Marc SARRAZY & Laurent ROCHELLE – Qui s’en va un peu

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Marc SARRAZY & Laurent ROCHELLE – Qui s’en va un peu
(Linoleum Records)

Qui s’en va un peu… revient beaucoup ! En l’occurrence, cinq fois. Ah ! Mais peut-être vous demandez-vous de quoi je parle ? Vous ne vous souvenez pas être partis, un peu, avec le duo SARRAZY / ROCHELLE ? Sans doute n’en êtes-vous pas revenus non plus… C’était dans leur dernier album de 2018, Chansons pour l’oreille gauche, il y avait ce thème nonchalant, vagabond, pèlerin, composé par le pianiste Marc SARRAZY et orchestrée par le clarinettiste Laurent ROCHELLE… qu’ils n’ont pas voulu laisser partir. Il est vrai que c’était le genre de composition conçue à ciel ouvert… Alors ils y sont retournés, et l’ont fait aller – un peu – sur des chemins différents.

Ce EP décline ainsi Qui s’en va un peu en cinq variations différentes, cinq pistes exploratoires qui partent d’un point et vont, sinon le plus loin possible, au moins vers des horizons sans cesse redessinés, repeints, bariolés ou épurés.

Depuis plus d’une décennie qu’existe leur petite entreprise créative, Marc SARRAZY et Laurent ROCHELLE ont pris pour habitude d’effectuer leurs expéditions entourés de pélerins triés sur le volet. L’intérêt de revisiter Qui s’en va un peu et d’en faire un mini-album conceptuel était précisément d’y faire participer plusieurs volontaires, lesquels se sont emparés du thème et ont apporté une contribution musicale ou vocale suffisamment significative pour le métamorphoser à loisir.

Et puisque Qui s’en va un peu a été conçue est à la base comme une chanson, elle est interprétée ici par cinq voix différentes, dans des langues qui le sont tout autant. Parlez-moi de ritournelle universelle…

Et c’est l’inénarrable John GREAVES (HENRY COW, NATIONAL HEALTH, SOFT HEAP, ARTAUD BEATS, LE DOGME DES SIX JOURS…) qui s’y colle pour la version anglaise, égrenant dans un registre vocal heurté et hagard ses mots hallucinés sur un tapis musical cousu par ROCHELLE et SARRAZY, assistés de Jean-Christophe NOËL (batterie) et Cyrille MARCHE (basse), aux relents de jazz lunaire saupoudré d’étoiles psychédéliques.

La version française voit la contribution d’un trio à cordes (Charlotte DEFOURNY au violon, Olivier SAMOUILLAN à l’alto et Bastien MERCIER au violoncelle) qui installe un climat de musique de chambre habité par la voix de Catherine LE FORESTIER (sœur de Maxime), dont les déambulations verbales exaltées et troublées font montre d’une fantaisie féline et encensée.

En face B, Qui s’en va un peu part bien loin, à l’autre bout du globe, et se retrouve transformé en Kieyukumono Yukurito, interprété par KIRILOLA (ex-membre du groupe eX-GIRL), dont la voix traîne sinueusement dans les ruelles égarées d’une mégapole nipponne vibrant au son de programmations électro-pop ouatées et de guitares moelleuses (Laurent AVIZOU).

Qui s’en va un peu joue ensuite avec Le Feu, allumé par la voix fiévreuse d’Alima HAMEL, pourvoyeuse de flammèches textuelles arabo-françaises dont les volutes moyen-orientales sont alimentées par le oud de Thierry Di FILIPPO, les percussions de Loïc SCHILD et un chœur d’hommes en introduction. Vous aurez remarqué au passage que Laurent ROCHELLE, ici au clavier, retrouve mine de rien ses anciens acolytes du groupe ethno-fusion MONKOMAROK…

En clôture de face, nous retrouvons la version “originelle” de Qui s’en va un peu déjà incluse dans Chansons pour l’oreille gauche, chantée par Anja KOWALSKI, dont le verbe germanique est souligné par le piano de SARRAZY, la clarinette basse de ROCHELLE, et le violon délicatement turbulent et contorsionniste d’Alexei AIGUI.

Ce EP s’achève donc par un retour au point de départ, comme pour nous dire qu’il est temps de s’en aller, un peu, beaucoup, passionnément…

Stéphane Fougère

Site : www.sarrazyrochelle.net/

Label : www.linoleumrecords.com

 

 

 

 

 

 

 

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