SUPHALA – Blueprint

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SUPHALA – Blueprint
(Suphala Productions)

Elle se nomme Suphala PATANKAR mais elle préfère qu’on l’appelle tout simplement SUPHALA. Avec un tel patronyme, on pourrait la croire Indienne, ce qui serait la moindre des choses pour une joueuse de tablas, mais elle est tout à fait Américaine. Elle est d’ailleurs née à Minneapolis, ville où se sont installés son père, ingénieur mécanicien patron d’une entreprise de logiciels, et sa mère, technicienne médicale et programmatrice en informatique. Blueprint est le troisième album de SUPHALA. Et c’est donc aussi le troisième où elle montre sa maîtrise des tablas et son amour pour les musiques mélangeant traditions orientales et modernité occidentale.

Cependant, les tablas ne furent pas son instrument initial. Ce fut le piano, dont elle commença à jouer à l’âge de quatre ans, donnant de petits concerts classiques dès cinq ans, ce qui prouve assez le don de SUPHALA pour la musique. D’autant qu’elle apprit un peu plus tard à jouer du violon et qu’elle n’hésita pas non plus à apprendre seule à jouer de la batterie. C’est quand sa mère, au retour d’un voyage en Inde, revient avec une paire de tablas qu’elle découvrit ces percussions et en tomba tout de suite amoureuse.

Aussi sa mère dût-elle chercher tout de suite quelqu’un pour lui donner des cours. Heureusement, non loin de leur maison vivait un musicien qui avait apprit à jouer des tablas grâce à un gourou. Impressionné par les progrès fulgurants de SUPHALA dès les premières leçons, le musicien expliqua à sa mère qu’il ne sentait pas à la hauteur de la tâche et que SUPHALA aurait tout intérêt à suivre les leçons des meilleurs gourous.

Ce musicien ne se trompait en rien, car dès qu’elle le put, SUPHALA commença à composer sur ses tablas et à s’enregistrer en utilisant les technologies les plus en pointe. Le double résultat de tout cela fut que la jeune musicienne reçut l’enseignement d’Ustad Zakir HUSSAIN, le plus éminent joueur de tablas du monde, et qu’elle sortit en 2001 son premier album intitulé Instru Mental. Tout l’univers de SUPHALA est déjà là, mixant l’acoustique et l’électronique, le passé et le futur et donnant au présent un goût de fusion universel et de rêve harmonique. Bref, pour un album entièrement produit à la maison, c’était déjà un coup de maître, en plus d’un album déroutant aussi pour beaucoup, car ce mélange audacieux de tablas, de violon, de samples et de synthés était une totale nouveauté.

Mais l’album était une telle réussite qu’il ne pouvait rester sans suite. Et elle vint en 2005 avec The Now et avec, excusez du peu, Norah JONES en collaboratrice vedette. Car il y a du monde sur The Now, Vikter DUPLAIX, Mazz SWIFT, Vernon REID, Salim MERCHANT, j’arrête là, mais la liste des pointures internationales est encore longue. Déjà blasée SUPHALA, et avec la grosse tête ? Que nenni ! Et au contraire même. Studieuse, perfectionniste et modeste, elle continue à passer quatre mois par an en Inde pour poursuivre son apprentissage des tablas. Et comme je le disais au début, SUPHALA vient de sortir Blueprint.

C’est un nouveau et sublime voyage entre percussions affolantes et planeries électroniques, le genre d’album onirique et magique dont on ne voudrait pas entendre la fin. Bien sûr, il y a aussi une brochette exceptionnelle d’invités sur Blueprint, tels David GOTAY, Rakesh CHAURASIA, Harper SIMON ou Edie BRICKELL, le tout produit par rien moins que King BRITT.

Je vous le dis, SUPHALA, c’est un talent insolent couvé par quelques-uns des meilleurs musiciens au monde. Et en plus SUPHALA est une vraie beauté…

Frédéric Gerchambeau

Site : www.suphala.com

(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n°39 – été 2008)

 

 

 

 

 

 

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