Gilli SMYTH & Daevid ALLEN – Short Tales & Tall

58 vues
Print Friendly, PDF & Email
Gilli SMYTH & Daevid ALLEN – Short Tales & Tall
(Voiceprint)

Après avoir vu sa sortie repoussée à plusieurs reprises, Short Tales & Tall parut enfin en octobre 2005, mais malheureusement, le pressage CD du disque était défaillant et il aura donc fallu attendre encore un peu plus (le temps que Daevid ALLEN renvoie les bandes masters au label, puis que celui-ci represse enfin le disque comme il se devait de l’être) pour que finalement cet album vienne trouver sa place dans les lecteurs CD des amoureux de la Lune Banane au tout début de l’année 2006. Le mot le plus adapté pour qualifier Short Tales & Tall est sans aucun doute “familial”.

Car jamais auparavant l’appellation GONG Family servant à “étiqueter” les diverses et multiples productions de la verte planète n’aura été si justifiée. En effet, voici là une galette pour laquelle toute la famille SMYTH-ALLEN s’est attelée à la tâche, puisque l’on y trouve Daevid ALLEN, Gilli SMYTH, Ynys ALLEN & Jazmin ALLEN en tant que récitants, Orlando ALLEN s’étant chargé de la production et Toby ALLEN de la mise en page du superbe digipack en trois volets richement illustré par son papa, avec d’ailleurs toujours autant de poésie dans le trait.

Et puis “familial” aussi puisque cet album se veut être – comme le laisse deviner son titre – une collection de textes dont la teneur peut être dégustée en famille justement. Riche de poèmes, de contes et de légendes traditionnels ou encore d’adaptation de ceux-ci (The Poppy Kettle), l’album contient aussi quelques fables originales levant le voile sur certains mystères de la mythologie “gonguienne” (Children’s Tale Of Zero, The Fable Of A Fredfish Overheard), ainsi que le légendaire Captain Shaw & Mr Gilbert et la récitation par Daevid de son livre illustré What Happened To Walter (devenu ici Mr Camembert) mettant en scène une vue humoristique de la réaction que ses parents auraient pu avoir lors de leur première visite chez lui à Deya, en découvrant pour la première fois leur fils transformé en hippie leur présentant Gilli et les charmes de la vie en communauté.

Tous ces textes nous sont donc narrés avec force conviction et ornés, pour certains, de petites séquences musicales piochées ici ou là dans l’immense répertoire de la famille GONG, et servant à illustrer les propos tenus par les récitants.

Eu égard à l’idée plutôt séduisante de réaliser un disque de ce type et compte tenu du talent des protagonistes à faire vivre les récits au travers de multiples intonations évocatrices et quelques touches d’humour pataphysique, il est indéniable que l’album pourra trouver une place d’honneur au sein de la discographie très variée de la tribu verte chez nos amis d’outre-manche qui ne manqueront pas de se régaler en famille de tous ces contes pour enfants de tous âges.

Par contre, il n’en ira forcément pas de même dans les pays où la langue de Shakespeare n’est pas officielle. Car il est évident que pour celui ou celle qui ne maîtrise pas l’anglais de manière quasi-naturelle, Short Tales & Tall aura bien du mal à ne serait-ce que rester dans la platine jusqu’à son terme. Les extraits musicaux sont en effet bien trop courts et disparates pour arriver à maintenir la balance suffisamment bien équilibrée et n’empêchent pas la lassitude de venir envahir les oreilles de l’auditeur non anglophone.

MOTHER GONG, coutumier des récitations, parvenait à le faire, même si cet équilibre était parfois fragile (Fairy Tales). Mais là, ce disque est avant tout un disque parlé et se voit à ce titre être réservé exclusivement à toutes celles et ceux habitués à comprendre parfaitement l’anglais et/ou aux fans les plus assidus qui eux se délecteront en premier lieu du superbe emballage de l’objet. Vous voilà donc prévenus.

Notons toutefois que l’intégralité des textes est reproduite dans le livret… Au cas où votre niveau d’anglais serait insuffisant mais pas assez pour vous empêcher d’acquérir l’album, ça peut toujours aider.

Benoît Godfroy

Site : www.gillismyth.com

(Chronique originale publiée  dans
TRAVERSES n° 20 – juillet 2006)

Laisser un commentaire