Live en vrai : l’Albert revient !

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Live en vrai : l’Albert revient !

Albert MARCOEUR à Vandoeuvre-lès-Nancy,
Festival Musique Action,  les 25 et 26 mai 2004

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L’Inexorable Attente… C’est le titre d’une chanson qui figurera sur le prochain album d’Albert MARCOEUR, prévu pour octobre. Cette «inexorable attente», c’est aussi celle du retour d’Albert sur scène.

La dernière fois qu’il est monté sur les planches pour jouer et chanter sa musique remonte en effet à l’époque de l’album Sports et Percussions, au milieu des années 1990. Puis est venu le temps de la frustration, pour lui comme pour nous, après le lamentable rendez-vous manqué des concerts prévus à Paris début 1999, et devant faire suite à la sortie de M.A.R. et coeur, comme coeur… Alors est venu le temps de l’occultation profonde de l’activité «marcoeuriste», le passage en mode virtuel autogéré-autoproduit, avec ses résurgences et ses nouveautés discographiques. Mais tout cela vous a déjà été conté dans ces pages…

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On l’aura donc attendu, ce retour de MARCOEUR et de sa famille dans le monde de la scène. Ça y est, il a eu lieu. Ça ne nous empêche pas de continuer à attendre… autre chose ou la même chose ; attendre de réaliser ce qui s’est passé. Attendre le prochain album, avec L’Inexorable Attente, appelé à devenir un morceau de référence, celui qu’on attend au tournant. Comme les autres, du reste, puisque la particularité du nouveau spectacle scénique de MARCOEUR était précisément de contenir plusieurs nouvelles pièces de son prochain disque,L’. C’est donc par un «l’» que commence chaque titre de ses nouvelles chansons, dont une majeure partie ont été révélées en version live devant le public du festival Musique Action : L’Alarmiste, L’Emprunteur, l’RMIste, l’Environnementeuse, l’Ancien Régime, l’Inassouvi, La Chanson… tiens, un intrus ! Pas grave, il vaut le coup, lui aussi. Attendons-nous, comme nous savons si bien le faire, à de nouveaux «cas de figure» croquignolets comme Albert sait en dessiner, avec cette acuité imparable dans la peinture des pathologies quotidiennes et ce savant dosage de réalisme, d’extrapolation, de tendresse et de sévérité.

On ne va trop souffler avant que l’album sorte (sait-on jamais, s’il ne sortait pas !), mais à en juger par les nouveaux textes et leur mise en musique, l’ami Albert continue à mettre de plus grosses doses de vin dans ses odes… Les Plusieurs cas de figure n’étaient déjà pas tristes ; les L’, pour certains au moins, risquent de tourner vinaigre. Les années se succédant, il faut bien décaper toujours plus fort pour désencrasser les idées. Musicalement, la musique n’est certes plus aussi brisée et schizoïde que dans les années 1970, mais elle n’en reste pas moins généreuse en chavirements sournois.

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Pour ce nouveau spectacle, le «clan» MARCOEUR a été repensé : la nouvelle formation fait la part belle aux cordes espiègles et acides, acoustiques et électriques, d’Eric THOMAS et de Julien BAILLOD (L’ENSEMBLE RAYÉ), deux nouveaux venus. A Victor De BROS échoit les claviers et les programmations, puis à l’occasion un peu d’accordéon et de flûte. Les samples et les bruitages prennent aussi une place de choix dans ce nouveau cirque sonique. Ils n’encombrent pas, mais savent se placer où et quand il faut pour faire leur effet. L’Environnementeuse en est un bon exemple, jonglant avec les phrases de notre ex-ministérielle Roselyne et jouant avec son débit de paroles, relayé par la guitare. Un grand moment parmi d’autres. (Mais j’ai dit que j’éviterais de trop souffler…) Et pour le noyau dur des anciens, outre Albert, qui touche un peu de clavier et de clarinette entre deux gesticulations minutieusement et rythmiquement élaborées, on retrouve Claude MARCOEUR à la batterie et aux percussions, et Farid KHENFOUF à la basse. Et tout ce beau monde chante aussi aux côtés d’Albert.

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Pour compléter son répertoire, Albert a également beaucoup pioché dans M.A.R. et coeur, comme coeur, son recueil d’inédits paru en 1998. C’est ainsi la Cérémonie de clôture qui a donné le coup d’envoi dans la foulée de L’Alarmiste, et son alter ego instrumental a servi en fin de course à présenter les musiciens, présents comme passés. Que d’eau, Déclaration officielle, C’est pas l’moment et l’instrumental Formule Deux ont aussi figuré au menu, et on a même ressuscité les classiques Le Nécessaire à chaussures et Que le temps est long, histoire de faire remarquer qu’ils n’ont pas autant pris la poussière que ça. Enfin, on a bien pris soin de ne rendre hommage à Monsieur Eddie qu’en fin de soirée, le temps de laisser aux chastes oreilles le temps de quitter les lieux, éventuellement. Mais en fait, je crois que personne ne s’est embarrassé d’éventualités…

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Tout le monde est venu (en tout cas assez pour remplir la salle des fêtes de Vandoeuvre), et parfois même de loin, Albert l’a remarqué et en était ému (les plaques d’immatriculation en disent long), et tout le monde est resté jusqu’au bout, et serait bien resté davantage…

La gestuelle d’Albert est aussi hypnotique et émoustillante que son verbe est enjôleur et grinçant. Si on l’avait manqué, on en aurait été quittes pour s’écrier «C’est raté, c’est raté !». Car il ne l’a pas raté, Albert, son retour !

Réalisé par : Stéphane Fougère (2004)

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