FAUST – Od Serca Do Duszy

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FAUST – Od Serca Do Duszy
(Lumberton Trading Company)

Puisque la scène est le lieu où l’imprévisible groupe FAUST s’épanouit en de multiples possibles et que chaque concert est un moment unique où tout et son contraire peut se produire, il y a toujours de l’inédit à se mettre sinon sous la dent, au moins dans les oreilles, qui vous en seront toujours reconnaissantes. Rien de tel donc qu’un disque live pour retrouver FAUST en ses œuvres vives et ses frasques rugueuses. C’est précisément ce que propose le double CD Od Serca Do Duszy, qui contient l’enregistrement d’un concert en Pologne, à Cracovie, en novembre 2006, alors que le groupe tournait en trio constitué de Zappi W. DIERMAIER, Jean-Hervé PÉRON et Amaury CAMBUZAT.

C’était la première fois de son existence que FAUST se produisait en terre polonaise ; et il a indubitablement le don de répandre des « good vibes » partout où il passe, a fortiori devant un public qui ne l’a encore jamais vu. Od Serca Do Duszy en est une éblouissante démonstration, tant le trio y génère des mouvements vibratoires éloquents, notamment lors de ses généreuses improvisations qui constituent une bonne moitié du set.

Autant de moments magiques qui prennent des visages très différents, de la pulsation roborative de Sex à l’aigreur engagée de Salauds, salades, en passant par le rituélisme chamanisant de We are not here, la transe plombante de Krakow II (une variation sur Hurricane), ou encore la quiétude extatique de Our Soul to Your Ears, pour lequel PÉRON a obtenu le silence total du public, pourtant bien chauffé après la séance de soudure et de zinguerie de …and this is not Music et l’urgence de la version de The Sad Skin Head.

D’autres classiques du FAUST originel sont de même repris avec une belle vigueur abrasive et exacerbée (It’s a Bit of a Pain, radicalement retitré The Asshole, et en rappels les impayables Rainy Day, Sunshine Girl et Schempal aux dents/J’ai mal Buddha).

De plus, ce concert jouit d’une somptueuse qualité d’enregistrement, très nettement supérieure à celle du coffret FAUST in Autumn, qui documentait la tournée anglaise de 2005. Chaque note, chaque bruit, chaque son, qu’il provienne d’une percussion, d’une guitare, d’un vent, de la perceuse, de la bétonnière, d’une tôle ondulée ou d’une simple cloche est reproduit avec une clarté fascinante, que ce soit dans les assauts d’alacrité ravageuse comme dans les instants de solitude indicible.

Voilà de la poésie brute de décoffrage en qualité optimale qui décongestionne les canaux tant auditifs que cérébraux.

Stéphane Fougère

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°23 – mars 2008)

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