Festival Interceltique de Lorient 2011 – Deuxième partie : les têtes d’affiche

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Festival Interceltique de Lorient 2011

(Deuxième partie)

festival-interceltique-de-lorient-2011Le Directeur Général du festival Interceltique aime à le rappeler, la véritable tête d’affiche c’est le Festival lui-même. Il n’en demeure pas moins qu’avoir dans une programmation des artistes connus et reconnus, sans toutefois tomber dans un catalogue de célébrités, est un atout dont il est difficile de se passer.

Cette édition 2011 aura été marquée par des artistes qui, même s’ils sont originaires d’un pays celtes (Luz CASAL pour la Galice, TEXAS pour l’Écosse), ne naviguent pas dans les eaux de la musique celtique. Le cas d’Hugues AUFRAY est différent car, en tant que chanteur portant l’étiquette folk, sa musique se rapproche régulièrement des rives celtiques.

Le problème se pose surtout pour la grande scène de l’Espace Marine, ou programmer de grosses têtes d’affiche celtiques n’est pas si évident quant on ne veut pas tomber dans la redite.

Les « stars » peinent à se renouveler. Faute de médiatisation, il n’est pas aisé aujourd’hui pour des musiciens de toucher une large public, qui n’a pas forcement la curiosité d’aller découvrir par lui-même les éventuelles vedettes de demain.

Si on excepte les « dinosaures » que sont Alan STIVELL, TRI YANN, Gilles SERVAT ou encore SOLDAT LOUIS et Denez PRIGENT pour la Bretagne, THE CHIEFTAINS ou THE DUBLINERS pour l’Irlande, Carlos NUNEZ pour la Galice, qui peut aujourd’hui remplir le chapiteau de l’Espace Marine sur son seul nom ?

Il n’en demeure pas moins que des salles plus modestes accueillaient également des artistes connus et, quand on fait le bilan, on se rend compte que le festival Interceltique aura su combler les attentes.

Cette année encore, certains soirs, il était bien difficile de faire un choix.

** Les têtes d’affiche **

CLAYMORE

Les australiens de CLAYMORE font partie des musiciens que l’on suit régulièrement avec le plus grand intérêt. Nous les avions découverts en 2002 lors de la nuit du Port de Pêche et, déjà, nous avions pu relever le réel potentiel du groupe. CLAYMORE s’est à nouveau produit en 2003, mais c’est en 2006, à l’occasion de l’année de l’Australie, que le groupe s’est vraiment fait connaître car les scènes les plus exposées s’étaient offertes à lui.

Fort d’un album paru en 2008 et d’un DVD, dont nous avons eu l’occasion de parler, CLAYMORE est revenu en 2011. Et, une fois encore, tout le bien que nous avons dit sur les enregistrements du groupe a pu être vérifié en direct. Le combo nous a proposé un set de grande qualité, explosif a souhait et il nous a surtout prouvé que lorsque des musiciens savent vraiment jouer, ils sont capables de s’adapter à n’importe quelles scènes sans que les oreilles aient à souffrir d’un son désastreux. Les guitares pouvaient saigner, la batterie (tenue par Mick MILLS, le second batteur) cogner, les didgeridoos résonner, tout était nickel.

Les fameuses CLAYMORE’S DANCERS étaient évidemment de la partie et comme à l’accoutumée, c’est la reprise d’ACDC, Long way to the top, qui a clôturé le concert devant un public debout.

CLAYMORE est un des rares groupes de rock celtique australien à se produire sur le FIL, mais à chaque fois il représente dignement son pays.

Site : www.claymore.org

DVD : Firkin Live 09

HEVIA

HEVIA n’était pas venu au Festival Interceltique depuis 2003. Pour son retour à Lorient, le sonneur asturien était le maître d’œuvre de la première création de cette édition : Remis Un Gaïtero Universal.

Le spectacle mettait en lumière le sonneur asturien Jose REMIS OVALLE (1910-1987) qui est une figure pour HEVIA, son grand père musical en quelque sorte. REMIS a commencé par jouer de la batterie avant de s’intéresser à la gaïta à 12 ans. En 1956 il gagne un concours, puis en 1957 il s’envole pour une tournée sur le continent américain (Argentine, Mexique, Cuba, USA, etc.) qui dura trois années.

C’est l’évocation de cette tournée américaine qui a servi de base au concert. Entre des thèmes purement traditionnels ou des compositions de REMIS, se sont glissés des morceaux bien connus n’ayant rien à voir avec l’univers celtique. Entendre des titres comme Besame Mucho de Consuelo VELÁZQUEZ, Por une cabeza, le célèbre tango de Carlos GARDEL ou encore In the Mood de Glenn MILLER interprétés à la gaïta avait quelque chose d’inédit et de rafraîchissant.

Contrairement à ses prestations habituelles, HEVIA avait laissé de côté le tout électronique et était accompagné par une formation plus classique (guitare, basse, batterie, percussions, claviers). Des cuivres apportaient par moments un swing qui, conjugué au son de la gaïta, surprenait et enchantait.

Enfin, pour clore le concert, les titres propres à HEVIA n’ont pas été oubliés. Le BAGAD RONSED MOR de Locoal-Mendon a alors rejoint les musiciens. L’inévitable Busindre Reel était évidemment de la partie.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que cette création trouve son prolongement sur CD ou DVD et qu’elle soit proposée sur d’autres scènes car il serait dommage que ce ne soit qu’un spectacle sans suite.

Site : www.hevia.es

CD : Lo mejor de Hevia

GLENMOR, L’INSOUMIS

2011 aura été pour GLENMOR l’année d’un double anniversaire. En effet, l’artiste aurait eu quatre vingt ans et ensuite, cette année marquait le quinzième anniversaire de sa disparition. Afin de commémorer l’événement dignement, la célèbre troupe de théâtre finistérienne AR VRO BAGAN a mise en scène une pièce retraçant certains pans de la vie de l’artiste.

Il était logique que le Festival Interceltique s’associe à cet anniversaire en programmant la pièce.

Le but n’était pas de suivre scrupuleusement la vie de GLENMOR, ni de proposer une pièce de théâtre au sens strict. AR VRO PAGAN a préféré créer une suite de tableaux racontant GLENMOR au travers de ses rencontres (son épouse KATELL, Xavier GRALL, Léo FERRÉ), de sa vie personnelle ou professionnelle, y compris avec les zones d’ombres (le fait que GLENMOR n’ait pas transmis le breton à ses enfant était évoqué).

La pièce comportait aussi des moments drôles comme la controverse sur la chanson Sodome, jugée insultante pour Paris, lors du passage sur la scène de Bobino.

Des chansons (O Keltia, War Hent Ker Dundee, Gronvel, C’est amour-là, Pa vin maro) permettaient un intermède entre chaque tableau. Andréa AR GOUILH, Yvon ETIENNE et Gweltaz AR FUR accompagnés par des musiciens, parmi lesquels se trouvaient le contrebassiste de GLENMOR, Fanch BERNARD, s’y attelaient de belle manière. L’exercice n’était pas si évident car les chansons du barde ne sont pas faciles à interpréter.

L’ensemble était accompagné de photos ou de courts films projetés sur un écran.

Les acteurs n’ont pas cherché à ressembler coûte que coûte physiquement aux personnages originaux, ce qui était impossible. En revanche, l’interprétation était d’une telle justesse qu’on avait l’impression par moments de réellement voir GLENMOR, KATELL ou Xavier GRALL sur la scène.

Le moment où ce dernier quitte la scène était particulièrement émouvant. On devine également ce qu’a pu ressentir Fanch BERNARD en revivant certains épisodes de sa vie.

Cette création a également été jouée sur d’autres scènes de Bretagne. Elle mériterait d’être gravée sur un DVD car elle rend un hommage juste et sérieux à un artiste dont l’œuvre à tendance à être malheureusement un peu oubliée.

Sites : www.glenmor.net et www.arvrobagan.fr

CD : L’intégrale

HUGUES AUFRAY

Ce fut une des surprises de cette édition et, pourtant, à bien y réfléchir, cela sonnait comme une évidence. Hugues AUFRAY a été un des pionniers du mouvement folk en France, il a des origines bretonnes et, même si sa musique n’est pas à proprement parler celtique, les influences sont néanmoins perceptibles. Ce qui est étonnant, et le chanteur l’a d’ailleurs fait remarquer, c’est que ce fut sa première participation en quarante et un an de Festival. Les sourires sur les visages à l’issue du concert étaient le témoignage de la pertinence de ce choix.

Les principaux tubes n’ont pas été oubliés (Adieu M. le professeur, Le petit âne gris, Stewball, Y’a quatre marins avec le concours du BAGAD DE LANN BIHOUE). L’incontournable Céline repris en chœur par le public a été un des moments les plus émouvants de la soirée. Quant à Les crayons de couleurs, en ces temps troubles, le message véhiculé par cette chanson plus de quatre décennies après sa création n’a rien perdu de sa force. Un hommage a également été rendu à Bob DYLAN (M. Tambourine man ; N’y pense plus, tout est bien en duo avec Nolwenn KORBELL).

Hugues AUFRAY s’accompagnait à la guitare ou à la flûte irlandaise. A ses côtés, ses musiciens assuraient dans un accompagnement folk-rock (guitare, basse, batterie, accordéon) qui ne couvrait pas la voie du chanteur. Pour le final, le Bagad est revenu sur scène pour le classique parmi les classiques, Santiano, devant un public debout.

On peut parfois craindre, avec les grosses têtes d’affiche, une certaine froideur. Ce ne fut pas le cas ici et le chanteur conversait volontiers avec les spectateurs.

A quatre vingt deux ans, Hugues AUFRAY n’a rien perdu de son enthousiasme et son concert restera comme l’un des moments forts de l’édition 2011.

Site : www.huguesaufray.com

CD : Troubador since 1948 – Les 100 plus belles chansons

CECILE CORBEL

En 2010, Cécile CORBEL avait fait sa première apparition dans la programmation officielle du Festival Interceltique à l’occasion de la soirée de la harpe. Cette fois, c’est à l’occasion de l’après-midi consacré au jeune public, les Celtes en devenir, que la harpiste est intervenue.

Depuis un an, beaucoup de choses se sont passées. Cécile a connu une certaine reconnaissance nationale et internationale avec la bande originale du dessin animé japonais Arriéty, réalisé par les célèbres studios GHIBLI, qu’elle a composé avec son complice Simon CABY, et un nouveau CD est également paru au printemps dernier.

C’est avec la formule en trio, accompagné par son bassiste Pascal BOUCAUD et son guitariste Cyril MAURIN que Cécile s’est présentée. Les trois complices n’ont pas mis longtemps à nous entraîner dans leur univers féérique.

Les musiques du film Arriéty servaient de base et de fil conducteur au concert. Différents thèmes se référant aux personnages ou à l’action du long métrage étaient interprétés. Le thème principal, la chanson d’Arriéty, le fut en français et en japonais. Tout ceux qui ont vu le film ont alors eu des images qui revenaient en tête et se superposaient à la musique.

Mais le trio a également interprété des extraits du dernier album comme Elisabetha sur l’histoire des sorcières de Salem ou cette très jolie chanson turque, Yarim gitti. On pouvait regretter de ne pas avoir entendu le célèbre traditionnel irlandais Brian Boru, dont la version figurant sur l’albumRenaissance est superbe, mais Cécile n’a pas encore réussi à trouver les bons arrangements pour la formule en trio.

Preuve de la notoriété grandissante de la harpiste, la salle du Palais des Congrès était pleine et après le spectacle, la foule s’est pressée dans le hall du premier étage afin d’obtenir un autographe et échanger quelques mots avec la harpiste.

Site : www.cecile-corbel.com

CD : Songbook Vol.3 Renaissance – BO Arriéty, le petit monde des chapardeurs

ROLAND BECKER

En 2010, Roland BECKER était présent au Festival à l’occasion d’un spectacle en collaboration avec le quatuor ARZ NEVEZ. Depuis, le musicien a fait paraître un nouvel album, Imramma, et c’est le spectacle tiré de ce CD qui était présenté cette année. Après les envolées électroniques de son précédent enregistrement, Roland BECKER est revenu ici à un son entièrement acoustique.

Imramma est un terme gaelique qui peut se traduire par voyage et c’est bien à un voyage musical que le morbihannais et ses complices nous conviaient. Nous étions là très loin des musiques jetables formatées pour plaire immédiatement et pour être presque aussitôt oubliées. On entrait au fur et à mesure dans l’univers du compositeur. Il fallait être attentif et faire un effort d’écoute.

Les ambiances variaient régulièrement et se faisaient tour à tour orientale, médiévale et bien entendu bretonne. Les percussions occupaient une large place (il pouvait y avoir jusqu’à trois percussionnistes, parmi lesquels se trouvaient Dominique MOLARD). Au tribalisme et au sentiment de mystère et d”inquiétude qu’elles apportaient parfois répondaient la douceur de la harpe celtique, pendant que la vieille à roue, le biniou, la bombarde ou la flûte conduisaient les mélodies. Il y avait quelque chose d’hypnotique dans cette musique pouvant conduire le public jusqu’à un état de transe.

Enfin, ce n’est qu’en la fin de concert que Roland a pris la parole pour expliquer son travail. Il a alors demandé au public de l’accompagner en faisant le son du bourdon pendant qu’il jouait de la bombarde.

Le CD dont est tiré le spectacle a obtenu le Grand Prix du disque Produit en Bretagne 2011. Cela est amplement justifié.

Site : https://www.facebook.com/roland.becker.353/

CD : Immrama

IALMA

Nous avions découvert les cinq filles de IALMA en 2009 alors qu’elles se produisaient au Pavillon de la Galice, pays qui était mis à l’honneur cette année-là. Pour une édition dédiée cette fois aux diasporas, il paraissait judicieux de convier à nouveau le groupe car il est justement représentatif de ces celtes qui ont quitté leur pays pour s’installer ailleurs. En effet, si les filles sont bien d’origine galicienne ou asturienne pour l’une d’elles, c’est de Belgique qu’elles nous viennent.

Cette fois, c’est sur la grande scène de l’Espace Marine, en tête d’affiche, que IALMA s’est produit.

Devant un public venu nombreux, les filles ont largement manifesté leur joie de se produire à Lorient.

Elles venaient présenter leur nouveau CD, tout frais paru, au titre évocateur, Simbiose. La grande majorité des titres étaient interprétés en galicien et étaient pour la plupart traditionnels. Cependant, le groupe s’est autorisé quelques écarts en allant piocher dans la musique pop, comme le montrait cette reprise très réussie de Walk like an Egytian des BANGLES qui se retrouvait adaptée en galicien sous le titre Dance like a Galician. IALMA n’a pas oublié de rendre un hommage appuyé à la Bretagne en interprétant en breton un Pach pi endiablé, ou encore Fontaine la jolie avec le concours du BAGAD DE LORIENT.

L’accompagnement était résolument moderne (guitare électrique, basse, batterie). Les filles s’accompagnaient elles de pandereta (percussions galiciennes). Les arrangements pouvaient paraître parfois un peu variété, mais IALMA savait jouer de ses atouts charme et l’ensemble sonnait juste.

Site : www.ialma-musica.com

CD : Simbiose

THE CHIEFTAINS

Au printemps 2010, les CHIEFTAINS ont fait paraître un album concept relatant l’histoire de la Légion San Patricio (Saint Patrick), ces soldats irlandais qui, en 1847, lors de la guerre entre les États-Unis et le Mexique, se sont rangés aux côtés des mexicains, catholiques comme eux. Le concert était annoncé comme étant tiré de cet album, ce qui pour une édition dédiée aux diasporas paraissait somme toute logique.

La soirée promettait d’être belle. Les CHIEFTAINS étaient accompagnés de danseurs, d’une chanteuse à la voix superbe (très belle version de The foggy dew), du pipe band mexicain SAN PATRICIO et l’ensemble de mariachis ANAHUAC. Le membre d’honneur du groupe, le galicien Carlos NUNEZ, était également de la partie.

Hélas, l’ensemble manquait singulièrement de profondeur. Les CHIEFTAINS ont pioché dans leur très large discographie et n’ont finalement que très peu puisé dans le dernier CD. Les reels ou jigs étaient très (trop?) présents. Le but était de convier le public à taper dans les mains durant deux heures et cela tirait vite vers l’ennui. Les prestations en solo de l’ensemble de mariachis s’éternisaient quelque peu et paraissaient bien longues. Pour le final, tous les musiciens sont revenus pour jouer le fameux Andro Saint-Patrick rendu célèbre par Carlos NUNEZ. Des spectateurs sont alors montés sur scène pour danser.

Le public s’est satisfait de ce qui lui était proposé. La notoriété du groupe est telle qu’il n’a pas besoin de forcer pour conquérir les spectateurs. Les CHIEFTAINS n’ont aujourd’hui plus rien à prouver. Ils cherchaient visiblement à se faire plaisir et à faire plaisir au public sans tenter de proposer un spectacle original.

Site : www.thechieftains.com

CD : San Patricio

DENEZ PRIGENT

Absent de l’actualité discographique depuis la sortie de Sarac’h en 2003, Denez PRIGENT continue néanmoins de se produire sur scène, même si ses apparitions sont elles-aussi assez rares.

Pour son retour à Lorient, le chanteur léonard proposait son nouveau spectacle, Beajet m’eus (j’ai voyagé). Les arrangements électroniques qui avaient permis à Denez PRIGENT de connaître une certaine notoriété dans les années 90, mais qui s’étaient petit à petit étiolées, appartiennent désormais au passé. Denez est revenu à un son acoustique (contrebasse, guitare). Parmi les musiciens qui l’accompagnaient, on pouvait reconnaître David RUSAOUEN (GWENDAL) à la batterie, Alain PENNEC, plutôt discret, à l’accordéon et Cyrille Bonneau (WIG A WAG) au duduk (instrument arménien), saxophone et bombarde.

Les chansons anciennes (Gwerz Kiev, Ar Sonerien Du) dans un nouvel écrin acoustique prenaient une nouvelle envergure qui pouvait déstabiliser les fans de l’artiste, mais qui prouvait aussi qu’une bonne chanson reste une bonne chanson quel qu’en soit l’habillage.

Denez a interprété plusieurs nouveaux titres (Beajet m’eus, An tri seblant, Krediñ a raen) qui ne souffraient pas de la comparaison entre électronique et acoustique. Ces compositions de très bonne facture ne se cachaient pas derrières des rythmes technos et étaient donc livrées de manières plus dépouillées même si les arrangements étaient travaillés. Le chanteur n’a pas oublié de revenir à ses premiers pas lorsqu’il se produisait simplement a capella (Dans).

Quelques critiques faisaient état d’une certaine froideur. Les concerts de Denez PRIGENT n’ont jamais été des instants de folles exubérances, aussi le chanteur était plutôt égal à lui-même et réussissait quand même à créer une atmosphère plus enjouée à l’occasion de titres plus rythmés.

Tout cela donnait vraiment l’eau à la bouche, mais pour le moment aucune date n’est annoncée quant à la parution d’un nouvel album. Il faut donc continuer à s’armer de patience.

Site : www.denezprigent.com

CD : Best of

NOLWENN KORBELL

Le Festival a mis à l’honneur une Nolwenn, mais il ne s’agissait pas de celle qui bat des records de vente avec un album de reprises. Celle qui nous intéresse ici a une démarche hautement plus créatrice. Nolwenn KORBELL n’était pas a proprement parler une tête d’affiche, mais elle est intervenue à deux reprises lors de soirées importantes et incontournables.

Le lundi, en première partie d’Hugues AUFRAY, elle a proposé sa formule en duo avec le guitariste Soig SIBERIL. Les deux artistes ont rendu hommage à leurs illustres références, Youenn GWERNIG, Pete SEEGERS ou encore en interprétant deux chansons dont les paroles ont été écrites par l’écrivain américano-breton JACK KEROUAC (When a woman loves a man et On the road). Nolwenn est ensuite revenue pour accompagner Hugues AUFRAY sur N’y pense plus tout est bien, adaptation de la chanson de Bob DYLAN Don’t think twice, it’s all right qui, sur disque, était interprétée avec Carla BRUNI.

Le samedi, c’est en en ouverture du concert de TRI YANN que Nolwenn KORBELL se produisait, en trio accompagné de son bassiste et de son guitariste. Les trois complices ont ainsi essayé de réchauffer un public subissant les assauts de la pluie et du vent. Le lieu (le Port de Pêche) ne convenait pas réellement à ce genre de musique et même si la formule de ce soir-là était plus rock, une salle plus intimiste avec plus de proximité entre artistes et public siérait davantage.

Site : www.myspace.com/nolwennkorbell

CD : Noazh

TRI YANN

L’année 2011 aura été celle d’une double actualité pour TRI YANN. Tout d’abord, le groupe a sorti un nouvel album, Rummadou, début février, et surtout les Nantais célébraient cette année leur quarantième anniversaire. A cette occasion, une grande tournée a été organisée et celle-ci passait par Lorient ou le groupe ne s’était pas produit depuis 2003.

Le concert avait lieu en extérieur sur le site de réparations navales au Port de Pêche et le moins que l’on puisse dire est qu’il fut copieusement arrosé, au sens propre du terme. En effet, c’est sous une pluie persistante et continue que le spectacle s’est déroulé. Ces conditions difficiles ont évidemment gâché la fête, car c’est abrité sous des parapluies que le public a suivi les artistes.

Heureusement, les TRI YANN ont été très bons et ont livré une prestation de très haute tenue. Les titres du dernier CD (Na I rin o, Complainte de Marion du Faouët, Le retour des croisades, Glen Glas) ont été largement proposés. Mais ce que le public réclamait surtout, ce sont des morceaux plus anciens. Et TRI YANN est allé puiser parfois très loin. On a ainsi pu redécouvrir avec plaisir Johnny Monfarleau (premier album) ou Princes qu’en mains tenez (album La découverte ou l’ignorance) dans de nouvelles versions. Les classiques, Pelot d’Hennebont, Si mort à mors, Kan ar kannn’ont pas été oubliés. Bien sûr, l’inusable Jument de Michao était de la partie. Le BAGAD BRIEG est intervenu sur un émouvant Divent an dour et également pour le final avec la participation de Jimme O’NEIL des SILENCERS sur Je m’en vas.

A la fin du concert, les TRI YANN ont quand même eu un petit mot pour le public qui était resté sous la pluie, alors que celle-ci s’était calmée. Le concert devait servir de base à un DVD, mais le temps a quelque peu compliqué les choses. Espérons qu’un enregistrement public puisse néanmoins voir le jour car la prestation des TRI YANN était à la hauteur de leur longévité.

Site : www.tri-yann.com

CD : Rummadou

CARRÉ MANCHOT

CARRÉ MANCHOT est, depuis vingt cinq ans, un des groupes phares de la musique de fest-noz au point d’être devenu au fil des années, à l’instar des SONERIEN DU mais dans un versant acoustique, une véritable institution. En un quart de siècle, la formation a connu plusieurs changements de personnels si bien qu’il ne reste plus aujourd’hui de la formation d’origine que le guitariste Gilbert LE PENNEC. A ses côtés, on trouve désormais Yannig ALORY (flûte traversière), Yann-Loïc JOLY (accordéon) et Loïc BLEJEAN (cornemuse irlandaise) Les différents musiciens qui sont passés dans CARRÉ MANCHOT ont apporté à chaque fois une couleur musicale si bien que le « son » du groupe évolue régulièrement.

Pour célébrer en grande pompe son anniversaire, le combo a vu les choses en grand en organisant le dernier jour du Festival un gigantesque fest-deiz et fest-noz dès le dimanche après-midi et jusque tard dans la nuit. A cette occasion ont été conviés des anciens membres du groupe (Hervé LE LU, Erwan VOLANT, Rémi MARTIN, Ronan PINC, Ronan ROBERT), les formations auxquels ils appartiennent désormais (KEJAJ), ainsi que plusieurs autres groupes de musique bretonne à danser (STARTIJENN, AMPOUAILH, LES TRAINES MEURIENNES, PEVAR DEN).

Tout ce petit monde s’est relayé sur la grande scène de l’Espace Marine. Devant eux se sont succédé des centaines de danseurs qui n’ont pas boudé leur plaisir.

La soirée a aussi servi de base au traditionnel cyber fest-noz diffusé chaque année sur le site internet AN TOUR TAN et qui prenait place pour la première fois au Festival interceltique. A minuit a été donné le top départ de l’Andro the world, invitant tout les internautes connectés à travers la planète à se joindre aux danseurs se trouvant sur différents lieux de Lorient.

Rendez-vous est donc désormais donné dans vingt-cinq ans pour célébrer cette fois le demi-siècle de CARRÉ MANCHOT.

Site : www.carremanchot.fr

CD : Pell zo

TEXAS

L’an dernier, le Festival Interceltique avait connu son premier temps fort dès le démarrage avec le concert d’une des icônes de la musique rock des années 90, THE CRANBERRIES.

Cette année, c’est lors de la soirée de clôture qu’un autre groupe de cette époque est venu se produire, les écossais de TEXAS.

Si l’œuvre des CRANBERRIES peut effectivement par moments évoquer la musique celtique, celle de TEXAS en est par contre très éloignée. Aussi, on était en droit de se demander ce que les écossais venaient faire à Lorient. C’est en conférence de presse que la chanteuse Sharleen SPITERI a remis les pendules à l’heure et répondu de la manière la plus directe à cette question qui lui était justement posée : ses acolytes et elle sont écossais ! Il est à noter que la leader du groupe n’a pas snobé la conférence et elle répondait volontiers aux questions des journalistes présents. Cependant, trouver des cornemuses dans la musique de TEXAS n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant.

Le soir, le public est venu nombreux pour ce qui constituait le dernier gros concert de l’édition 2011. Sharleen SPITERI ne cachait pas son plaisir de jouer à Lorient et, contrairement aux CRANBERRIES, les écossais savaient pour quelles raisons ils étaient présents dans la cité morbihannaise.

Les spectateurs ont eu droit aux principaux titres (Summer son, Say what you want,…) issus des huit albums du groupe. Plus curieuse, mais plutôt sympathique, fut la reprise de Suspicious minds d’Elvis PRESLEY. Évidemment, I don’t want a lover, le tube emblématique que tout le monde attendait, n’a pas été oublié. Cependant, il n’y a eu aucun invité spécial, aucune surprise ! Tout était bien carré, bien huilé. Au bout d’une heure de concert, les rappels sont arrivés et puis tout le monde s’en est allé.

Même si TEXAS a livré un honnête spectacle, il restait malgré tout un goût de trop peu.

Site : www.texas.uk.com05

CD : Greatest hits (2011)

Dossier réalisé par Didier Le Goff

 

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