ZABOITZEFF & CREW – Miniaturen (Zoydian Suite in 3 Movements)

ZABOITZEFF & CREW – Miniaturen (Zoydian Suite in 3 Movements)
(Atonal)

zaboitzeffcrew_miniaturenMiniaturen est une production de Thierry ZABOITZEFF pour la nouvelle pièce d’Editta BRAUN créée pour l’ouverture du «Salzburger Festspiele» de 1999 : cette fois, le Dr. ZAB ne s’est pas contenté d’activer son orchestre à cordes robotique et machinique. Contre toute attente, il a constitué autour de lui une petite équipe de musiciens faits de chair et d’os authentiques !

Comme une surprise n’arrive jamais seule, Miniaturen a été de plus composé à partir d’anciennes pièces que Thierry avait écrites pour ART ZOYD ! Pas moins de 41 pièces miniatures ont donc été réenregistrées et assemblées de manière à engendrer une «suite zoydienne en 3 mouvements».

Chacun de ceux-ci dure environ 20 minutes et se réfère à une sensation : le beau (Schön), le délicat (Zart) et le froid (Kalt). À vrai dire, ce dernier qualificatif définit bien mal les qualités de ce nouvel opus. On se doute en effet que la présence de musiciens procure un indéniable supplément de chaleur et de dynamisme à ce disque, d’autant que certaines parties ont été enregistrées live.

Si ZABOITZEFF assure toujours un bon nombre d’instruments (guitares, basse, violoncelles, voix, programmations et « soundscapes » ), les clarinettes sont tenues par Christian KAPUN, la batterie et les percussions par Peter ANGERER tandis que la voix soprano de Judith LEHNER apporte un judicieux contrepoids à la terrifiante voix de goule du ZAB. Précisons que les musiciens en question ne sont pas de serviles invités-décorateurs ; leurs contributions sont vraiment notables et quelques espaces solistes leur ont même été alloués.

Quant aux différents mouvements de cette suite, ils ne manquent ni de rebondissements ni de soubresauts puisqu’ils sont constitués chacun de dix à quinze miniatures aux climats très variés, ce qui donne une œuvre à caractère épique, comme ART ZOYD a pu effectivement en faire.

Tensions dramatiques affinées, effluves de romantisme noir, émanations médiévalisantes, marches funèbres, révoltes schizophréniques et contemplations ambiguës s’enchaînent sans crier gare et sans laisser le temps à l’auditeur de se laisser dominer par une nonchalance ennuyée.

Les mouvements se suivent en se renvoyant parfois la balle, certaines miniatures étant répétées. Le territoire est également balisé par des bruitages récurrents, tels des cloches d’église, des aboiements, des portes blindées qui claquent, des déclics d’appareils photo et des pâmoisons érotiques. Et puis, il y a ces thèmes qu’on a l’impression d’avoir déjà entendus auparavant… Chez le ZAB ? Chez ART ZOYD ?

En tout cas, la réussite de Miniaturen ne tient pas uniquement au fait d’avoir retrouvé la « lettre » artzoydienne, mais aussi un esprit que même certains ne retrouvaient plus chez ART ZOYD. Ça en dit long sur les perspectives à venir…

Site: www.zaboitzeff.org

Stéphane Fougère

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°7 – octobre 2000)

 

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