KITARO – Sacred Journey of Ku-Kai (Volume 5)

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KITARO – Sacred Journey of Ku-Kai (Volume 5)
(Domo Records)

Est-il nécessaire de présenter KITARO ? Grand musicien, mélodiste et claviériste japonais né en 1953, ayant joué dans le groupe FAR EAST FAMILY BAND, ayant côtoyé Klaus SCHULZE, KITARO a marqué la fin des années 1970 et le milieu des années 1980 avec une ribambelle de chefs-d’œuvre de musique synthétique (pour les amoureux de synthés : korg, prophet, mellotron, roland, yamaha). Astral Trip, From the Full Moon Story, Oasis, Silk Road ou bien encore Ki, Silver Cloud, Tenjiku et Tenku sont des poèmes sonores comme il y  en a peu, qui vous transportent au fil des envolées space et synthétiques souvent très mélancoliques, au pays du rêve et des larmes, de la paix intérieure et de la communion avec la nature et notre planète Terre.

Sa carrière est constituée d’une discographie impressionnante, parfois marquée par des albums inégaux mais toutefois encore illuminée par de purs moments de magie et de grande mélancolie. La série Sacred Journey of Ku-Kai en fait partie. Ici, il s’agit du volume 5. La série a commencé il y a plus de quinze ans après les attaques du 11 septembre 2001, point de départ des désastres actuels et à venir. KITARO  a mené un pèlerinage spirituel dédié à Kùkai ou Kobo-Daishi (774-835, religieux, homme de lettres, philosophe, calligraphe et personnage important de l’histoire du Japon, fondateur de l’école bouddhiste Shingon), en se rendant sur l’île de Shikoku (une des quatre grandes îles du pays) où se trouvent 88 temples.

KITARO a samplé le son des cloches de ces temples pour les intégrer ensuite dans ses paysages sonores. Le but de KITARO était de faire disparaître toute la haine enfouie dans chaque individu et de délivrer, par sa musique, un message de paix qui rassemblera les peuples et les unira sur le plan spirituel. Vaste projet d’une grand humanité, mais sans doute voué à l’échec à la vue de la situation mondiale.

Depuis la fin des années 1980, sa musique n’a vraiment plus grand-chose à voir avec celle des premières années.  Elle est très différente, moins space, toujours new-age mais plus orchestrale et variée, marquée surtout par des ambiances ethno-world. En plus des claviers, la palette sonore s’est élargie en incluant de nombreux instruments surtout traditionnels (violon, flûte, didgeridoo) voire même des grands orchestres (Kojiki, Symphony Live in Istanbul).

Voyage poétique d’une grande sensibilité, ce nouveau disque contient des compositions d’une profondeur raffinée, une “mental music” ethno-ambient intelligente. Porte ouverte à la méditation et à la réflexion, cette musique new-age joue avec le silence, les sons de l’Univers, les mélodies mélancoliques par delà les étoiles et les nappes synthétiques exotiques, japonisantes ou parfois plus proches de la Berlin School (Wave Rotation).

Et il y a surtout cette ambiance particulière qui parfume l’ensemble des titres, caractérisée par les sons de cloches, éléments fondateurs de cette série qui relient les cinq volumes. Ces scintillements éphémères et éternels, irréels et invisibles, accompagnent les compositions en se mêlant subtilement, avec délicatesse (Reflection of the Heart), aux autres sonorités venant principalement des claviers, devenant même une véritable note de musique (Water Miracle).

Il y a ainsi un aspect cérémonial et fortement sacré qui baigne continuellement ce disque, propice à cette quête d’une spiritualité guérissant l’âme. Des titres comme Floating Lotus Flower (une plongée dans la nature bercée par les piaillements des oiseaux) ou Wind Invitation (avec ces notes claires du piano ; KITARO rejoint ici ROEDELIUS) sont des invitations au bien-être, comme si le souffle du vent caressait votre visage, comme si la main réconfortante d’un ange touchait votre visage rempli de larmes… Parce que la musique de KITARO s’adresse avant tout aux rêveurs et à ceux qui ont du chagrin.

Le titre d’ouverture, Soul from Ocean, est une parfaite introduction nous plongeant directement dans l’univers féérique et dramatique de KITARO ; c’est très intense, mystérieux, et parfois nous pouvons penser à ce que peut faire Steve ROACH. Le cinquième titre, Time and Space Cry, atteint un haut niveau de raffinement mélodique et orchestral. C’est du KITARO d’une grande beauté mélancolique alors que Sea of Clouds, nettement plus sombre, privilégie une musique quasi-rituelle, donnant l’impression de vouloir invoquer les éléments naturels pour un déchaînement purificateur : des percussions menaçantes, tribales se mêlent aux ambiances space et dark et aux cloches volontairement funèbres.

Beaucoup plus coloré, Journey for Nirvana est le morceau le plus world avec ces ambiances plutôt indiennes mais aussi celui qui ne semble pas vraiment à sa place sur ce disque. Il serait davantage dans son élément sur un album comme Ancient. Nous terminons avec Water Miracle qui renoue avec l’atmosphère générale du disque : un appel à l’apaisement, à la douceur, avec toujours ces sons de synthés typiquement KITARO, qui vous font voyager aux sources même de votre cœur.

Cédrick Pesqué

Label : www.domomusicgroup.com/

 

 

 

 

 

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