BADMA KHANDA ENSEMBLE – Mongolian Music from Buryatia

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BADMA KHANDA ENSEMBLE – Mongolian Music from Buryatia
(ARC Music / DOM)

Tout comme celle de sa voisine la République de Touva, la culture traditionnelle de Bouriatie a subi les affres de la politique répressive du bloc soviétique auquel elle a été intégrée au début du XXe siècle. Le patrimoine musical bouriate aurait ainsi pu définitivement disparaître si une partie du peuple bouriate ne s’était réfugiée en Mongolie intérieure, où elle a pu le préserver.

C’est dans ce territoire de la Chine qu’est née la chanteuse Badma KHANDA, qui a de fait pu hériter d’un répertoire de chants populaires bouriates ancestraux. Ses immenses capacités vocales ont permis à Badma KHANDA de diffuser sa parole traditionnelle au-delà de la république autonome bouriate, et ce jusqu’aux États-Unis. Elle s’est en effet produite à New York avec le groupe qui porte son nom à l’occasion d’une expérience inédite avec le tromboniste américain Roswell RUDD immortalisée par le CD Blue Mongol (Sunnyside Records, 2005).

Le CD qui nous occupe ici a été publié par ARC Music ; il s’agit en fait de la réédition pour le marché international du premier album de Badma KHANDA, Amar Mende, paru sur un obscur label russe en 2004. De nature plus strictement traditionnelle, il contient une bonne vingtaine de chansons et mélodies instrumentales toutes inspirées par la vie et les paysages montagneux de la Bouriatie. Badma KHANDA les interprète de sa voix à la fois fluide et imposante, suave et expressive, qui devrait séduire même les non-initiés.

Ses musiciens jouent exclusivement sur des instruments acoustiques typiques de la tradition bouriato-mongole. La vièle à deux cordes ornée d’une tête de cheval morin khuur, la cithare yatag et le tympanon yochin définissent donc les contours des arrangements du BADMA KHANDA ENSEMBLE.

Ce groupe bénéficie également du talent polyvalent de Battuvshin BALDANTSEREN. Ce multi-instrumentiste mongol délivre de somptueuses parties de flûte limbe, dont il est un maître, et joue occasionnellement de la guimbarde khomus, du hautbois bish khuur et des vièles ish khuur et morin khuur. Le chant de gorge fait de même partie de ses atouts, mais il n’en use ici que sporadiquement.

Il est clair que le spectre vocal est dominé par la voix marquante de Badma KHANDA, dont la souplesse lancinante est aux antipodes de la rugosité caverneuse du chant diphonique.

Cet album viendra donc judicieusement compléter la discothèque de tout amateur de traditions musicales sibéro-mongoles, entre NAMGAR et EGSCHIGLEN.

Stéphane Fougère

Label : www.arcmusic.co.uk

(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n°40 – hiver 2008/2009)

 

 

 

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