HARMONIA – Live 1974

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HARMONIA – Live 1974
(Groenland Records)

Pour fêter le retour de HARMONIA sur scène (c’était le 27 novembre 2007 à Berlin), Groenland Records publie un document de toute beauté. Ce label, basé à Londres, est dirigé par un certain Herbert GRÖNEMEYER, acteur réputé (Das Boot) et chanteur. Les fans de Peter HAMMILL le connaissent pour sa participation à l’album-opéra The Fall Of The House Of Usher. Il aura fallu attendre longtemps avant d’avoir en main ce premier live de HARMONIA, groupe éphémère (1973-1976) né de la fusion entre un membre de NEU! et le duo CLUSTER.

Cette prestation s’est déroulée le 23 mars 1974 au Penny Station (Griessem) devant à peine une cinquantaine de personnes. L’anecdote la plus amusante provient de l’absence d’applaudissements. Est-ce le signe révélateur d’un public indifférent, désorienté devant ce déballage de bruits et de sons d’un autre univers ? Pas vraiment. Selon ROTHER, le public avait tout simplement des difficultés à savoir quand un long morceau de plus de dix minutes commençait et quand un autre s’achevait.

Michael ROTHER (guitare, percussion électronique, orgue, piano), Hans-Joachim ROEDELIUS (orgue électronique, piano) et Dieter MOEBIUS (synthé, percussion électronique) livrent 5 morceaux et 58 minutes d’une musique électronique, improvisée et expérimentale dans la lignée des premiers KRAFTWERK (avant Autobahn). La qualité sonore est impressionnante, faisant de ce concert, une célébration à la “Motorik Musik”, une symphonie métallique et industrielle.

HARMONIA va hanter vos nuits automnales, avec sa musique minimaliste, ses rythmes mécaniques menés à fortes doses de percussions électroniques (les 17 minutes hypnotiques de Veteranissimo) et de guitare dissonante crachant ses flammes électriques (Schaumburg ou Arabesque avec leur côté quasi noisy apportent un souffle rock des plus vitaux).

HARMONIA adhère à un certain romantisme germanique et robotique à l’image de CLUSTER et de KRAFTWERK. Les machines futuristes (Veteranissimo, le très sombre et “motorisé” Holta-Polta) laissent percevoir des mélodies plus synthétiques (Ueber Ottenstein), imprégnées d’ambiances orientales (Schaumburg). En fait, les influences du groupe sont nombreuses, et à dire vrai éclectiques : VELVET UNDERGROUND, MOZART, COLTRANE, BREL, et les musiques du monde (arabe, indienne).

Il y a sûrement un peu de tout cela ici. C’est une musique électronique certes, mais c’est aussi une musique universelle.

Cédrick Pesqué

Site : www.harmonia1973.com/

Label : www.groenland.com

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°23 – mars 2008)

 

 

 

 

 

 

 

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