Dominique REPECAUD – Ana Ban

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Dominique REPECAUD- Ana Ban
(In Situ/Orkhêstra)

domiquerepecaud_anabanAncien membre du groupe pyromane SOIXANTE ÉTAGES et par voie de conséquence membre actuel et permanent d’ÉTAGE 34 (et ce n’est pas parce qu’on chute de quelques crans dans les étages que la barre est placée moins haut !), le guitariste Dominique RÉPÉCAUD compte parmi les figures de proue des musiques vivantes, qu’elles soient transversales ou parallèles ; sans compter qu’il est aussi le responsable de la programmation de cette véritable plaque tournante qu’est le festival Musique Action de Vandœuvre-lès-Nancy…
En tant qu’acteur de la scène improvisée française, il n’avait pas encore eu l’occasion de se livrer en soliste. Mais grâce au label In Situ, coutumier de ce genre de projet, REPECAUD signe avec Ana Ban son premier disque solo, ou en tout cas présenté comme tel bien qu’il s’agisse plutôt d’un disque de rencontres, de jonctions dans l’instant créateur.
Plutôt que de raconter son parcours, Dominique RÉPÉCAUD a préféré dresser une synthèse de ses idiomes guitaristiques dans l’ici et le maintenant et les confronter aux langages d’autres personnalités de la mouvance impro-expérimentale d’aujourd’hui : citons Laurent DAILLEAU, Michel DONEDA, LÊ QUAN NINH, Frédéric LE JUNTER, Dominique GRIMAUD, Jérôme NOETINGER, Kristoff K ROLL, etc., sans oublier les complices d’ÉTAGE 34, Olivier PAQUOTTE et Daniel KOSKOWITZ.
Tantôt papier de verre, tantôt essaim de parasites jubilatoires, distortionniste et contordue (eh ?) la guitare de RÉPÉCAUD, qui agit en deux temps (dans la continuité de l’enregistrement puis en overdub couchée sur une table avec une autre guitare), croise des saxophones, des basses électriques, d’autres guitares préparées, un Theremin, des machines analogiques, des bandes cinématographiques, des bols japonais, un bigorneau, des séquencers, des vinyls fatigués, des tranches de vie et des icônes chantantes…
Ana Ban se veut «un disque de blues blanc» (sic), le bilan d’un amateur de «culture rock à vie» (re-sic), celle qui va de
HENRY COW à Pierre HENRY, de SOFT MACHINE à AMM, de KING CRIMSON à John CAGE, de SUN RA à Derek BAILEY… Un parcours classique en somme !
Dominique RÉPÉCAUD recommande d’écouter ce CD en lavant par exemple la vaisselle. C’est paradoxal : en l’écoutant, on a l’impression que la vaisselle est déjà faite !

Distributeur: www.orkhestra.fr

Stéphane Fougère
(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°8 – mars 2001)

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