KING CRIMSON – VROOOM VROOOM

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KING CRIMSON – VROOOM VROOOM
(DGM)

Dans le règlement intérieur de son Collector’s Club, destiné à pourvoir uniquement les heureux souscripteurs d’archives de KING CRIMSON à raison d’un CD tous les deux mois, Robert FRIPP a stipulé que certains CD pourraient, en raison de leur qualité sonore, être rendus disponibles pour un plus large public. VROOOM VROOOM est le premier double CD du genre, contenant deux concerts de la formation en double trio des années 1994-1997.

Sur le premier CD, on retrouve le concert de Mexico en 1996 qui, auparavant, n’était disponible que sur le site de DGM en téléchargement, moyennant quelques modifications dans la sélection du répertoire pour éviter les doublons avec l’autre CD (seuls B’Boom et THRAK sont proposés en deux versions). En prime, on a droit à une petite impro inédite, Biker Babe’s of The Rio Grande.

Sur le second CD, on retrouve des extraits d’un concert à New-York City en 1995, dont l’intégralité avait fait l’objet des volumes 5 et 6 du Collector’s Club. En bonus, on trouve une version de Free as a Bird, interprétée par Adrian BELEW à ce même concert new-yorkais la veille de la sortie mondiale du premier volume d’archives posthumes des Fab’Four. Cette version était toutefois déjà disponible sur le CD d’Adrian BELEW Belewprints: The Acoustic Adrian Belew Volume Two. L’autre bonus est une version live à Los Angeles en 95 de la ballade ambiant Walking on Air, qui n’était disponible auparavant que sur un CD single.

Ce VROOM VROOOM pourrait donc passer pour un best-of des tournées 95-96, ce qui, du point de vue de l’interprétation, est incontestable. On retiendra notamment les versions déjantées de Sex Sleep Eat Drink Dream, Indiscipline, Thela Hun Ginjeet et les revisitations inattendues de Neurotica, de la pièce pour percussions de Pierre FAVRE Prism (album Singing Drums), et du mythique 21st Century Schizoid Man, joué enfin après 22 ans d’abstinence !

L’ennui, c’est que les performances scéniques du KING CRIMSON des années 1990 ont déjà été largement illustrées par B’Boom – Live in Argentina, THRaKKaTTaK, la vidéo Live In Japan ’95 et la compilation Cirkus, qui comprenait déjà de larges extraits du concert à Mexico ! Pourquoi autant de foin au sujet du « double trio » ?

On lira dans le livret les propos ambivalents, pour ne pas dire ambigus, de Robert FRIPP à son sujet… De toutes les incarnations de KING CRIMSON, celle-ci fut sans doute la plus nostalgique dans le choix de son répertoire scénique.

Mais sa lourdeur au moins logistique ne lui a guère permis d’aller très loin en terrains inédits (exception faite du CD THRAKaTTaK, qui est toutefois un montage de diverses impros).

Ce n’est que lors de la « fraKctalisation » de cette formation à six musiciens en ces unités plus souples que furent les ProjeKCts que les épanchements défricheurs de KING CRIMSON se sont révélés. Reste à savoir si votre nostalgie du double trio est assez forte pour vous convaincre d’acheter un énième album très bon mais un poil redondant.

Stéphane Fougère

PS : Ce double CD a été réédité en 2018 sous forme d’un digipack.

Site : www.disciplineglobalmobile.com

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°10 – janvier 2002
et mise à jour en 2019)

 

 

 

 

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