Robert MIRABAL – Music from a Painted Cave

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Robert MIRABAL – Music from a painted cave
(Silverwave Records)

robert-mirabal-music-from-a-painted-caveOriginaire du village de Taos au Nouveau-Mexique, Robert MIRABAL fit entendre le son de sa flûte dès 1992 sur l’intro du disque hip-hop de Robby BEE & The Boyz from the Rez (fils du producteur et ex-XIT, Tom BEE), Reservation of Education et en 1993 sur l’album du chanteur et guitariste Mohican de folk-rock, Bill MILLER.

C’est en 1995 qu’il enregistre son premier album, Land, avec son cousin Reynaldo LUJAN aux tambours, percussions et chant traditionnel, puis dans la foulée Song Carrier, davantage axé sur la flûte, et un album avec Bill MILLER où les deux musiciens explorent leurs racines. Avec l’album Warrior Magician, sorti fin 1996, il se dirige vers la new-age à grands renforts de synthés. C’est avec l’album Mirabal, en 1997, qu’il amorce un virage vers d’autres styles de musique, incluant le rock, le folk, le traditionnel, le contemporain, virage qu’il consolide en 1999 avec Taos Tales.

Music from a Painted Cave, enregistré lors de trois concerts donnés au Foxwoods Casino dans le Connecticut devant plus de 2 000 spectateurs, et filmés par la chaîne PBS, témoigne de la carrière de ce musicien, chanteur et compositeur assez exceptionnel. Il est sorti simultanément en CD et en DVD.

Robert MIRABAL (principalement aux flûtes et au chant) est entouré pour ce concert de nom­breux danseurs ainsi que de son groupe RARE TRIBAL MOB, avec Raynaldo LUJAN au chant traditionnel et à la «batterie tribale» faite de tambours et de cymbales, l’irremplaça­ble Michael KOFF au violoncelle, Stev CAS­TILLO aux guitares acoustique et électrique, Robin PEFFER à la basse, et son frère, Patrick MIRABAL, aux flûtes, percussions et chant. Le groupe est augmenté de deux invités, Kenny ARONOFF à la batterie et aux per­cussions, et Star NAYEA aux chœurs.

Music from a Painted Cave est composé principalement de nouvelles versions de morceaux des deux derniers albums studio ainsi que de nouveautés. L’ordre des morceaux a été modifié sur le CD par rapport au spectacle, afin de donner un rythme plus vif à l’écoute privée d’image. The Dance, qui ouvre le CD, capte l’attention et démontre rapi­dement les qualités que l’on va retrouver tout au long de cet album, le chant traditionnel, la chanson en anglais, les divers styles musicaux représentés avec ses changements de rythmes, son instrumentation éclectique et variée. Robert MIRABAL possède ce don rare de faire côtoyer et même «fusionner» sans aucune faute de goût la musique tra­ditionnelle amérindienne et les diverses tendances du rock américain, offrant à tous les publics des arrangements travaillés et parfaitement réussis. L’apport du violoncelle, au lieu de claviers qui auraient semblé fades, est sans aucun doute l’un des atouts principaux de cette réussite, avec les batteries tribales et le jeu de flûte particulier de Robert qui oscille entre la tradition et le jazz. L’artiste ne dédaigne pas non plus les influences d’autres contrées plus lointaines, espagnoles dans l’intro du sublime Ee-You-Oo, australiennes en jouant du didgeridoo (Runners Dreamtime), exécute d’impressionnantes parties de tambours et joue de l’harmonica.

L’enregistrement DVD conserve, pour sa part, la continuité du show, offrant une ambiance différente du CD, bien qu’on y retrouve les mêmes morceaux, et permet de voir les musiciens entourés d’une quinzaine de danseurs-acteurs en costumes traditionnels qui, en plus de danser, miment pendant le spectacle des scènes de la vie de leurs ancêtres (chasse, promenade, tressage des cheveux…). Durant tout le spectacle, Robert MIRABAL présente au public les thèmes des morceaux, et le DVD offre à ces transitions des photos anciennes, des images de la nature et de la vie de l’artiste, que l’on voit même fabriquer ses flûtes). Le spectacle comporte trois parties. La première, calme, flottante et mystérieuse, est composée de très belles pièces (Painted Caves, Little Indians, Courtship Song, où Robert et Patrick MIRABAL sont rejoints par la femme de Robert, Dawn, qui exécute une danse classique avec des pas traditionnels, Ee-You-Oo, chanson pour les enfants où la fille de Robert, Aspen Dawn, âgée de 4 ans, vient danser sur scène, près d’une femme portant son bébé…) sur lesquelles Robert MIRABAL démontre toute sa virtuosité en jouant de différentes flûtes, dont l’ocarina.

La deuxième partie offre des morceaux plus rock aux arrangements et aux ambiances très différents et «progressifs» : Shield Dance où deux guerriers s’affrontent, dont Robert MIRABAL, sur fond de chant tradition­nel soutenu par des plaintes de guitare électrique, des cris, des tambours ; un trio de batterie contrasté qui réunit Kenny ARONOFF, chauve en cuir noir sur sa batterie rock, Raynaldo LUJAN en costume traditionnel et sa batterie tribale et Robert MIRABAL, debout à l’image des Japonais de KODO ; Skinwalker’s Moon dont la chorégraphie rap­pelle le clip Thriller de qui vous savez, avec des danseurs et musiciens maquillés ou masqués, avec capes de fourrure, vêtements déchirés, grandes ailes d’oiseaux… ; et l’étrange Stiltwalker, où Patrick MIRABAL apparaît en géant sur des échasses. La troisième partie offre des mor­ceaux plus axés sur le rock américain introduits par le didgeridoo, pour lesquels Robert MIRABAL a même endossé un pantalon de cuir noir, qui «achèvent» le public jusqu’au rappel.

Le DVD comprend un bonus (Starboy’s Lover) ainsi qu’un mini-docu­mentaire sur la fabrication des ocarinas et un reportage de 30 minutes sur le groupe tourné durant un week-end, avec des interviews des musi­ciens et des extraits des répétitions (le tout en anglais sans sous-titres).

Site : http://www.mirabalnativeflutes.com/

Sylvie Hamon

 

 

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