Alain GENTY – Le Grand Encrier

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Alain GENTY – Le Grand Encrier
(Keltia Musique)

Après un enregistrement et un mixage consciencieux qui se sont étalés sur plus de deux ans, Le Grand Encrier montre enfin le bout de sa plume et annonce sa couleur. Celle du “milieu” ? A priori, non, cette dernière a déjà été retenue pour l’album précédent ! Néanmoins, le compositeur, bassiste et claviériste Alain GENTY (GWERZ, BARZAZ, DEN…) nous livre un opus tout aussi lumineux dans ses contrastes climatiques, ses traits labyrinthiques, ses symboles ésotériques et ses horizons alignés, avec, le temps aidant, une plus grande précision optique dans l’hallucination.

La structure de ce nouvel album s’apparente globalement à celle de son prédécesseur. On y retrouve ces compositions à étages ou à rebondissements mélodiques et rythmiques (le Petit Encrier, La Douche du Pouldu, La Chasse au tigre, Le Grand Encrier), héritage de la meilleure veine du rock dit progressif (SOFT MACHINE, GONG, Frank ZAPPA…), dans lesquelles les “voix” du Alain GENTY GROUPE (Jacky MOLARD au violon, Patrick MOLARD à la cornemuse, Yannick JORY au saxophone, Thierry GARCIA à la guitare, plus Patrick BOILEAU à la batterie…) s’esbaudissent à qui mieux-mieux sur des chemins tortueux qui convergent tous tôt ou tard dans une farandole de ralliement.

Entre deux périples communautaires, des plages plus intimistes, généralement en duo ou en solo, permettent d’apprécier en apesanteur le style envoûtant du jeu de basse électrique cinq cordes et de basse fretless de notre korrigan ripailleur et philosophe.

Parmi ces moments de félicité songeuse (ou de réflexion perplexe, ce qui revient sûrement au même !), citons Suryavati, avec les percussions de Miguel SANCHEZ ; A Us d’Al Lenn, avec la flûte traversière en émouvante lévitation de Jean-Michel VEILLON ; ou encore Ma Var, honoré par la voix de l’infatigable ubiquiste Yann-Fanch KEMENER (c’est pas possible, il a un frère jumeau !). 

Enfin, comme on devait s’y attendre, de nouveaux gags sonores, semés avec parcimonie mais toujours à point nommé, viennent donner un relief supplémentaire au cinéma onirique de ce Grand Encrier. Hommage est du reste rendu à Zorro (tombé dans un encrier quand il était petit, comme l’on sait), M. Hulot, l’espion Gomiz, Madame Louise, que l’on retrouve dans de nouvelles aventures, ainsi qu’au “tourbillon de nos illusions qui tournoie sans trêve” (sic), tandis qu’on croise incidemment un défilé zoulou et même quelques gibbons moqueurs…

À ceux qui avaient perçu l’album précédent d’Alain GENTY comme une récréation aux écarts incongrus mais pardonnables parce que ponctuels, Le Grand Encrier affirme en un cinglant paraphe indélébile la détermination du bassiste à redonner quelque large sourire à notre imaginaire spirituel assoupi. C’est ce qui, je crois, s’appelle faire œuvre de salubrité publique. De toute façon, tant qu’il y aura de l’encre, on ne tarira pas d’éloges !

Site : http://www.alaingenty.com/

Stéphane Fougère

 

 

 

 

 

 

 

 

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