Patricia DALLIO – Que personne ne bouge… Musiques pour chorégraphies inexistantes

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Patricia DALLIO – Que personne ne bouge…
Musiques pour chorégraphies inexistantes
(Body & Soul / MSI)

En général, c’est le chorégraphe qui commande une oeuvre musicale pour accompagner ses créations. Patricia DALLIO en a déjà réalisé plusieurs (La Ronce n’est pas le pire, Champ de Mars, D’où vient l’eau des puits…). Elle anticipe maintenant en composant pour des “chorégraphies inexistantes” et on la retrouve ici seule aux claviers, samplings et programmations.

Les seize pièces proposées sur ce CD peuvent paraître, musicalement, un “patchwork” de ses talents en dehors de ART ZOYD, mais on voit à travers les titres qu’il nous est offert une promenade dans un paysage aux couleurs contrastées, où l’on s’arrête volontiers pour observer des détails.

Ici, tout se joue sur les ambiances : L’eau du nénuphar se laisse porter par son piano et ses samples d’insectes ; Entre chien et loup est beaucoup plus tendu comme on pourrait s’en douter ; les scratches, grincements et bourdonnements de Gros plan sur les mouches sont inquiétants à souhait, offrant un contraste saisissant avec l’agréable mélodie d’un Rendez-vous sur la lande, avant un Volte-face affublé d’un rire moqueur ; L’hiver à marée basse, est une longue pièce froide et assez monotone, où l’on attend désespérément qu’il se passe quelque chose (cela n’est nullement une critique : allez donc faire un tour en février sur la plage du Havre, par exemple, et vous comprendrez !). On ressent un peu de l’influence de ART ZOYD dans Traces de pas dans la braise et surtout Plage arrière du temps perdu, mais on en reste assez éloignés dans l’ensemble des compositions.

Pour qui ne connaît pas la musique pour danse contemporaine, l’ensemble laisse un peu perplexe : il manque le côté visuel, et c’est à l’auditeur de le créer à travers les images évoquées. Espérons que ces musiques trouveront chorégraphe inspiré et danseurs à leurs pieds.

Sylvie Hamon
(chronique parue à l’origine dans Traverses n° 4, juillet 1999)

 

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