Yann CRÉPIN – L’Éveil

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Yann CRÉPIN – L’Éveil
(L’OZ Production)

Pour exprimer leur attachement à une Terre qu’ils affectionnent particulièrement, certains musiciens enracinent leur pratique dans des formes culturelles déterminées, celles qui définissent ladite Terre d’élection. D’autres s’en remettent à leur instinct, à leurs émotions, à leurs élans créatifs. Et quand cette Terre est entourée d’eau, on imagine combien ses panoramas peuvent toucher les âmes avides de voyages, d’excursions au-delà des frontières terrestres. Et de cette résonance entre ce qui est perçu et ce qui est ressenti, certains musiciens élaborent leur propre monde sonore, sans avoir besoin de se conformer à des formes et à des styles prédéfinis. Voyez le Finistérien Yann CRÉPIN : il n’a jamais versé dans la musique dite traditionnelle, il a même plutôt un bagage classique et avait tout pour faire une carrière de flûtiste. Il a pourtant opté à quarante ans pour le piano après avoir écouté un concert du pianiste breton Didier SQUIBAN.

Il a ainsi appris le piano en autodidacte, et s’en est remis à sa seule passion et à ses intuitions pour faire naître ses compositions. Et si Yann CRÉPIN ne « joue pas la Bretagne », celle-ci a indubitablement marqué son imaginaire artistique. C’est normal, il y vit. Mais surtout, il la ressent come un miroir de sa propre vie intérieure.

Découvert avec l’album La Déclaration, où il jouait en duo avec la harpiste Gwenaël KERLEO, Yann CRÉPIN a ensuite fait paraître en 2018 son tout premier disque piano solo, Mise à nu, qui est devenu dès l’année suivante musique officielle pour Air France. Il est vrai que sa musique est tout autant aérée qu’aérienne. Et est-ce un hasard si Yann CRÉPIN a aussi réalisé un clip avec le photographe Matthieu RIVRIN nommé La Bretagne vue du ciel ?

Mais si elle est aérienne, la musique de Yann CRÉPIN fait aussi état d’une fluidité et d’une « liquidité » qui restitue toutes les palpitations de l’élément maritime, houle, clapotis, ressac, grondements, tempêtes… Loin donc de donner à voir la Bretagne armoricaine de haut et de loin, elle la scrute de près et en interroge les impacts intimes.

On en aura encore un brillant exemple avec son nouvel album, L’Éveil, qui offre seize nouvelles compositions, dans lesquelles la « Bretonnité » de Yann CRÉPIN vibre dans ses spores, dans ses doigts qui glissent et rebondissent allègrement sur les touches de son piano. Le panorama marin est toujours présent (La Vague, La Mer de nuages), de même que l’élément liquide sous diverses formes (La Source, Les Larmes de Circé). Dans ses contemplations pianistiques vibratiles, Yann CRÉPIN cherche à exhumer des états d’être. C’est au fond une quête spirituelle qui anime ce recueil musical, lequel s’ouvre sur des pièces titrées Luminescence, L’Éveil et s’achève sur Liberté, Élévation et Amours cosmiques.

Cet élan vers la lumière peut du reste s’appréhender à différents niveaux : les mélodies de Yann CRÉPIN sont aussi nourries de la lumière naturelle – notamment celle qui irise les flots de l’horizon armoricain – qu’elles sont infusées, voire imbibées, par une vision claire et spontanée. Ses compositions sont comme des flashs photographiques soucieux de refléter les moindres reliefs et saillies d’un paysage, d’un sentiment ou d’une sensation.

Au fond, la Bretonnité de CRÉPIN touche à un ressenti universel, et elle le fait d’autant plus qu’elle ne se cantonne pas aux paysages bretons ; elle « photographie » aussi des instants du monde : une Marche des éléphants en Asie, un changement de saison (Here Comes Summer again), un portrait de femme tourmentée avec Viviane (titre d’un film de Mélanie LERAY pour lequel Yann a composé la musique), la triste guerre qui a opposé Arméniens et Azéris à l’automne 2020 (Arménie 2020), ou encore – parce qu’il est difficile d’en faire abstraction comme épreuve existentielle mondiale – la pandémie et les mesures sanitaires qu’elle a engendrée (Vacuité)…

Les seize compositions de L’Éveil sont autant d’escales sur différents ports du monde, extérieur comme intérieur, que d’étapes dans une aspiration à prendre le large et voir non pas de haut, mais plus haut…

Stéphane Fougère

Site : www.yann-CREPIN.fr/

Page label : www.lozproduction.fr/fr/cd/yann-CREPIN/221-l-eveil.html

 

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