FRACTURES – EP

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FRACTURES (EP)
(Autoproduction)

Fractures_EPIl arrive, quand on écoute un nouveau groupe, de tomber sur un os. Avec le trio aquitain FRACTURES, c’est carrément six os qui nous sont donnés à ronger ! Enfin, cinq os précédés comme il se doit par une.. Intr-os ! Ilium, Scaphoïde, Fibula, Radius et Occipital procurent une unité thématique à cet EP dont la pochette enfonce le clou (dans l’os ? Vous pouvez faire une croix dessus !). Là encore, on aura beau jeu de pointer une concept… squelettique ! Mais après tout, quand on est un jeune groupe, il faut bien commencer par façonner une charpente un tant soi peu solide, donc un squelette. En 15 minutes donc, FRACTURES pose ses fondations.
Avec ses six os livrés en pâture à nos oreilles, FRACTURES propose une musique non seulement solidement charpentée, mais déjà bien charnue. Intr-os plante un décor atmosphérique qui pourrait passer pour de l’ambient méditative, si quelques inquiétantes frappes de percussion ne venaient nous avertir d’un possible risque de… fracture ! Et avec Ilium, la cavalcade commence et se poursuit sans rupture ni claquage jusqu’à Occipital, explorant un math-rock sinueux teinté de progressif « crimsonien » (le groupe n’a pas choisi son patronyme par hasard…), s’approchant même d’un métal-prog sans jamais y sombrer. Les claviers, aux sons volontiers classisants, de Jean LAHARGUES, tissent des trames obsédantes et entêtantes sur lesquelles la guitare de Cyril CONCA place des riffs aiguisés, sertis mais aussi parfois aigris, évoquant par endroit un son de basse saturée, tandis que la batterie de Damien PICHERIE, retenue et précise, cimente cet édifice à la fois minimal et chargé en articulations, déviations et frissons.
De durée relativement courte (entre 1 et 4 minutes à peine), les six morceaux sont enchaînés, formant une fresque « squelettale » qui, au fond, ne laisse pas seulement voir les os, mais aussi la peau, déjà pourvue d’une épaisseur prometteuse, de cette musique strictement instrumentale aux visées anthropologiques.
Gageons que le temps – et la perspective d’un album à la morphologie plus complète – se chargera de donner du volume (charnel) à cette structure osseuse mais pas crâneuse, et de lui assurer une circulation sanguine plus optimale. Ce dinosaure dont on ne voit que le squelette de queue sur la pochette semble être un carnivore. Il va falloir être prudent quand il se mettra à grandir…

Page : https://fractures3.bandcamp.com/releases

Stéphane Fougère

 

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