PETER BLEGVAD – The Unborn Shakespeare

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PETER BLEGVAD

The Unborn Shakespeare

D’origine new-yorkaise, l’auteur, compositeur, dessinateur, guitariste et interprète Peter BLEGVAD n’a jamais spécialement revendiqué le statut d’artiste expérimental et on ne peut guère qualifier son oeuvre discographique d’inaccessible (à une ou deux exceptions près). Comment expliquer cependant que celui qui a commencé sa carrière discographique au sein du groupe de pop naïve et décalée SLAPP HAPPY ait fréquenté des dinosaures des musiques «différentes» aussi mythiques que FAUST et HENRY COW ? Pourquoi ce «chansonnier», dont les premiers disques solo sont parus sur la major Virgin, a-t-il atterri sur le cultissime label des musiques indépendantes et expérimentales ReR Megacorp ?

C’est ce parcours aussi atypique qu’indiscipliné qui a fait de Peter BLEGVAD un artiste marginal, à la fois par défaut et par nécessité, et un personnage sympathique et passionnant. Le Festival MIMI lui a fait les honneurs de son édition de 1996, où il était flanqué de ses complices John GREAVES et Chris CUTLER, et l’Hôtel du Nord de Paris l’a déjà accueilli à deux reprises.

Rencontre avec un «Shakespeare» surréaliste américain…

Entretien avec Peter BLEGVAD

Il y a deux ans sont apparus un nouvel album de ton trio avec John GREAVES et Chris CUTLER ainsi qu’un nouvel album de SLAPP HAPPY, à la surprise générale !

Peter BLEGVAD : Oui, on s’est retrouvés pour quelques semaines en studio durant l’été 1997, dans des conditions très relax. Ça a été un plaisir pour moi de retravailler avec Anthony MOORE, tant on partage un même sens de l’humour. Je pense que SLAPP HAPPY est vraiment la célébration de notre amitié et de notre capacité à se faire rire l’un l’autre.

Et bien entendu, les chansons qu’on a écrites ont été interprétées par Dagmar KRAUSE, avec cette «classe» qui la caractérise. Mais si j’avais un reproche à faire à ce nouvel album, c’est que l’humour ne se reflète pas tant que ça dans les morceaux.

Tu le trouves donc trop sérieux ?

PB : Oui. Dagmar est devenue une «Dame» très sérieuse. Elle prend tout ce qu’elle fait au sérieux, et elle est devenue une vraie diva, c’est certain. Elle a parfois quelques traits d’humour, mais ses chansons sont en général très sérieuses. Les chansons d’Anthony, dans ce disque, sont également assez sérieuses, les miennes aussi… Il n’y a que dans The Unborn Byron que l’on retrouve un peu de cet esprit subversif du SLAPP HAPPY originel, cette ambiance défoncée due à la marijuana, qui a contribué à la formation de notre sens de l’humour. On a l’impression que le monde est à la fois ridicule et merveilleux…

Donc, voilà un peu ce que je regrette. Si on fait un autre disque, j’aimerais qu’il retrouve un peu des qualités primitives des précédents enregistrements de SLAPP HAPPY, ce que l’on a appelé le «rock naïf», le «son du Douanier ROUSSEAU». C’est à mon avis ce qui manque dans la production de Laurie LATHAM, au demeurant excellente. Tu vois, le disque sonne très contemporain, avec ces «drum loops», etc. Un de mes amis, qui est aussi un vieux fan de SLAPP HAPPY, m’a dit : «Si vous aviez fait ce disque, Ça va, en 1973, c’aurait été géant ; mais si vous aviez fait Sort Of – notre premier album – en 1998, c’aurait été encore plus géant !»

En dépit de ce son plus moderne, il y a aussi par endroits des sonorités ethniques…

PB : Oui. Anthony s’est intéressé à la musique chinoise, et indienne, comme pas mal de gens à la fin des années 60. Il a eu un sitar, un violon chinois, un chalumeau qu’on entend dans I Got Evil Inside You, sur notre premier disque. On a toujours usé d’instruments insolites.

Avez-vous utilisé des samples dans Ça va ?

PB : Oui, Anthony sait très bien manier cela. Il a heureusement préserver un aspect «organique» à l’ensemble. Je ne suis pas un grand amateur de sons techno…

SLAPP HAPPY, ce fut ton premier groupe ?

PB : Pas exactement, mais c’est le premier avec lequel j’ai enregistré des disques. J’ai fait partie de groupes quand j’avais 14-15 ans ; avec des potes, on répétait dans les caves, tout ça… Mais SLAPP HAPPY fut le premier vrai groupe.

Slapping with FAUST & The COW

Après Sort Of, SLAPP HAPPY a enregistré un deuxième album, Casablanca Moon, sorti chez Virgin, et dont Chris CUTLER a publié une autre version, Acnalbasac Noom, sur son label ReR, il y a déjà quelque temps.

PB : Cette version a été enregistrée dans les studios du groupe FAUST, un an après Sort Of. C’est en quelque sorte la «démo» de l’album qu’on a enregistré peu après pour Virgin, mais moi, c’est la version que je préfère ! Elle est plus rêche, moins produite, quasi «punk». En fait, on a inventé le punk ! (rires)

J’ai cru comprendre qu’à l’époque tu as intégré le groupe FAUST le temps d’une tournée…

PB : Oui, c’est quand ils sont venus en Angleterre, après avoir enregistré un album très «cheap» chez Virgin, mais qui s’est relativement bien vendu. Ils devaient donc effectuer une tournée en Angleterre, et l’un d’entre eux, je ne sais plus lequel, n’a pas pu jouer. Je me suis ainsi retrouvé à jouer avec eux de la guitare et… du pneumatique ! J’ai défoncé plusieurs parquets de scènes…

Et vous n’avez jamais eu de problèmes ?

PB : Oh que si on en a eu ! Ça en est devenu contrariant. Je n’ai pas pris énormément plaisir à jouer avec FAUST. Ils étaient assez bizarres, ils jouaient dans le noir… Un jour, ils partageaient l’affiche avec HENRY COW, et on a sympathisé… SLAPP HAPPY a fini par rejoindre HENRY COW.

Quel était le groupe le plus bizarre, FAUST ou HENRY COW?

PB : Je dirais FAUST. Quand bien même j’ai sympathisé avec Jean-Hervé PERON, j’ai été très intimidé par le batteur, et les autres étaient de véritables énigmes pour moi. Je leur ai à peine parlé… Avec HENRY COW, c’était quand même plus convivial. Il se trouve que les deux groupes ont enregistré avec SLAPP HAPPY en tant que «backing bands» , mais c’est devenu difficile quand SLAPP HAPPY a fusionné avec HENRY COW, car il a fallu jouer sur scène le répertoire de HENRY COW, qui était loin d’être simple ! Il m’a toujours été difficile de jouer une musique que je ne pige pas. Et HENRY COW se prenait très au sérieux…

De l’avant-garde lourde au régime amaigrissant

Quand SLAPP HAPPY s’est formé, il n’était pas spécialement convenu que vous feriez dans l’ «avant-garde» ?

PB : Anthony MOORE était pour sa part déjà investi dans la création avant-gardiste et j’étais pour ma part intéressé par l’art conceptuel, la poésie expérimentale… Quand nous avons signé avec Virgin, l’idée était de faire de la pop music en apparence très simple, très accessible, mais avec pas mal d’éléments insolites.

Mais vous étiez loin de vous douter que vous rencontreriez un jour HENRY COW sur votre chemin ?

PB : Oh non ! Nous étions assez «primitifs» par rapport à HENRY COW, qui était plutôt «virtuose».

Cependant, tu en es arrivé à écrire des chansons pour HENRY COW…

PB : Eh bien… Si tu veux parler de War, qui figure sur le disque In Praise of Learning de HENRY COW, elle appartient plutôt au répertoire de SLAPP HAPPY. Elle aurait dû figurer sur Desperate Straights, qui est plus un disque de SLAPP HAPPY. Sinon, j’avais commencé à écrire les paroles de cette pièce qui est devenue je crois Beautiful as the Moon/Terrible as an Army with Banners. J’avais l’idée d’une histoire complètement folle, celle d’une femme qui lançait des raisins sur un tas d’os… Et Tim (HODGKINSON) m’a dit : «Mais qu’est-ce que ça veut dire, tout ça ?» et il a préféré écrire une tirade politique «à message » qui convenait davantage à HENRY COW… Moi, j’étais plus versé dans une sorte de poésie onirique.

En dehors des concerts donnés avec HENRY COW, SLAPP HAPPY s’est-il produit en concert ?

PB : Une fois ! C’était je ne sais plus exactement quand, environ 10 ans après notre séparation. Nous nous sommes reformés pour enregistrer un single, Everybody’s Slimmin’, une chanson sur laquelle les gens étaient supposés perdre du poids s’ils dansaient dessus ! Encore un exemple du caractère sérieux de SLAPP HAPPY… À la suite de quoi nous avons donné un concert, à l’Institute of Contemporary Arts. C’est tout.

The Naked BLEGVAD et autres histoires

Quelque temps après la dissolution de SLAPP HAPPY, tu as conçu l’illustre album Kew.Rhone avec John GREAVES, qui avait pour sa part quitté HENRY COW. Qu’as-tu fait ensuite ?

PB : Par la suite, j’ai travaillé pour la presse à New York, et je suis revenu en Angleterre enregistrer des albums solo, chez Virgin une fois de plus. J’en ai fait deux : The Naked Shakespeare, produit par Andy PARTRIDGE (de XTC), et je pense que c’est un bon album ; puis Knights Like This, produit par David LORD, que je considère comme horrible ! Totalement surproduit ! C’est ce qui arrive quand on est un peu naïf et qu’on laisse une maison de disques décider de ce qui peut être le plus avantageux à faire, commercialement parlant.

Tout de même, passer d’une major compagnie à une maison de disques indépendante comme Recommended Records, montée par Chris CUTLER, c’est un sacré retournement !

PB : Oui… C’est aussi parce qu’on se connaissait depuis longtemps. Évidemment, ce n’est pas avec un tel label que je devais m’attendre à vendre énormément, mais de toute façon, chez Virgin, je n’ai pas vendu grand-chose ! C’est pour ça que je n’y suis plus. Pour eux, vendre 4000 exemplaires, c’est une perte. Alors que, pour Chris, vendre 4000 exemplaires de mes disques, c’est une réussite. De plus, être sur ReR permet une totale liberté de mouvement. J’espère bien pouvoir continuer à travailler avec Chris et John (GREAVES).

Chris a une grande variété de goûts, il a la réputation d’être un grand improvisateur, un musicien d’avant-garde, mais c’est aussi un amateur de pop, de soul, de rock, de blues, de folk… Évidemment, quand les gens vont à un concert du trio que j’ai avec Chris et John, ils s’attendent à écouter de la musique avant-gardiste, ce qui n’est pas le cas. Parfois, on l’a fait. Il y a deux ans, on a fait trois concerts au Japon. Le premier soir, Chris CUTLER devait improviser avec des musiciens japonais. John GREAVES et moi avons été conviés à réciter des textes, à faire des lectures de poésies, avec voix et guitares trafiquées. Voilà de l’avant-garde improvisée ! Le deuxième soir, John donnait un concert solo au piano et le troisième soir, je chantais mes propres chansons, accompagné par Chris et John ; là, c’était plutôt rock n’roll. C’était un projet assez inhabituel que de montrer ainsi trois musiciens jouant ensemble des choses très différentes.

John GREAVES et toi, vous avez réalisé quelques albums ensemble, dont deux particulièrement étranges, Unearthed et Dr. Huelsenbecks Mentale Heilmethod, par ailleurs complètement introuvable…

PB : Ça ne me surprend pas ! (rires) C’est un disque qu’on a fait pour un animateur radio allemand fondé sur l’écrivain et poète dadaïste Richard HUELSENBECK. Quant aux textes de Unearthed, ils sont tous de moi et on peut les trouver dans un bouquin paru aux éditions Atlas Press qui s’appelle Head Cheese («Fromage de tête» !).

Je me suis demandé si ces petites histoires étaient aussi des scénarios pour tes BD, vu que tu es aussi dessinateur…

PB : Non, je ne crois pas avoir jamais utilisé mes idées de BD dans mes disques. Mais c’est vrai, j’ai également une carrière de dessinateur BD. Ça fait 9 ans que je travaille pour le journal londonien The Independant. Pendant 7 ans et demi, j’ai créé une BD intitulée Leviathan, et j’ai d’autres projets, notamment des dessins de rue en hommage à BAUDELAIRE…

Préhistoire du palindrome

J’ai l’impression somme toute que ta prose a plus à voir avec le surréalisme qu’avec le dadaïsme.

PB : Oui, le surréalisme a été une grande influence pour mes textes et mes dessins. Kew.Rhone était plein de jeux de mots, de palindromes, d’anagrammes… Mais il ne s’agissait pas de faire du jeu de mots pour faire du jeu de mots, dans une optique parodique. Dans le morceau éponyme, par exemple, le palindrome « Peel’s Foe, Not a Set Animal, Laminates a Tone of Sleep» n’a pas de sens au premier degré. Mais l’album Kew.Rhone a pour illustration de couverture un tableau d’un peintre nommé PEALE qui représente l’exhumation d’un animal, le mastodonte. Donc, «Peel’s Foe, Not a Set Animal» fait référence au mastodonte que PEALE exhume, sauf que, lorsqu’il a été exhumé, cet animal n’avait pas de nom ; on ne l’avait pas encore baptisé «mastodonte». En ce sens, ce n’est pas un animal donné ; «Not a Set Animal».

Par conséquent, le palindrome peut être interprété de façon à produire du sens. Ainsi, les anagrammes de Kew.Rhone semblent raconter une histoire. Mais peu importe la signification que l’on projettera sur cette histoire, qui sera sûrement différente de celle projetée par celui qui a raconté cette histoire. Ce qui importe, c’est que la structure soit assez mystérieuse et forte pour permettre une projection. Le non-sens absolu ne permet pas de projections.

La façon dont Lisa HERMAN chante ces mots ne procure-t-elle pas aussi un autre niveau d’appréhension ?

PB : Oui, je pense que c’est dans la façon dont John et elle ont prévu de l’interpréter. Et elle chante ça avec un tel naturel… C’est vraiment une oeuvre brillante, mais pas facile, vraiment pas facile !…

C’est dans l’album de THE LODGE que tu as formé un texte sur un sujet – en l’occurrence, le lait – en prenant des phrases de plusieurs auteurs.

PB : Pour cet album, j’ai dû «emprunter» à une bonne centaine d’auteurs ; pendant 20 ans, j’ai collectionné les citations qui traitaient du lait ! J’ai des obsessions comme ça… (rires)

Scarred for life

Qu’as-tu retenu de ton passage dans le groupe THE GOLDEN PALOMINOS ?

Syd STRAW (ex-membre des GOLDEN PALOMINOS qui passait par là) : Qui ça ?

PB : Eh bien, j’y ai été intégré après l’album Visions of Excess. Anton FIER voulait effectuer une tournée consécutive à cet album ; il a fait appel à moi, ce qui m’a ravit… Ce fut une grande aventure puisque je n’avais jamais fait de tournée et joué live auparavant. J’y ai rencontré des gens qui restent aujourd’hui des amis et des sources d’inspiration, comme Miss Syd STRAW ! (rires)

SS : C’est toi, mon inspiration !

PB : Il y a eu Jody HARRIS, Chris STAMEY, Bernie WORRELL, Carla BLEY, Jack BRUCE… Ce fut une incroyable expérience !

(Syd STRAW quitte les lieux.)

Bon, en réalité, ça a été aussi très dur, dans la mesure où Anton FIER n’est pas quelqu’un avec qui il est facile de travailler, et je suis très heureux que tout cela soit terminé ! ! Mais bon, il faut croire que j’avais besoin à cette époque de travailler sous les ordres d’une personne stricte et implacable. J’ai apprécié pendant 6 ou 7 mois d’apprendre à jouer correctement, sans faire d’erreurs tout le temps.

J’imagine en effet que la discipline de travail n’a pas dû être la même pour Kew.Rhone ?

PB : Non, John GREAVES est d’une nature plus indulgente ; c’est un très bon ami et nous nous entendons toujours très bien. C’est carrément l’opposé de travailler avec Anton FIER ! Tout pour lui était une question de vie ou de mort. Si tu faisais une erreur, il pouvait te balancer sa batterie à la tête !

Cela dit, il a joué avec toi dans THE LODGE et apparaît dans ton album The Naked Shakespeare.

PB : Oui, on a été de bons amis pendant un temps et, comme il arrive dans ce genre de situation, il a grandi, est devenu plus sérieux et plus ambitieux et a perdu toute trace d’excentricité. Tu vois, moi, en revanche, je suis un excentrique, un bizarre et un indiscipliné. Ça ne m’intéresse pas de devenir un artiste «militaire» ! (rires)

Propos recueillis par Stéphane Fougère
Photos : Sylvie Hamon (27 juin 1999 à l’Hôtel du Nord à Paris,
Peter Blegvad avec John Greaves, Syd Straw et Robyn Hitchcock)

(Entretien original dans TRAVERSES n° 7, novembre 2000 ;
discographie mise à jour en 2019)

Discographie de Peter BLEGVAD

* The Naked Shakespeare (1983 – Virgin)
* Knights Like This (1985 – Virgin)
* Downtime (1989 – ReR)
* King Strut & Other Stories (1990 – Silvertone)
* Choices Under Pressure (An Acoustic Retrospective) (2000 – Resurgence)

avec SLAPP HAPPY:
* Sort Of (1972 – Polydor, rééd. 1999 – Blueprint)
* Casablanca Moon (1973 – Virgin)
* Desperate Straights (1974 – Virgin)
* Acnalbasac Noom (1982 – ReR)
* Ça va (1998 – V2)
* Camera (KRAUSE, MOORE, BLEGVAD) (2000 – Blueprint)
* Live in Japan, May 2000 (+ Single Coralie) (2001 – F.M.N. Sound Factory, rééd. 2009 – Voiceprint)

avec John GREAVES & Lisa HERMAN:
* Kew.Rhone (1977 – Virgin, rééd. 1997 – Voiceprint)

avec John GREAVES:
* Smell of a Friend (THE LODGE) (1988 – Antilles, rééd. 1998 – Resurgence)
* Dr. Huelsenbecks Mentale Heilmethod (1992 – ?)
* Unearthed (1995 – Sub Rosa, rééd. 2000 – Blueprint)

avec John GREAVES & Chris CUTLER:
* Just Woke Up (1995 – ReR)
* Hangman’s Hill (1998 – ReR)

avec Chris CUTLER, John GREAVES, Karen MANTLER et Bob DRAKE :
* Go Figure (2017, ReR Megacorp)

avec THE GOLDEN PALOMINOS:
* Blast Of Silence (Axed My Baby For A Nickel) (1986, Celluloid)

avec Andy PARTRIDGE:
* Orpheus (The Lowdown) (2003 – Ape House)
* Gonwards (2012 – Ape House)

+

* The Peter BLEGVAD BandBox (contient les albums Downtime, Just Woke Up, Hangman’s Hill, Go Figure + It’s All Experimental 1 & 2 (Live Tracks, Unreleased Tracks, Demos…) + The Impossible Book (A Radio Play) (2018, ReR Megacorp)

 

Participations diverses

* ART BEARS – Coda to Man and Boy (7’’ single 1979 – ReR Megacorp)
* Recommanded Records Sampler (1982, Recommended Records)
* John ZORN – Locus Solus (1983 – Eva Records)
* Michael ZENTNER – Present Time (1984 – Ozone Records)
* THE GOLDEN PALOMINOS – Blast of Silence (1986 – Celluloid)
* Passed Normal (Various Artists Live Compilation) – Volumes 4, 6-7 (1991 / 1993 – Fot Records)

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