KING CRIMSON – The Complete 1969 Recordings

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KING CRIMSON – The Complete 1969 Recordings
(DGM / Panegyric)

Huitième coffret de la série The Boxed Sets qui compile plus ou moins heureusement tout ce que KING CRIMSON a pu récolter autour des disques phares de sa très longue carrière et de ses multiples existences, ce petit dernier (et probablement le tout dernier),  The Complete 1969 Recordings clôture vraisemblablement et définitivement le premier quinquennat du groupe avec ses  9 albums dont 2 live avant dissolution fin septembre  1974  (les 6 CDs suivants étant des “gages de modernité” que FRIPP voudra donner à ses publics en faisant semblant d’oublier la période des Fracture, Exiles et autres Larks’ Tongues in Aspic et Red repris pourtant en concerts)  et ne déroge pas à la règle de ses prédécesseurs. Il contient toutes les variations de l’album original ainsi que des live et des chutes de studio, à la différence près que l’ensemble qui parait un an après l’anniversaire du cinquantenaire a été annoncé dès 2019 par le “mini” coffret de 3 CDs (+1 bluray)  révélant déjà des mixages surround et autres bonus (sessions de l’album avec et sans les vocaux et faces cachées des chansons instrumentales).

Cette sortie longtemps attendue et pas mal retardée risque de ne pas plaire à tous.  Certains y verront en effet un tant soit peu de doublons (et plus encore) faisant de l’affaire une tentative du groupe de faire un peu d’argent (au moment de Nöel) aux fans avides de posséder tout et de comparer et de se répandre en lamentations diverses et variées (pourquoi pas tel concert, pourquoi pas davantage de sessions au Morgan studio etc.)

Le coffret 1969 correspond intégralement au premier “line-up” du groupe soit 335 jours d’une carrière (concerts, sessions, BBC, tournées ..) très riche depuis le 13 janvier 1969 (concerts à Newcastle en février, à Londres dès avril à la BBC début mai jusqu’à la tournée américaine de la fin de l’année) seuls restent dans le coffret 7 live déjà connus sous une forme ou une autre  (mais pas toujours trouvables) hélas de bien mauvaise qualité (son de cassettes de 1969 !) même si le travail de restauration a été encore une fois important.

Dire que le concert de Hyde Park du 5 juillet est un témoignage ne suffit pas à sauver cet enregistrement épouvantable (idem pour le Live at the Marquee qui, lui, a pourtant été enregistré devant 80 personnes alors que Hyde Park se déroulait devant 650 00 fans des sauts de cabri de Mick JAGGER et compagnie) ;  les autres live sont mieux rescapés et les 2 concerts américains (Fillmore East et West) sont mieux documentés que sur le coffret Epitaph.

La suite des opérations recense toutes les versions de l’album (sauf celle du 30e anniversaire) et n’ont pas d’autre intérêt que d’être toutes dans le même coffret au même endroit ! ; l’intérêt renait à partir des sessions (CDs 12 à 19 + DVD et Blu-ray) qui mettent en avant le changement opéré entre le Morgan studio et le Wessex studio suite à l’abandon par KING CRIMSON du producteur Tony CLARKE (producteur des MOODY BLUES) en mai 69 et la reprise (très documentée) des enregistrements produits par le groupe lui-même qui s’étalent sur une période plus longue allant du 7 juillet au 15 août par intermittences. Sept heures de sessions en juillet et autant en août, et comme on ne lasse pas d’Epitaph (sans les voix) et de I Talk to the Wind, on est ravis on en aurait aimé autant pour d’autres titres !!!

Le sommet de ces archives inédites étant atteint sur le CD 12, Let’s Make a Hit Waxing, de 68 minutes, un collage “fly on the wall” effectué par David SINGLETON (comme ce qu’il avait fait sur le coffret des 40 ans de Larks’ Tongues in Aspic avec le CD intitulé Keep That One, Nick !! : écoutez I talk to the Wind chanté (minute 30) et Epitaph (minute 36) succédant tous deux à des départs instrumentaux et des essais Frippiens parfois pas toujours raccord !…  et surtout Moonchild (minute 44) qui suit un instrumental avec mellotron, clarinette basse, vibraphone, cordes  etc., de deux prises époustouflantes ; les 17 minutes restantes étant des essais dispensables de tous genres de l’intro du disque (qui en définitive ne durera que 30 secondes) et qui clôture ce véritable travail de recomposition des archives.

Mention spéciale pour la remastérisation des Brondesbury Tapes de GILES, GILES & FRIPP (même s’il date de 1968) qui est loin d’être un chef-d’œuvre et plutôt une curiosité enregistrée à l’époque sur un Revox deux pistes et qui fait un agréable pendant au séminal Cheerful Insanity qui, lui, est un joyau hilarant.

En conclusion, ce coffret est la véritable et définitive compilation de cette première mouture de KING CRIMSON, (les différents livrets et la documentation avec dates de concerts et de sessions apportent un plus chronologique passionnant).

Pour mémoire, il n’y a eu aucune date française en 1969, le groupe préférant partir aux États-Unis en fin d’année pour une tournée de promotion du disque sorti quelques temps auparavant – et toujours les considérations frippiennes a posteriori sur le plus grand groupe cinquantenaire toujours existant et toujours en possession de tous ses moyens et que le maestro continue à faire exister avec détermination et sans faille (même avec un chanteur pas à la hauteur) et pour notre bonheur intact.

Faites-vous plaisir, la pochette extérieure du coffret est un leurre, en l’ouvrant vous y verrez la VRAIE pochette de In The Court Of The Crimson King format 33 tours comme avec les autres coffrets et The Complete 1969 Recordings complètera ô combien agréablement votre magnifique collection dédiée à ce groupe qui a changé pour toujours nos vies musicales (avec SOFT MACHINE et VAN DER GRAAF GENERATOR) à la fin des années 1960.

Xavier Béal

Site : www.dgmlive.com

 

 

 

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