THE NECKS – Silverwater

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THE NECKS – Silverwater
(ReR Megacorp / Orkhêstra)

Un peu de dépaysement loin de la grisaille urbaine ne nous fera pas de mal. Le label ReR vous propose d’embarquer pour une incursion vers le Sud-Est du continent australien avec THE NECKS, les champions de la musique ambiante, planante et d’improvisation. Partons pour Silverwater, ville banlieue dans la région de Sydney Ouest, en Nouvelle-Galles du Sud. Drôle de nom pour une ville, mais il faut y voir tout simplement un rapport avec la rivière Parramatta (principal cours d’eau s’achevant à Sydney), et les reflets argentés que la lumière projette sur l’ eau.

67’15, telle est la durée de ce CD enregistré en studio. Et il n’y a qu’un seul titre ! Une longue pièce de plus d’une heure ne devrait pas nous faire peur, surtout si notre expérience nous a permis de surmonter certains travaux de Brian ENO comme Neroli. Rassurons les plus sceptiques : Silverwater est une réussite totale, dont la beauté se révèle à chaque instant de l’écoute. La musique est limpide et pure, se dévoilant en toute simplicité, parfois brumeuse, parfois tribale, foncièrement nostalgique mais sans fioritures déplacées. Sa richesse émotionnelle est sans fin, parsemant ici et là de douces réminiscences sonores d’ un temps passé.

De par ces minutes intemporelles, le trio nous entraîne à l’intérieur d’ un gigantesque labyrinthe, où règne un sentiment de plénitude absolue. Nous nous laissons conduire sans opposer de résistance, empruntant des chemins sinueux, bercés par des flux sonores en mouvement perpétuel. De lancinants sons planants, “space”, quasi irréels (vers la 18e minute) vont céder la place à des ambiances plus jazzy (avec l’arrivée du piano vers la 34e minute) et exotiques (à la 41e minute, ces sortes de percussions world africaines rappellent le titre Elephanta sur Un rêve sans conséquence spéciale de HELDON). Et le disque se termine comme il a commencé dans un esprit volontairement seventies.

Le retour de l’orgue mystérieux et psyché égale les premières heures de l’école électronique allemande. Silverwater est aussi un exemple de parfaite harmonie entre les musiciens et leurs instruments. Ils se complètent, fusionnent de manière passionnelle, se détachent les uns des autres pour mieux se retrouver et créer des “landscapes” sonores hors du temps. Le talent du trio est de pouvoir interpréter une pièce d’envergure, en jouant avec elle, en la faisant voltiger au gré de ses désirs, en l’embellissant sans perdre de vue son objectif: émouvoir et surprendre l’auditeur.

Silverwater n’est pas uniquement un beau moment de musique. Ce disque raconte aussi une histoire… L’histoire de vies remplies de sensations, d’émotions et de rêves : celles de nos trois musiciens, ABRAHAMS, BUCK et SWANTON.

Cédrick Pesqué

Site : www.thenecks.com

Label : www.rermegacorp.com

Distributeur : www.orkhestra.fr

(Chronique originale publiée dans
TRAVERSES n°29 – novembre 2010)

 

 

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