TANGERINE DREAM – Live in Budapest at Béla Bartok National Concert Hall – Live at Admiralspalast Berlin

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TANGERINE DREAM – Live in Budapest at Béla Bartok National Concert Hall – Live at Admiralspalast Berlin
(Eastgate)

TANGERINE DREAM, le groupe d’Edgar FROESE, n’en finit pas de nous éblouir. Allez faire un petit tour sur leur site officiel pour constater que nous ne sommes pas en manque en matière de nouveautés : albums, singles cupidisc rares, compilations et surtout pour cette fois, DVD et enregistrements live de leurs concerts les plus récents.

Le premier concert est celui de Budapest du 10 avril 2012 (à l’occasion de l’Electric Mandarine Tour) et reprend deux à trois musiques de chacun des derniers albums studio comme The Endless Season, The Angel from the West Window et Machu Picchu. Deux inédits apparaissent dans ce live : Circle of Eternity et surtout Star Wars Theme (R2D2 Joke), un clin d’œil au célèbre film dont nous pouvions voir sur le site une petite vidéo amusante du groupe jouant ce morceau.

Le concert démarre de façon dynamique sur le CD1. Nous traversons diverses époques du groupe, notamment grâce à Song of the Whale superbement bien retravaillé depuis sa version studio, ou encore Ayumi’s Loom, où le rythme de la batterie et la vitalité de la guitare ne laissent pas indifférent. Le classique Logos (1982) revient à la charge toujours aussi efficace, et largement modernisé par ses nouveaux effets de son électrique, lui apportant un tonus endiablé.

Sur le CD 2, nous ne nous lassons pas de réécouter un Lady Monk découvert à l’époque sur le cupidisc Sleeping Watches (disponible aussi sur Booster I), ou encore un classique datant des seventies comme Ricochet, qui certes n’a plus grand-chose à voir avec l’original, mais dont la nouvelle version, déjà jouée lors de concerts précédents, lui donne un second souffle de modernité qui justifie avec brio sa place encore aujourd’hui.

Apparaît Blue Bridge, sorte d’ovni musical du groupe, joué pour la première fois dans 220 Volt Live et Arizona Live’ 92 et depuis se baladant principalement sur des albums live, suivi d’un Alchemy of the Heart ô combien énergique depuis toutes les modifications que le groupe lui a apportées depuis sa naissance.

Nous glissons alors sur le dernier tiers du concert, avec des morceaux tels que Homeless (encore une musique interprétée principalement en concert, notamment dans le fameux 220 Volt), ou une énième interprétation de Warsaw in the Sun, terriblement efficace de modernisme et qui n’a pas pris une ride depuis 1983.

Ce concert, sorti également en format DVD, (dont pour une fois, nous ne conseillerons pas l’achat car, sur bien des morceaux, l’image a un effet décoratif tramé, plutôt désagréable à regarder) est freiné à mon goût par les nouveaux albums, qui annoncent la claire intention du groupe pour une période plus calme ; espérons toutefois que TD reprenne assez vite le chemin de rythmes plus fous.

Nous ne nous étendrons pas sur les nouveaux morceaux, car ceux-ci sont pratiquement identiques aux albums studio, donc sans surprise. Mais le concert mélange admirablement le passé de TD depuis les années 1975 à nos jours, en laissant une place importante malgré tout à la dernière période du groupe.

Le concert suivant se déroulant à Berlin est en quelque sorte le live à Budapest, mais en beaucoup mieux : plus de dynamisme, meilleurs choix musicaux, un mélange de nouveautés et d’anciennetés musicales plus harmonieuses. La moitié des titres du CD 1 figurent dans le concert de Budapest. Les autres morceaux comme Dolphin Dance et The Cliffs of Sydney existent déjà en album studio sans grand changement.

Sur la fin du CD, nous retrouvons une version de Oriental Haze (déjà interprétée dans le live 220 Volt, et de nombreuses fois par la suite), dont le saxo toujours aussi efficace et la batterie toujours aussi délirante, nous offrent un morceau d’une efficacité exemplaire.

Puis, nous terminons avec Love on a Real Train, où les mélodies à la guitare et aux synthés ont modifié à merveille le morceau depuis son apparition dans l’album Risky Business. Ce premier CD est intense, mêlant admirablement les époques musicales du groupe.

Le CD 2 a la particularité de présenter les trois quarts des musiques déjà présentes dans le live à Budapest et heureusement pour nous, il s’agit des plus intéressantes. Il est de même étoffé par un Underwater Sunlight au côté plus énigmatique que la version originale, surfant sur une batterie puissante… Et que dire du magnifique Going West si ce n’est qu’il est terriblement bien arrangé depuis l’album Flashpoint, grâce à une instrumentation des plus recherchées. Nous découvrons aussi une création de Linda SPA et Thorsten QUAESCHNING (Industrial Romantics), et encore une fois une interprétation de Ricochet toujours aussi poignante.

Sur le CD 3, un tiers des morceaux figurent dans le live de Budapest. Nous découvrons avec joie un titre de Miracle Miles (une des meilleures BO du groupe) intitulé Teetering Scales, largement modifié, et Loved by the Sun en version instrumentale, provenant de la BO Legend.

Une nouvelle fois, Stratosfear est joué en concert, et nous sommes toujours aussi émerveillés devant le déchaînement d’Iris CAMAA sur ses drums-percussions, et les superbes mélodies du guitariste Bernard BEIBL.

Nous enchaînons avec Phaedra 2005, un autre grand titre de l’âge d’or de l’électronique, et un Ride on a Ray, dont le côté étrange dans l’interprétation, lui donne encore plus de profondeur par rapport à la version originale.

En conclusion, ce concert est de très bonne qualité, à la retranscription sur CD irréprochable. Et surtout, un album comme Underwater Sunlight (1986) est mis à l’honneur ce soir-là, où quatre de ses titres figurent sur la set-list, ce qui ravira certainement les nostalgiques du trio FROESEFRANKE-HASLINGER.

Éric Bazin

Site : www.tangerinedream.org

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°33 – juin 2013)

 

 

 

 

 

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