ALBERT MARCŒUR et le QUATUOR BÉLA au Festival Rock In Opposition à Cap Découverte, septembre 2018

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ALBERT MARCŒUR et le QUATUOR BÉLA

au Festival Rock In Opposition

à Cap Découverte (81)

le 15 septembre 2018

La particularité de cette onzième édition du festival Rock In Opposition fut d’avoir pris le risque de ne pas avoir programmé ses habituelles « têtes d’affiche » ni aucun des groupes pionniers du mouvement Rock In Opposition originel. Un vétéran de la même époque, qui ne faisait pas officiellement partie du mouvement mais en partageait sans nul doute la démarche, s’est toutefois retrouvé dans l’édition 2018, Monsieur Albert MARCŒUR en personne !

Pas vraiment une « star » du rock progressif, même avant-gardiste, ni un gardien de la Zeuhl, ni un adepte du planant galactique fumeux, plutôt le genre d’ « anti-star culte », dont la présence semble avoir été due uniquement au fait qu’il avait réalisé une création avec le QUATUOR BÉLA, lequel était un peu l’invité d’honneur de cette édition, puisque déjà programmé la veille pour présenter sa création avec le trio JEAN LOUIS (lui-même programmé deux fois). Bref, c’était l’occasion de faire d’une pierre deux coups, voire trois.

Tout de même, c’est vrai qu’il manquait à ce festival, l’Albert ! Il aura fallu attendre la onzième édition pour que son nom figure sur l’affiche ! Mieux vaut tard que jamais.

Il est vrai que MARCŒUR s’est échiné à se rendre tellement inclassable et que son art échappe à toute étiquette, fut-elle « en opposition », qu’on pouvait se demander si sa présence n’était pas hors-sujet, « sandwiché » qu’il fut ce samedi soir entre deux formations s’exprimant à grands renforts de décibels. Après tous ces groupes rock avant-gardistes programmés depuis deux jours, allait-on seulement avoir encore des oreilles en état d’écouter les histoires marcœuriennes, ou même de percevoir la voix feutrée d’Albert ?

Une autre difficulté s’annonçait : la création Si oui, oui. Sinon, non avec le QUATUOR BÉLA ayant été programmée un peu partout en France depuis 2012 – même si le disque y référant n’est sorti qu’en 2017 -, on pouvait se demander si le public n’allait pas se lasser de revoir toujours le même spectacle.

Et pour ajouter au trouble, une partie du public du RIO n’étant pas francophone, les textes, paroles, saillies, jeux de mots et autres acrobaties verbales autochtones allaient-elles être comprises ? Devant un public francophone, elles déclenchent facilement l’hilarité ou font tirer une larme, mais devant une audience internationale qui n’entrave rien au « french language » ? Sans compter que certains auditeurs internationaux en retard de quelques wagons sur l’évolution musicale de l’Albert avaient sans doute espéré que MARCŒUR « rejouerait » des opus de son époque électrique. Et voilà-t-y-pas qu’il s’acoquine avec un quartet acoustique de musique sérieuse ! Pas très rock tout ça, et peut-être pas non plus en opposition…

Alors bien sûr, les premières minutes du spectacle Si oui, oui. Sinon, non ont été accueillies avec des applaudissements poliment refroidis, le temps de cerner à quelle bestiole on avait affaire… Mais en chemin – assez vite somme toute – l’Albert et son Quatuor ont fait mouche ! On a beau avoir déjà vu ou entendu le spectacle, connaître par cœur les textes d’Albert, ses mimiques, celles du quatuor, toute cette scénographie, on réagit toujours avec autant d’engouement spontané. On rit, on s’émeut, on se laisse porter. Et c’est contagieux.

La théâtralisation, les expressions faciales, la finesse et la profondeur du jeu musical des quatre cordes de BÉLA (Frédéric AURIER et Julien DIEUDEGARD aux violons, Julian BOUTIN à l’alto, Luc DEDREUIL au violoncelle), le matériel scénique minimal de MARCŒUR (une table, une chaise, un album photos, des gants, une tapette à mouches), les effets sonores ont servi de repères à celles et ceux qui ne maîtrisaient pas la langue de VOLTAIRE ni de Bobby LAPOINTE et leur ont permis de capter ce qui se racontait, ou tout au moins d’en saisir le singulier angle d’approche.

Si oui, oui. Sinon, non dévoile un univers aussi fantasque que familier, il nous offre l’opportunité de regarder autrement ce monde quotidien qui, raconté par d’autres, eut paru plus sordide qu’il ne l’est déjà mais qui, avec BÉLA et MARCŒUR atteint des sommets de sublimation enchanteresse.

Bref, quelque chose est passé, la sensation de vivre quelque chose d’unique, que nous nommerons, en faisant fi de son usure stéréotypique, une forme de « magie », tacitement reconductible… « Aux intacts », comme disait l’autre.

 

Sites :

http://quatuorbela.com/

http://www.marcoeur.com/index.php

CD : QUATUOR BÉLA & Albert MARCŒUR – Si Oui, Oui. Sinon, non. (2017, Béla Label / Label Frères)

 

Article et Photos : Stéphane Fougère

Lire le compte-rendu du Festival Rock In Opposition 2018.

Diaporama photos :

 

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