européenne, qui s’est déroulée entre le 3 avril (Copenhague) et le 9 juin 2014 (Turin) ; ajoutons à cela, entre le 7 et 12 avril, la fameuse Cruise to the Edge effectuant le trajet Miami – Mexico – Honduras, et vous obtenez ce beau document testament, puisqu’il s’agit de la dernière prestation live de TANGERINE DREAM sous cette formation (Iris CAMAA et Linda SPA ayant quitté le groupe depuis) mais aussi pour reprendre les termes exacts, parce qu’une phase importante de la musique du groupe arrive à sa fin : « the various decades of TD’s pioneering ages ». Et pionnier, FROESE l’est toujours. Infatigable, inspiré et toujours bien entouré, il a activé un nouveau TANGERINE DREAM, un quatuor avec Thorsten QUAESCHNING, Hoshiko YAMANE et Ulrich SCHNAUSS, pour des concerts en Australie à Melbourne les 16 et 20 novembre 2014, marquant le début de la phase appelée The Quantum Years… Une nouvelle ère qui s’ouvre avec le cupidisc Mala Kunia, une belle réussite qui annonce le meilleur pour 2015. Mais ceci est une autre histoire.

Pour nous, qui avons assisté au concert du Trianon (prestation hélas écourtée à cause de problèmes techniques), c’est l’occasion d’appréhender l’événement dans sa totalité. La qualité sonore est comme d’habitude d’un haut niveau et c’est très agréable d’écouter tranquillement chez soi ces trois CD, résumant la carrière d’un groupe aux orientations musicales parfois critiquables mais dont nous ne pouvons pas nier l’importance historique dans le domaine de l’électronique. TANGERINE DREAM reste la plus belle machine à rêves existante dans ce monde bien compliqué.

De cette tournée, nous retiendrons d’abord la composition du groupe comprenant cinq musiciens: FROESE, QUAESCHNING aux claviers, SPA aux claviers et instruments à vent (saxo, flûte), CAMAA aux percussions et v-drums et Hoshiko YAMANE, la petite dernière arrivant sur scène dès la deuxième partie du show alternant violon, e-cello et c-voice. Point de Bernard BEIBL parti lui aussi et donc pas de guitare électrique (ou très peu, jouée par FROESE); ce qui donne un contexte sonique beaucoup moins rock et plus électronique, synthétique… Un retour aux sources en somme.

Ensuite, il y a la set-list faisant office de best of, mélangeant des vieux titres aux plus récents : une set-list déroutante mais finalement cohérente, où les enchaînements entre les morceaux fonctionnent bien pour offrir un spectacle captivant (même si nous ne pouvons pas nous empêcher de déplorer que la période des années 1970 est peu représentée). De l’âge d’or de l’électronique allemande, nous n’avons droit qu’ à deux titres de la soundtrack Sorcerer (1977), Sorcerer Theme et Grind puis en guise de rappel, du mythique Phaedra (1974) dans sa version 2014 de plus de dix minutes. C’est bien maigre en effet. Des années 1980, la sélection pioche dans des albums marquants comme Logos (1982), Poland (avec Horizon, Warsaw in the Sun), Hyperborea (Hyper Sphinx, une variation de Sphinx Lightning dans une version moins intense que celle jouée à Lorelei), Underwater Sunlight (Song of the Whale), ou Tyger (Alchemy of the Heart). Les années Melrose (1988-1990) avec les albums Optical Race (The Midnight Trail) et Melrose (Three Bikes in the Sky) ne sont pas oubliées. En résumé, nous retrouvons des classiques du groupe, l’intemporel Girl on the Stairs, et des morceaux emblématiques de la période avec FRANKE et SCHMOELLING (de Logos à Risky Business) : pas de grosses surprises mais que du plaisir !

Il y a aussi les nouvelles compositions provenant des cupisdisc, de la série Booster, et d’albums tels que Franz Kafka The Castle (Odd Welcome), GTA 5 (Burning the Bad Seal) ou Finnegans Wake (Hermaphrodite). Il faut prendre le temps de s’habituer à ces compositions mais c’est toujours à la fois très planant et rythmé avec des mélodies synthétiques vraiment prenantes; Iris CAMAA est fidèle à elle même, très énergique, contrastant avec l’immobilité du reste de l’équipe. Nous sommes submergés par l’atmosphère étrange et poétique de Josephine the Mouse Singer, morceau ouvrant la deuxième partie du concert, avec Iris masquée et déguisée en femme oiseau (voir la pochette) et toujours aussi émus à l’écoute de Trauma (extrait de Autumn in Hiroshima), dernier titre mélancolique avant le rappel.

Ce témoignage live est un document indispensable pour les fans mais aussi un bel objet accompagné d’un livre contenant de nombreuses photos inédites du groupe, en complément du Tour programme.

Cependant, nous restons un peu sur notre faim; il est regrettable de ne pas avoir davantage de titres de Phaedra, si nous prenons en compte l’intitulé de cette tournée. Il aurait été judicieux de jouer un morceau comme Mysterious Semblance at the Strand of Nightmares qui aurait mérité sa place dans la set-list et qui aurait fait une bien meilleure entrée en matière que Odd Welcome. Et nous restons aussi frustrés que le concert parisien du 22 mai dernier n’ait eu droit qu’à vingt titres, correspondant aux CD 1 et 2… Un show raccourci privé des rappels et de Phaedra. Devant un tel fiasco, cela aurait mérité d’organiser un autre concert dans la capitale.

Site : www.tangerinedream.org

Cédrick Pesqué

 

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