KING CRIMSON Tour 2016 – Les Eléments à Milan

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KING CRIMSON Tour 2016 – Les Éléments à Milan

Milano Teatro Arcimboldi – 5.11.2016

21h15 : Les petites unités mobiles et intelligentes entrent en scène comme une confrérie habillée de noir, chacun s’installe. En bas, trois batteurs : à gauche, Pat MASTELOTTO ; au centre, Jeremy STACEY et, à droite, Gavin HARRISON. En surplomb, de gauche à droite : Mel COLLINS, Tony LEVIN, Jakko JAKSZYK et Robert FRIPP (au look d’expert comptable).

Le son est énorme, la salle a une bonne acoustique. Des myriades de percussions balinaises frissonnent dans le lointain, l’intro de Lark’s Tongues in Aspic – Part. 1, enfle, menaçante, la basse de LEVIN rampe telle une bête, et tout explose, tout est parfait. Les dialogues de guitares FRIPP / JAKSZYK sont tellement beaux qu’on se les écouterait en boucle. KING CRIMSON nous offre sur un plateau de somptueux arrangements qui nous ont tous cramoisi depuis 1969 !

The Court of the Crimson King, Epitaph, Pictures of a City, The Letters, Cirkus, avec la voix impeccablement anglaise de JAKSZYK, tout en retenue et nuances, et quel guitariste ! Mel COLLINS est un grand souffleur magnifique, du saxo sur Red, il fallait y penser ! Et Starless, beau a mourir !

FRIPP semble détendu, souriant et bien-sûr vissé sur son tabouret,mais ce que l’on peut retenir de lui, c’est qu’il semble intemporel. Son jeu de guitare est toujours d’une impressionnante virtuosité,  il est d’une concentration extrême. Sailor’s Tale, The Letters, Easy Money m’ont fait basculé dans le temps ou mes vinyls « crimsoniens » étaient usés a force d’écoute !

Cette soirée est la rencontre de musiciens remarquables, les trois batteurs jouent des parties complexes, parfois cela peut me faire penser aux danses de GURDJIEFF, mouvements hypnotiques,décalés, mais dans cette architecture c’est vraiment l’unité que j’ai ressentie. Ce n’est pas étonnant quand je lis les sept principes de KING CRIMSON : « Joy,  Acceptance, Generosity, Creativity, Commitment, Decision, Ingenuity, Presence. »

Vrooom, The Light of Day, The ConstruKction of Light, A Scarcity of Miracles (superbe album,plutôt soft), Level Five : on reconnaît là celui qui a influencé des générations de guitaristes – ils sont légions – FRIPP est tout de suite identifiable, les dissonances harmoniques, son accordage en quinte lui sont propres !

KING CRIMSON a même de nouvelles pièces: Meltdow, Radical Action 1 & 2, Suitable Grounds for the Blues. Il faut voir ou ça va déboucher, peut-être sur un nouvel album, peut-être pas ? Avec FRIPP l’inattendu pointe son nez et c’en est devenu une habitude pour les fans !

J’en arrive au final et ce n’est plus une devinette : l’inusable 21st Century Schizoid Man, pour le bonheur de tous, les fameux breaks, la voix déchirante, et les solos de FRIPP et COLLINS, la lave coule, et puis soudain un solo de l’incroyable Gavin HARRISON, fabuleux. Une ombre passe… peut-être celle de BRUFORD…

Voilà c’était un moment avec LE PLUS GRAND GROUPE DU MONDE ! Je me souviens avoir vu KING CRIMSON en 1973 et je dois vous dire que de les revoir, c’est toujours  pour moi la « première fois ». Mais une question me taraude… Est-ce que la boucle est bouclée ?

Philippe De Mouctouris

 

 

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