THE PLASTIC PEOPLE OF THE UNIVERSE à Prague, République Tchèque, 21 août 2018

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THE PLASTIC PEOPLE OF THE UNIVERSE

à l’Atrium de Prague,
République Tchèque, 

le 21 août 2018

 

Quand on est un groupe phare de la résistance « underground » tchèque, se retrouver à fêter son demi-siècle un 21 août à Prague est tout sauf innocent. C’est en effet ce jour-là, en 1968, que, sur l’ordre de BREJNEV, des troupes blindées soviétiques envahissaient la Tchécoslovaquie, soit disant pour sauver le socialisme, mettant un terme au « Printemps de Prague » impulsé par DUBCEK au début de la même année.

À peine un mois plus tard naissait le groupe THE PLASTIC PEOPLE OF THE UNIVERSE, fondé par Milan HLAVSA, et dont le rock psychédélique est inspiré par Frank ZAPPA et ses MOTHERS OF INVENTION, le VELVET UNDERGROUND, le free jazz et les musiques expérimentales, mais aussi par les écrits de ses compatriotes écrivains Egon BONDY et Ladislav KLIMA. Son parcours chaotique fut contrarié par les interdictions de jouer et les mises en examen, mais fut soutenu par l’historien Ivan JIROUS (qui a été son manager) ou encore l’écrivain et futur président Vaclav HAVEL. Concerts dans les granges, enregistrements dans les caves, dissolutions et reformations contribueront à transformer le groupe, sans doute un peu malgré lui, en symbole d’une culture marginale dissidente et « en opposition ». Le reste, comme on dit, appartient à l’Histoire.

50 ans plus tard, tout cela est certes bien loin, et c’est une légende encore vivante que l’on a retrouvé dans cette petite salle de Prague qu’est l’Atrium de Zizkov, bondé pour l’occasion. Foin des persécutions d’antan, les PLASTIC PEOPLE y furent présentés, sous les crépitements des appareils photos de moult journalistes et sous les caméras de télévision, par des officiels de la ville de Prague, dont le maire du 3e arrondissement, Alexander BELLA, qui a fait signer au claviériste et chanteur Josef JANÍČEK son titre de citoyen honoraire déclarant à son sujet : «  Josef JANÍČEK est l’une des personnalités fondamentales de la culture, non seulement Prague 3, mais son activité dépasse les frontières de la République Tchèque. Sa vie est fortement liée à Prague 3, où il a travaillé et vécu pendant des décennies. Non seulement pour son activité fondamentale dans le domaine de la musique et de la culture, mais aussi pour la forteresse morale, le caractère et les actions au sein de la résistance totalitaire, il mérite certainement d’être inscrit dans le livre d’honneur. »

Car de la formation originelle de PLASTIC PEOPLE, il ne reste bien sûr plus grand-monde : Josef JANÍČEK et le saxophoniste, clarinettiste et chanteur Vratislav BRABENEC, tous deux septuagénaires, font figures de valeureux survivants et sont entourés de musiciens plus jeunes qui donnent un souffle nouveau (plus électrique et plus « carré ») à cette musique : David BABKA à la guitare, Johnny JUDL Jr à la basse, au basson et au chant, et Jaroslav KVASNIČKA à la batterie et au chant.

Le premier set de ce concert « de chambre » fut en bonne partie consacré au répertoire de l’« après Milan HLAVSA »  (disparu en 2001). On y trouve donc des extraits d’albums réalisés durant les années 2000, comme V Konečcích Prstů (Tips Of Fingers), Pan K (Dear M. K), extraits de l’album Líně S Tebou Spím (Lazy Love, 2001), Maska, Marie et Non Stop Opera, tirés du disque Maska Za Maskou (The Mask Behind The Mask, 2009). Mais quelques pièces plus anciennes furent également interprétées, comme Jednou Nohou, Spofa Blues et Půlnoční Myš (Midnight Mouse). C’était pour ainsi dire une set-list proche du CD live de 2011, Non Stop Opera.

Lors du second set, des « amis » des PLASTIC PEOPLE sont venus grossir les rangs sur scène : le guitariste Josef Bobeš RÖSSLER (qui avait joué sur Leading Horses), le violoncelliste Tomas SCHILLA (membre de DG 307 et qui avait participé à Midnight Mouse) et l’écrivain et clarinettiste Petr PLACAK (présent sur Midnight Mouse et Hovězi Porážka). Ce fut l’occasion d’écouter d’autres anciennes pièces métamorphosées pour l’occasion, comme Prší, Prší, Samson (extrait de Leading Horses) et Eliasuv Ohen.

Puis, les PLASTIC PEOPLE OF THE UNIVERSE ont poursuivi « seuls » le reste du concert, interprétant Vraska, Ja a Mike et terminant par de larges extraits de son mythique premier LP, Egon Bondy’s Lonely Hearts Club Banned : Okolo Okna, Toxica, Zácpa, Elegie, Magické Noci et, en glorieux rappel, Kanarek. On regrette juste de ne pas avoir entendu le célèbre Podivuhodný Mandarin (Le Mandarin merveilleux)…

Quoi qu’il en soit, ce fut une soirée à la fois mémorable et magique, durant laquelle les PLASTIC PEOPLE ont tenu à afficher leur solidarité, leur respect et leur affection pour certaines personnalités dont les noms sont apparus sur un écran : le cinéaste ukrainien Oleg SENTSOV, le groupe punk féministe moscovite PUSSY RIOT, les défenseurs des droits humains Igor KALYAPIN et Irina MASLOVA, et d’autres encore…

50 ans, et une conviction humaniste toujours en éveil !

 

Article : Stéphane Fougère
Photos : Sylvie Hamon et Stéphane Fougère

Lire l’entretien et les articles réalisés en 2002 et 2003 dans Traverses

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