ASH RA TEMPEL EXPERIENCE – Live in Melbourne

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ASH RA TEMPEL EXPERIENCE – Live in Melbourne
(MG. ART)

 

Le 8 août 2015, s’est produit un événement que jamais nous n’aurions cru possible. C’était au Centre des Arts de Melbourne, dans le cadre du Supersense Festival of the Ecstatic. Manuel GOTTSCHING y fut invité pour un concert en solo mais a aussi accepté la proposition de jouer avec d’autres musiciens renommés, également à l’affiche de ce festival organisé par Sophia BROUS, musicienne de jazz qui a été également animatrice pour la radio Triple R à Melbourne.

Ilona J. ZIOK eut l’idée lumineuse de suggérer à son époux de jouer des classiques de ASH RA TEMPEL. Et voilà donc ce CD paru en septembre dernier sur MG.ART proposant plus de 50 minutes live de cette session spéciale entre le guitariste, Ariel PINK du ARIEL PINK’S HAUNTED GRAFFITI (basse, chant, effets…), Shags CHAMBERLAIN du groupe australien THE SMALLGOODS (claviers, synthés) et un proche de Richard PINHAS, l’impressionnant Oren AMBARCHI (batterie, gong).

La set list est assez incroyable voire même plutôt improbable. En effet, les musiciens jouent quatre titres, soit l’intégralité de l’album Schwingungen et ce qui constituait la face A de Seven Up, à savoir le morceau Space (Downtown, Power Drive,  Right Hand Lover, Velvet Genes) dont l’interprétation puissante et psyché est des plus prenantes. Le groupe ainsi formé joue non pas des extraits mais bien les versions dans leur intégralité.

Pour rappel, Schwingungen fut enregistré en février 1972 et Seven Up (avec la participation de Timothy LEARY) entre les mois d’août (au Sirius Studio à Berne en Suisse) et d’octobre (le fameux studio de Dieter Dierks à Stommeln-Pulheim en Allemagne) de la même année.

Pour ce projet, les musiciens se sont retrouvés à Melbourne pour des répétitions, seulement deux jours avant le concert. Manuel GOTTSCHING s’est amusé à  apporter quelques petites variations, spécialement sur la première partie de Schwingungen en voulant s’inspirer de Steve REICH. En effet, l’introduction de ce titre voit les quatre musiciens jouer ensemble du vibraphone, créant ainsi une ambiance planante et irréelle. C’est en quelque sorte une « music for four musicians ».

Le concert est réussi parce que nous retrouvons l’âme de ART, plus de quarante ans après la création des morceaux originaux.  C’est un voyage vers les années flamboyantes du krautrock.  À l’écoute des deux parties de Light and Darkness, la musique est intense, bouillonnante et explosive (Look at your Sun), nous entraînant dans les abîmes d’un psyché-rock tribal: Flowers must Die nous fait entrer dans une transe sans retour porté par la batterie d’Oren et un chant quasi-frénétique. Et il y a aussi le final (une lente descente mélancolique) intemporel, poétique et très floydien de Schwingungen qui nous donne encore des frissons.

C’est vraiment un réel plaisir d’entendre aujourd’hui de tels classiques des années 1970 et de retrouver ce son de guitare si légendaire et aussi très rock de Manuel GOTTSCHING. Il reste un guitariste hors pair, un grand musicien dont l’œuvre est pour toujours dans nos cœurs.

Il est dommage que cette performance soit si courte (53’23) parce que les musiciens étaient prêts à jouer une ou deux heures de plus. Heureusement pour nous, elle a été enregistrée;  et c’est un ami du guitariste, Mick GLOSSOP, qui s’est occupé du mixage de l’enregistrement et qui, par son travail remarquable et subtil, a su préserver l’atmosphère unique de ce concert.

Cédrick Pesqué

Site : https://ashra.com/

 

 

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