SUN RA & HIS SOLAR ARKESTRA – On Jupiter / Sleeping Beauty

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SUN RA & HIS SOLAR ARKESTRA – On Jupiter / Sleeping Beauty
(Art Yard / ReR Megacorp / Orkhêstra)

Après Disco 3000 et Media Dreams, le label Art Yard de Peter Dennett réédite en format CD deux autres albums rarissimes et très recherchés de SUN RA, avec l’approbation de Marshal ALLEN, le leader de l’ARKESTRA. On Jupiter et Sleeping Beauty ont en effet été réalisés en 1979 aux États-Unis et contiennent des morceaux très peu joués sur scène.

C’est un ARKESTRA comprenant une vingtaine de musiciens (dont la chanteuse June TYSON) qui officie sur On Jupiter, qui partage avec Sleeping Beauty la qualité d’être aussi expéditif en terme de durée (à peine 30 minutes pour trois morceaux) que peaufiné et abouti sur le plan musical.

Couvrant toute la face B initiale, Seductive Fantasy a le charme élégant et diaphane de la ballade jazzy-funk langoureuse qui s’épanouit dans des espaces quasi expérimentaux en fin de course, évoquant même à un endroit le psychédélisme cyclique et ethnisant du THIRD EAR BAND.

Outre les chavirements suaves du piano et des cuivres, le basson, la clarinette et la violoncelle sont, à la faveur d’une restauration scrupuleuse, majestueusement extirpés de la noyade du pressage originel.

En ouverture du disque, la pièce éponyme, tout en tangage rythmique façon « marche des dromadaires », ponctuée par les vocaux évanescents de June TYSON, précède l’arrivée des UFO. Totalement imprévisible, cette pièce étonne et ébahit l’auditeur par sa forte couleur jazz-funk-discoïde aux odeurs de stupre. Avec ces élans cuivrés, ces « UFO » scandés comme des mantras et ces percussions chatoyantes, les soucoupes ne seront sûrement pas les seules à s’envoyer en l’air ! Isaac HAYES et George CLINTON auraient sûrement aimé écrire pareil morceau…

Sur Sleeping Beauty, enregistré à la même période, l’effectif de l’ARKESTRA est encore augmenté jusqu’à presque trente musiciens. Trombone, cor anglais, vibraphone, flûte et basse électrique ajoutent leurs bigarrures à l’armada de saxophones (alto, ténor, baryton), de trombones, de percussions, de guitares électriques et de voix chorales qui tous accompagnent le maître des touches des pianos acoustique, électrique et de l’orgue dans sa quête modale aux parfums subtils et racés répandus avec grâce sur un parterre velouté.

Trois pièces composent là encore l’album, trois belles aux soli rutilants, aux rythmes alanguis, aux chants soyeux et aux bois dormants, entraînant l’auditeur dans une procession funambulesque à travers les vapeurs du nouveau printemps vers la porte du cosmos. En cette fin de décennie 70’s, le SUN RA ARKESTRA a troqué l’esbroufe excentrique au profit d’une pondération richement arrangée qui rend les mélodies plus transparentes.

Depuis l’album-pivot Lanquidity, Le Dieu Soleil veut peut-être nous faire dormir debout, mais sans nous faire marcher en ligne droite. Dans les dunes du désert égyptien, on ne peut qu’avancer en ondulant…

Stéphane Fougère

Labels : www.rermegacorp.com

artyardrecords.co.uk

Distributeur : www.orkhestra.fr

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°25 – mars 2009)

 

 

 

 

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