DREMMWEL – Hirbad

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DREMMWEL – Hirbad
(Coop Breizh)

En juillet 2016, afin de célébrer ses trente ans d’existence, DREMMWEL s’était vu offrir une carte blanche par le Festival de Cornouaille de Quimper. De nombreux artistes étaient alors venus souffler les bougies avec les musiciens du groupe. Ce nouvel album a pris essence lors de cette soirée.

Hirbad signifie « longue durée » et ce titre fait référence à la longévité du groupe, mais il se trouve aussi être un clin d’œil aux 33 Tours que l’on appelait autrefois ainsi.

Si en trois décennies la formation a régulièrement évolué, elle s’est néanmoins stabilisée et s’articule aujourd’hui autour de Daniel CADIOU (guitares et programmations), Fabrice CARRE (batterie, percussions, basse, guitare), Marie CARRE (contrebasse, flûte traversière), Marin LHOPITEAU (harpe celtique, violon), Dominique LE GUICHAOUA (accordéon, biniou) et René MARCHAND (bombardes, flûte).

Fidèle à ses habitudes, DREMMWEL nous a concocté un album ou se succèdent des titres à danser et d’autres à écouter. Les différents membres du groupe ne sont pas présents sur tous les morceaux. En contrepartie, plusieurs invités viennent à nouveau leur prêter mains fortes, en particulier Patrice MARZIN qui signe la réalisation de l’opus tout en ne dédaignant pas assurer quelques parties de basse ou de guitare.

Le premier titre, Pilpasañ, une danse plinn, nous transporte aussitôt dans un univers familier et nous met déjà dans l’ambiance. La plage suivante, Hanter inconnues (bien vu), est un hanter-dro et bien qu’il s’agisse de musique bretonne, celle–ci est teintée d’influences sud-américaines séduisantes et harmonieuses. Dans la même veine, Mervent présente un dialogue entre la harpe celtique et la harpe paraguayenne d’Ismaël LEDESMA, complice du groupe depuis plusieurs années déjà.

Pile a’ leur et Ar roc’h sont eux des morceaux plus électriques. Quant à A lot of Traffic, une polka composée par Dominique, il est le seul titre sur lequel les six membres du groupe sont présents ensemble.

Beata Funtanella est une rencontre entre la chanteuse bretonne Louise EBREL et le chanteur corse Marco CAMPANA. Ce chant a été composé par le poète Ghjuliu BERNARDINI, qui est aussi le père des deux frères fondateurs du groupe I MUVRINI. Il est ici interprété en breton et en corse avec un accompagnement discret laissant les voix s’exprimer.

Quand nous partîmes à Toulon permet de retrouver Louise EBREL qui, une fois n’est pas coutume, chante en français sobrement servie par un trio guitare, contrebasse et accordéon

Macpherson’s Rant est une chanson écossaise collectée par le célèbre ethnomusicologue américain Alan LOMAX sur laquelle les musiciens ont délicatement placé leurs instruments (violon, accordéon, guitare soutenus par quelques programmations) sur les trois voix (Rob GIBSON, Malcom KERR, Andy MITCHELL) d’une version enregistrée dans les Highlands.

L’air vous va si bien rend hommage au céramiste-décorateur Paul FOUILLEN, dont le nom est associé aux faïenceries quimpéroises, et qui était aussi compositeur et musicien. Le titre comprend deux de ses compositions.

La pochette de l’album représentant un juke-box pourra décontenancer. Ce symbole est pourtant une très bonne métaphore sur le contenu du CD, c’est-à-dire un recueil varié dans lequel ressort néanmoins une authentique unité.

Didier Le Goff

Site : www.dremmwel.com/

 

 

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